M. de Villepin cherche à sortir du piège du CPE

Publié le par rezeid

Comment sortir du piège du CPE ? Dominique de Villepin a posé la question, jeudi matin à Matignon, entouré de ses plus proches collaborateurs. Car, après la rue, c'est au tour de la majorité de placer le premier ministre au pied du mur. "Le CPE, c'est un échec qui peut, si le gouvernement s'obstinait, nous coûter l'élection présidentielle", déclare le député Hervé de Charette (UMP), rallié au camp sarkozyste, jeudi, dans Le Parisien-Aujourd'hui. "On ne va tout de même pas jouer la présidentielle à la roulette russe" !, ajoute-t-il en écho à l'affirmation du premier ministre, mardi devant le groupe UMP, que "la présidentielle dépend du CPE". "Beaucoup de parlementaires pensent la même chose que moi mais n'osent pas le dire", assure-t-il, en demandant la suspension du texte.

 

Beaucoup ? Les sarkozystes donnent de la voix depuis vingt-quatre heures. Le député Yves Jego a jugé, mercredi, qu'il était "impensable qu'on n'écoute pas ce qui s'exprime dans la rue, chez les jeunes". Il a déploré que l'on se "retrouve dans des situations figées, du tout ou rien, du pour ou contre", souhaitant l'émergence d'une "troisième voie qui permette de dégonfler les angoisses et en même temps d'avancer". Même son de cloche chez le député des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian, conseiller de Nicolas Sarkozy, qui souhaite que le gouvernement "ajuste" sa copie sur le CPE. Dans l'avion qui le conduisait aux Antilles, mercredi, M. Sarkozy confiait avoir prévu la réaction de l'opinion. "Ce qu'il y a de bien avec Nicolas, c'est que quand il y a un mur, lui, il nous le dit", a ajouté l'un de ses proches, le sénateur Gérard Longuet.

Moins ouvertement critiques, les autres députés de la majorité s'inquiètent. Le très légitimiste Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, insiste sur "l'importance des décrets d'application" qui seront élaborés "avec les partenaires sociaux". Seul hic : il n'y aura pas de décrets d'application pour l'article 4 de la future loi sur l'égalité des chances, qui instaure le CPE, d'applicabilité immédiate.

A Matignon, jeudi matin, l'"enrichissement" du CPE était donc au menu. L'idée est désormais "d'enrichir et de compléter le parcours d'embauche des jeunes" en annonçant, dans les prochains jours, d'autres mesures vers les jeunes et les étudiants. Mais aussi d'essayer de faire entrer en jeu les partenaires sociaux, qui conservent de larges pouvoirs d'aménagement du droit social. Le premier ministre veut profiter de la réunion, la semaine prochaine, des syndicats avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, les deux ministres chargés de l'emploi et du travail. Le thème retenu du "parcours professionnel" peut servir de prétexte pour discuter de toutes les modalités d'application du CPE, voire même la durée de la période d'essai que les partenaires sont libres de réduire par voie d'accord.

Encore faut-il qu'ils soient disposés à offrir cette porte de sortie à M. de Villepin. Jeudi, dans La Croix, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, affirmait : "Il n'est pas question pour nous d'"enrichir" le CPE." Seul signe encourageant pour le dialogue social : le patronat, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont signé, jeudi, l'accord sur le "CDD senior".

Source: www.lemonde.fr

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meta 13/03/2006 03:32

Tout a été dit sur le CPE. Il est temps de faire preuve de bon sens, ne pas aller contre courant et d'admettre sa défaite (utopie, puisque s'il enlève son CPE, De Villepin se retrouve techniquement mort pour 2007). C'est une sorte de sacrifice du peuple pour sauver l'honneur, bref, de la politique.

christian 12/03/2006 20:01

La seule sortie pour le CPE c'est de l'enlever. On ne gouverne pas contre son peuple longtemps. On est plus dans une dictature. On est en démocratie. Il n'y a pas eu de référendum ni de votation pour le CPE. Le parlement n'a pas voté. L'homme qui le propose cette mesure non raisonnable n'a pas été elu !
Le CPE est mort. Il faut enlever la période d'essai de 2 ans et mettre 2 mois.