Après le CPE, Villepin veut construire un "nouveau pacte social"

Publié le par rezeid

 En difficulté après la création du contrat première embauche (CPE), Dominique de Villepin a contre-attaqué, annonçant pour 2006 la construction d'un "nouveau pacte social".

Lors d'un débat à l'Assemblée nationale sur la motion de censure déposée par le Parti socialiste contre sa politique économique et sociale, motion rejetée comme prévu, le Premier ministre s'est en vivement pris à l'opposition.

Il l'a accusée d'en rester à une "photographie nostalgique du passé" alors que la France attend "des réponses nouvelles à des problèmes nouveaux".

"Si nous voulons sauver le modèle social français, il faut le refonder sur des bases solides et justes" et sur les trois piliers républicains, liberté, égalité et fraternité, a-t-il affirmé devant les députés.

Dans cet effort pour "construire un nouveau pacte social plus moderne, plus équitable, plus juste", le chef du gouvernement a choisi sa place, avec "ceux qui regardent devant".

"Aujourd'hui, nous sommes au rendez-vous de l'action contre la résignation, au rendez-vous du pragmatisme contre l'idéologie", a-t-il déclaré au moment où la gauche tente de relancer la mobilisation contre le CPE.

"Laissons tomber les outrages et les vieux usages de la politique politicienne. Il n'y a pas d'un côté l'ombre et de l'autre côté la lumière (...) Vous me trouverez toujours du côté de ceux qui croient dans la France et qui veuillent le meilleur pour les Français", a-t-il assuré.

"Ensemble, nous allons en finir avec le chômage de masse en particulier le chômage des jeunes", a assuré le Premier ministre, qui affrontait sa seconde motion de censure depuis la formation de son gouvernement, en juin dernier.

Pour Dominique de Villepin, la "tendance" à la baisse du chômage est bien "là" et elle n'est pas due à la sortie massive de demandeurs d'emplois des listes de l'ANPE, comme l'en accuse l'opposition. "Il y a eu en 2005 moins de radiations qu'en 2004", a-t-il affirmé.

"JE FAIS UN RÊVE"

Pour contrer la "guérilla parlementaire" de l'opposition, Dominique de Villepin a choisi ce mois-ci de recourir à la procédure du 49-3 mettant un terme aux débat et vote parlementaires sur le projet de loi sur l'égalité des chances, auquel avait été ajouté le CPE.

La gauche, les syndicats et les organisations de lycéens et d'étudiants ont appelé à une nouvelle journée d'actions unitaire contre le CPE pour le 7 mars. Des manifestations sont également prévues jeudi, jour où débute l'examen du texte au Sénat.

Devant l'Assemblée, comme il l'a fait ces dernières semaines sur le terrain, Dominique de Villepin a fait oeuvre de pédagogie sur le CPE, contrat à durée indéterminée destiné aux moins de 26 ans et assorti d'une période "de consolidation" de deux ans.

Le gouvernement répondra aux "difficultés particulières que les jeunes pourraient rencontrer" en signant un CPE, notamment dans le domaine des assurances, de la banque et du logement, a-t-il déclaré.

Sur un ton quasi-martial, Dominique de Villepin a décerné une série de mauvais points au Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, qui venait de présenter le "contrat sécurité formation" pour les jeunes les moins qualifiés inventé par les socialistes pour contrer le CPE.

"Vous ne faîtes que repeindre ce qui existe déjà depuis deux ans", a-t-il ironisé. Le PS n'a "rien de neuf sinon des rafistolages et des ravaudages" à proposer sur l'emploi des jeunes, les exonérations de charges, l'éducation, la recherche "alors que le monde bouge autour de nous".

"La liste de vos approximations est longue. Et pourtant celle de vos propositions est terriblement courte", a-t-il lancé à l'adresse du chef des socialistes avant d'emprunter les mots célèbres de Martin Luther King, déclenchant l'hilarité des députés de gauche.

"Je fais un rêve, celui d'une opposition qui aurait enfin tourné le dos aux impasses de l'idéologie et qui aurait résolument choisi - comme tous les autres partis de gauche en Europe, comme M. Zapatero, comme M. Blair, comme les alliés de Mme Merkel - le parti de la modernité".

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