A la veille du verdict de la rue, Dominique de Villepin affiche sa détermination

Publié le par rezeid

Droit dans ses bottes ! A la veille de la journée de mobilisation contre le contrat première embauche (CPE) organisée, mardi 7 mars, à l'appel de l'ensemble des syndicats et d'organisations de jeunes, Dominique de Villepin continue d'afficher sa détermination. "Face au traumatisme du chômage des jeunes, les demi-mesures ne sont plus de circonstances : il est temps de faire des choix et de les assumer", a déclaré le premier ministre dans un entretien au Parisien du 5 mars.

 

Interrogé par Le Monde, jeudi 2 mars, le chef du gouvernement refusait d'envisager un "plan B" au cas où les manifestations seraient de grande ampleur. "Le recul des gouvernements dans le passé a eu des effet désastreux sur la légitimité des politiques", soulignait-il, en mettant les réactions hostiles au CPE sur le compte de l'inaction de ses prédécesseurs : "On a attendu tellement longtemps avant de tenter quelque chose contre le chômage des jeunes que la peur est devenue la réponse chaque fois que l'on propose une solution". Le CPE étant, selon M. de Villepin, la seule possible : "Je ne vois jamais que l'on me propose une alternative", réplique-t-il à ses interlocuteurs qui contestent ce dispositif.

CHUTE DE POPULARITÉ

Tous les indicateurs dont dispose le premier ministre sont pourtant au rouge. A commencer par les sondages. Selon le dernier en date, réalisé les 3 et 4 mars par l'institut LH2 auprès de 1 056 personnes, et publié lundi dans Libération, Dominique de Villepin ne recueille plus que 37 % de jugements positifs. Soit 7 points de moins qu'en février, et 12 de moins par rapport à janvier. Depuis le 16 janvier, date à laquelle le chef du gouvernement a annoncé la création du CPE, les enquêtes d'opinion ont enregistré une chute de sa popularité, corrélée à un rejet croissant du CPE. Dans l'enquête précitée, 58 % des Français sont "contre" le CPE, alors qu'ils n'étaient que 52 % en février. Selon un sondage de l'institut CSA, réalisé auprès de 1004 personnes les 1er et 2 mars - au lendemain de la publication des chiffres du chômage en hausse - et publié dans Le Parisien du 5 mars, 69 % des personnes interrogées déclarent "ne pas faire confiance au gouvernement pour faire baisser le taux de chômage des jeunes". M. de Villepin dispose, en outre, des notes émanant des préfets et des renseignements généraux, qui laissent présager une assez forte mobilisation.

A cela s'ajoutent les impressions recueillies lors d'entretiens à Matignon avec des associations (comme Génération précaire), ou des groupes de jeunes UMP qui y sont reçus une fois par semaine. Les responsables syndicaux déplorent un manque de concertation. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, assure au Monde que le premier ministre a fait preuve de "beaucoup de conviction", mais d'"aucune écoute" à la veille de la présentation du CPE. M. Chérèque raconte qu'il a mis le premier ministre en garde : "Il n'est jamais bien de donner le sentiment de discriminer les jeunes. En tout cas, nous, nous ne laisserons pas les jeunes seuls dans la rue". Le chef du gouvernement aurait répliqué, selon M. Chérèque, en fustigeant "les gauchistes qui descendront manifester", et en ajoutant : "Je ne me laisserai pas intimider."

source: www.lemonde.fr

SO

Publié dans Divers

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