Robien insiste sur la "confiance"

Publié le par rezeid

Défendant le CPE mercredi à Lyon, le ministre de l'Education nationale a invité les lycéens et les étudiants à faire "confiance" aux employeurs.

  Gilles de Robien (Sipa)
Gilles de Robien 
 

C 'est sous une pluie battante et l'accueil d'une centaine de manifestants contre le contrat première embauche que le ministre de l'éducation Gilles de Robien a tenté une nouvelle fois de défendre le CPE lors d'un débat mercredi 15 février au rectorat de Lyon.
Le Contrat première embauche (CPE) répond à une "double inquiétude", a-t-il dit devant un panel sélectionné par le rectorat au sein du Conseil académique de la vie lycéenne, du Crous (centre des oeuvres universitaires) et du monde associatif étudiant.
"Le jeune a hâte de faire carrière, mais 23% des moins de 25 ans sont au chômage. Et l'employeur a peur pour l'avenir de son entreprise, car il craint le trou d'air. Une certaine souplesse lui donnera moins d'appréhension pour embaucher", a-t-il ajouté.

"L'employeur n'est pas une caricature"

Dans la grande salle d'honneur du rectorat, les questions étaient nombreuses. "Pourquoi un patron signerait-il un CDI à la place d'un CPE?", "pourquoi deux ans avant de signer un CDI?", "les chefs d'entreprises ne peuvent-ils pas profiter de ce contrat?"
"Il est difficile de vous mettre à la place de l'employeur, mais il faut avoir confiance dans le système des entreprises (...).


L'employeur n'est pas le gros capitaliste qu'on imagine dans les caricatures", a déclaré le ministre UDF.
Gilles de Robien a voulu convaincre son auditoire que "le CPE n'est pas la solution, mais c'est une solution. Jusqu'à aujourd'hui, personne n'a proposé quelque chose pour le chômage des jeunes. Le CPE n'est pas une assurance tout risque mais c'est une assurance forte", a-t-il expliqué.
Chiffres à l'appui, le ministre a noté que "23% des jeunes ne trouvent pas de travail et beaucoup galèrent pendant sept, neuf ou dix ans avant de trouver un emploi stable. La précarité, c'est aujourd'hui qu'elle existe avec les stages et les CDD (contrats à durée déterminée). Le CPE peut permettre d'avoir des droits". Pour lui, le CPE "doit donner confiance aux entreprises pour embaucher. Quant aux arrêts de contrats abusifs, ce sera aux prud'hommes de décider et nous aurons besoin d'une jurisprudence".

"L'entreprise en position de force"

Gilles de Robien a également invité les étudiants à "négocier avec l'employeur le type de contrat comme le salaire d'embauche".
"Je ne suis pas du tout d'accord", lui a répondu Magali Dodemant, représentante au conseil d'administration de l'école Centrale. "L'entreprise est en position de force. Le jeune aura le droit entre un CPE ou, au mieux, un CDI moins bien rémunéré".
"Il est fort possible que le CPE remplace les CDI", a pourtant redouté Jean-Brice Picardi, étudiant à l'Ecole centrale de Lyon, que le ministre ira le saluer à la fin de la discussion. Ce que ne feront pas les étudiants de l'UNEF qui ont refusé de participer au dialogue.
A l'extérieur du rectorat, une cinquantaine d'étudiants ont ainsi manifesté leur opposition au CPE. "Nous avons boycotté la rencontre, car un ministre qui vient discuter aujourd'hui alors que le gouvernement a fait passer la loi en force avec le 49.3, on appelle ça de la mascarade", a déclaré Hélène Pasquier, présidente de l'UNEF Rhône.
"On a tous quelque chose à apprendre de l'autre. Fermer le dialogue est une erreur" a estimé Gilles de Robien qui s'est dit "prêt à les recevoir quand ils veulent".
Le CPE, réservé aux moins de 26 ans dans des entreprises de plus de 20 salariés, est un contrat à durée indéterminée (CDI) mais il débute par une "période de consolidation" de deux ans où le salarié peut être licencié sans motif.

source: www.nouvelobs.com

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