A l'étranger, Villepin travaille sa stature de présidentiable

Publié le par rezeid

L'ancien ministre des Affaires étrangères a de nombreux supporters dans les capitales étrangères.

 «DOMINIQUE de Villepin, premier ministre français et probable candidat à la présidence de la République.» De Moscou à Salzbourg, de Berlin à Barcelone, c'est ainsi qu'on présente régulièrement Dominique de Villepin lors de ses déplacements à l'étranger. Hors de nos frontières, l'ancien ministre des Affaires étrangères ne vient pas acquérir sa stature internationale : ce diplomate de carrière l'a gagnée le 14 février 2003, avec son fameux discours à l'ONU contre la guerre en Irak.

 Devenu premier ministre, Dominique de Villepin profite de son nouveau statut pour sillonner les capitales étrangères et toucher les dividendes de cette popularité internationale. De quoi asseoir en France son statut de présidentiable, au risque d'empiéter sur le domaine réservé de Jacques Chirac.

 En visite à Moscou, au début de la semaine, le chef du gouvernement a eu droit ainsi à un protocole très présidentiel. Et Vladimir Poutine, qui l'a reçu pendant deux heures au Kremlin, a ostensiblement salué «l'homme d'Etat». Dans les médias moscovites, Villepin était présenté comme le «futur président de la République française»...

 Le chancelier félicite "Dominique"

 A la fin du mois dernier, alors qu'il participe à un colloque de l'Union européenne à Salzbourg en Autriche, c'est le chancelier Wolgang Schüssel qui félicite «Dominique» pour son discours prononcé quelques jours plus tôt à Berlin. «Un des meilleurs discours que j'aie entendus depuis plusieurs années», affirme le chancelier autrichien.

 Même sentiment du côté de l'Espagnol José Luis Zapatero : ce socialiste ne cache pas son admiration. Il affichera à deux reprises à la fin de l'année 2005 – à l'ONU et lors d'un sommet à Barcelone – sa complicité avec Villepin.

 A l'évidence, l'homme de Matignon compte de nombreux supporters dans les chancelleries étrangères. Et il en profite au maximum. «On ne fait pas des voyages d'affichage», observe-t-on à Matignon. «Si la notoriété du premier ministre permet d'obtenir des succès diplomatiques et facilite les contacts des chefs d'entreprise, on ne va pas s'en plaindre.»

 Séances de photos "people"

 Les voyages de Dominique de Villepin sont minutieusement préparés par une cellule composée de conseillers déjà présents à l'époque du Quai d'Orsay. Un soin tout particulier est apporté à la communication. A Moscou, Berlin ou Rabat, Villepin a participé à des émissions de télévision ou de radio très populaires. L'occasion de se faire interroger sur les dossiers internationaux mais aussi sur ses ambitions présidentielles. Un mélange des genres inédit.

 L'équipe Villepin profite aussi de ces déplacements à l'étranger pour réaliser quelques séances photos «people» : dans une église à Salzbourg, attablé à une taverne avec des écrivains et des acteurs de cinéma à Berlin, sur les boulevards enneigés à Moscou ou encore dans un square de New York.

 Le premier ministre veille en tout cas à ne pas se faire doubler à l'étranger par Nicolas Sarkozy. Il a ainsi devancé le président de l'UMP à Berlin en rencontrant, le premier, le 18 janvier dernier, la chancelière allemande Angela Merkel.

 Le ministre de l'Intérieur sera, lui, aujourd'hui, à Berlin.

 Villepin serait-il plus populaire à l'étranger qu'en France ? Pour combler son retard sur Sarkozy, le premier ministre profite en tout cas de toutes les occasions pour installer sa candidature dans l'opinion. A Matignon, on fait remarquer qu'il a effectué, à ce jour, huit déplacements hors de France contre une cinquantaine dans l'Hexagone. A Troyes et à Toulon, ses récentes visites sur le terrain ont coïncidé avec des rencontres militantes et des bains de foule. Un exercice nouveau pour l'ancien diplomate.

 

 

 

Publié dans Présidentielles2007

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TOFLAMARCHA 17/02/2006 08:17

a droite marchons main dans la main pour aller a la victoire