Villepin défend la gestion de l'épidémie de chikungunya

Publié le par rezeid

SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION - Dominique de Villepin a de nouveau défendu la gestion par l'Etat de la crise de l'épidémie de chikungunya au terme d'une visite de 24 heures à la Réunion, où il compte revenir dans trois mois.

"Neuf malades sur dix l'ont été depuis le mois de janvier, cela met fin à toutes les polémiques possibles" (sur la vitesse de réaction du gouvernement), a déclaré le Premier ministre, en brandissant un graphique montrant la progression de l'épidémie.

"Personne n'a prévu l'explosion de cette épidémie, personne ne pouvait la prévoir", a-t-il répété.

"Je reviendrai moi-même dans trois mois pour vérifier l'efficacité des actions engagées", a-t-il annoncé.

Les ministres de l'Outre-mer, François Baroin, de la Santé, Xavier Bertrand, et du Tourisme, Léon Bertrand, précéderont la nouvelle visite de Dominique de Villepin.

Soucieux d'affirmer la "détermination totale" du gouvernement à lutter contre l'épidémie de chikungunya, le chef du gouvernement a annoncé lundi la création prochaine à la Réunion d'un "centre de recherche et de veille sanitaire dédié aux maladies émergentes".

A la date du 19 février, 157.000 personnes - soit environ un habitant sur cinq - avaient été atteintes par la maladie, qui se manifeste par de fortes fièvres et des douleurs articulaires.

Au total, 77 décès - dont ceux de deux enfants auparavant en bonne santé - peuvent lui être imputés, directement ou indirectement.

Dimanche, Dominique de Villepin avait détaillé un ensemble de mesures sanitaires et économiques destinées à aider l'île à surmonter la crise, pour un montant de 76 millions d'euros s'ajoutant aux 15 millions déjà engagés.

Ce plan d'action a été accueilli favorablement sur l'île.

PROTEGER LA METROPOLE

"Enfin nous sommes entendus. Le Premier ministre a pris la mesure de l'ampleur de l'épidémie", a déclaré la sénatrice communiste Gélita Hoarau qui avait dénoncé en novembre la "fatalité annoncée" du chikungunya face à l'inaction des autorités.

Pour Jocelyne Lauret, présidente du Comité du tourisme de la Réunion, "la mobilisation des acteurs locaux, publics et privés, a été payante."

"Le minimum est assuré, l'engagement du gouvernement est sans ambiguïté", a estimé Eric Magamootoo, président de la Chambre de commerce et d'industrie.

"Il faudra être vigilant, maintenant, sur cet engagement", a tempéré Paul Vergès, président du conseil régional de la Réunion.

Dominique de Villepin a souhaité inscrire l'action du gouvernement dans la durée.

"Je veillerai personnellement à ce que les besoins de la Réunion soient satisfaits dans le futur contrat de plan et dans les fonds européens qui seront négociés", a-t-il dit.

"Nous sommes en train de prendre toutes les mesures susceptibles de diminuer (le) risque" d'une propagation du chikungunya en métropole à partir de cet été, a également fait savoir Dominique de Villepin.

Depuis le début de l'épidémie, un nombre indéterminé de voyageurs en provenance de la Réunion ou d'autres îles de l'océan Indien touchées par le virus ont présenté les premiers symptômes de la maladie à leur retour.

"Il n'y a pas de moustiques Aedes albopictus qui soit à l'heure actuelle opérant en métropole", a souligné Xavier Bertrand.

Aedes albopictus est un des vecteurs de la maladie;

"A condition de se protéger, on peut venir à la Réunion et y passer un séjour merveilleux", a conclu le Premier ministre, qui devait quitter l'île en milieu de matinée, à destination de Paris, via Djibouti.

De maladie bénigne, le méconnu chikungunya est passé au statut de maladie potentiellement mortelle, même si sa létalité concerne surtout des personnes très âgées et déjà affaiblies par d'autres pathologies.

En l'absence de vaccin et de traitement spécifique, le seul moyen de se prémunir est d'éviter les piqûres de moustiques, une gageure en cette saison.

source: www.liberation.fr

Publié dans Divers

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