Des dirigeants de l'UMP au secours de Dominique de Villepin

Publié le par rezeid

Des dirigeants de l'UMP ont publié une rafale de communiqués soutenant le Premier ministre Dominique de Villepin, après les déclarations de députés de la majorité lui demandant le retrait ou, au moins, l'amélioration du contrat première embauche (CPE).

"Devant les doutes exprimés sur le CPE par quelques membres de notre majorité, je tiens à rappeler chacun au sens des responsabilités", a déclaré François Fillon, conseiller politique du président de l'UMP Nicolas Sarkozy. "Face à ceux qui rêvent de ne rien changer en France, l'UMP doit se montrer solidaire du gouvernement dans cette affaire."

"Le Premier ministre a choisi de ne pas céder à la rue. Cette décision est légitime au regard de la situation de l'emploi qui exige de tester des solutions nouvelles", a-t-il ajouté. "Le gouvernement a décidé de maintenir son cap. Cette détermination mérite d'être pleinement soutenue."

En déplacement aux Antilles, Nicolas Sarkozy s'est cependant contenté du service minimum, deux jours après les manifestations qui ont mobilisé des centaines de milliers de personnes contre ce contrat de travail réservé aux moins de 26 ans assorti d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle un employeur peut licencier sans justification.

Le CPE "a pour objet de remédier aux grandes difficultés dont souffrent les jeunes dans l'accès à l'emploi", a déclaré le ministre de l'Intérieur dans un communiqué. "C'est la raison pour laquelle l'UMP a voté le projet qui était présenté à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le législateur s'est désormais clairement exprimé."

Nicolas Sarkzoy se réjouit toutefois aussi de ce que le Premier ministre ait annoncé mardi une concertation avec les partenaires sociaux à partir de la semaine prochaine.

Selon lui, cette concertation portera sur "des aménagements du CPE, par exemple par l'intermédiaire de conventions de reclassement personnalisé, susceptibles de répondre aux inquiétudes qui se sont manifestées".

L'ELYSEE RESTE "SOLIDAIRE" DE VILLEPIN

Il rejoint ainsi plusieurs de ses proches, dont l'ancien ministre de l'Industrie Patrick Devedjian, qui ont souhaité que le texte, définitivement adopté jeudi par le Parlement après un vote du Sénat, soit "ajusté" ou "amélioré".

Mercredi soir, deux députés UMP ont fait défection lors du vote à l'Assemblée nationale: l'ancien ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette et le "souverainiste" Nicolas Dupont-Aignan se sont abstenus.

Hervé de Charette a estimé dans une interview publiée par Le Parisien que le CPE était un "échec" et que le Premier ministre devait le retirer, faute de quoi la majorité actuelle risquait de perdre l'élection présidentielle de 2007.

Outre celui de François Fillon, il s'est attiré une salve de communiqués d'autres responsables de l'UMP.

Le député Georges Tron s'est ainsi dit "très surpris" par l'attitude d'Hervé de Charette.

"On ne peut pas baisser la garde devant chaque opposition", écrit-il. "Au soir même du vote à l'Assemblée nationale, les déclarations d'Hervé de Charette capitulant devant la pression exercée par certains jeunes à l'encontre de leurs propres intérêts révèlent une attitude et un tempérament bien fragiles."

Le député Pierre Lequiller, président de la délégation pour l'Union européenne, a pour sa part déclaré que "l'honneur en politique" consistait à "rester cohérent" et à "soutenir ce à quoi on croit, même et surtout lorsque c'est difficile".

"De plus, c'est mépriser le Parlement et la démocratie représentative que de demander la suspension d'un texte au moment où il vient d'être voté à une très large majorité", ajoute-t-il. "L'heure n'est pas à tacler ses propres coéquipiers."

L'entourage du président Jacques Chirac, en déplacement à Cannes, faisait pour sa part savoir jeudi que le CPE était un projet auquel l'Elysée croyait "beaucoup depuis le début".

"Ça n'a pas changé. On est solidaire (du Premier ministre)", ajoutait-on de même source.

Publié dans Villepin et l'UMP

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