Villepin : censure sans risque et sondages en berne

Publié le par rezeid

A la veille du débat de censure à l'Assemblée nationale, le premier ministre enregistre une forte chute dans les sondages.

 
S'il a franchi l'obstacle de la première manifestation anti-CPE avec succès, le premier ministre est loin d'avoir gagné la partie. (Photo Figaro)  DOMINIQUE de Villepin espérait des bonnes nouvelles en 2006. Depuis le début du mois, il accumule surtout les mauvaises : de la piteuse affaire du Clemenceau à la publication de mauvais chiffres sur la croissance, de la dure bataille du contrat première embauche (CPE) à la gestion compliquée des crises sanitaires (grippe aviaire, chikungunya). Si le premier ministre n'est pas forcément en première ligne sur tous ces dossiers, il semble surtout payer cash sa détermination sur le CPE.

A la hausse depuis l'automne, la cote de popularité du premier ministre dégringole brutalement : – 9 points selon l'Ifop-JDD ; – 6 selon Ipsos-Le Point et – d'après TNS/Sofres-Figaro Magazine. Une mauvaise passe qui met un terme à une longue période d'indulgence des Français. Plus embêtant : le chef du gouvernement est, dans toutes les enquêtes d'opinion, désormais minoritaire.

A Matignon, on accuse le coup. Personne ne veut croire à un revirement de tendance durable : «On pourra seulement tirer des conclusions si ça baisse pendant trois mois consécutifs. Pour l'instant, on paye surtout la campagne de désinformation de la gauche sur le CPE.» Confiant, le député villepiniste Georges Tron relativise : «Il faut regarder les sondages sur la distance, pas au jour le jour. Quand on fait bouger les lignes, il y a de l'inquiétude. C'est normal.»

Quitte ou double

D'ici là, Dominique de Villepin va reprendre la bataille du CPE, demain, à l'Assemblée nationale. Convaincus d'avoir trouvé l'arme fatale contre le gouvernement, les socialistes s'accrochent à ce CPE qu'ils ont rebaptisé «contrat précarité exclusion». En pointe depuis le début, François Hollande défendra lui-même la motion de censure déposée par le PS. Une initiative de l'opposition vouée à l'échec. Opposé lui aussi au CPE, François Bayrou ne votera pas la censure. Mais l'objectif du PS est de maintenir la pression. Au moins jusqu'au 7 mars, date à laquelle syndicats et étudiants se sont donnés rendez-vous pour une seconde manifestation. Un quitte ou double pour la gauche après l'échec du précédent rassemblement du 7 février.

Quoiqu'il en soit, cela fait maintenant un mois que la gauche ferraille contre Villepin. Que les présidentiables du PS, dont Lionel Jospin, concentrent tous leurs coups sur le premier ministre. S'il a franchi l'obstacle de la première manifestation avec succès, le premier ministre est loin d'avoir gagné la partie. Il a d'ailleurs exigé que tous ses ministres «mouillent» la chemise sur le terrain. «Il faut se battre contre la désinformation», insiste-t-on à Matignon où l'on attend avec impatience la fin du mois pour engranger un dixième succès consécutif sur le front du chômage.

«Courage politique»

Le CPE a, en tout cas, permis à la majorité de se souder autour de Villepin. Le député sarkozyste Claude Goasguen estime que «le premier ministre montre son courage politique». «Avec le recours au 49.3, il rompt avec cette image du chiraquien qui ne prend pas de risque», se réjouit l'élu de Paris.

Villepin qui pleure, Sarkozy qui rit ? Après un début d'année en demi-teinte, le président de l'UMP a donc repris la tête dans les sondages (lire ci-dessous). Plus discret dans les médias et moins nerveux qu'à la fin de l'année dernière, le numéro deux du gouvernement constate : «Aujourd'hui, les coups sont pour Villepin.» L'homme de Matignon, lui, refuse de baisser les bras. Un de ses plus proches conseillers avertit : «Quand on a lancé la deuxième phase de la bataille pour l'emploi, on avait intégré cette phase d'incertitude. On savait que ça baisserait.» Pour mieux remonter ?

 

 

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