"Avançons avec Dominique de Villepin"
Officiellement, le ministre de l'Intérieur joue la solidarité gouvernementale. Son principal lieutenant Brice Hortefeux a réaffirmé lundi que Nicolas Sarkozy soutenait "pleinement le gouvernement" et accompagnait "loyalement" le Premier ministre sur la question du CPE, lors du point de presse hebdomadaire de l'UMP, au cours duquel il a répondu d'une manière moins calme que d'habitude aux journalistes.
Le CPE est "une mesure intelligente" mais qui peut être "ajustée" et "enrichie", avait-il affirmé la veille sur Radio J, émission préparée en concertation avec Matignon.
Officieusement, le ton est différent.
Des députés villepinistes, tels François Cornut-Gentille ou Georges Tron, apportent un soutien sans faille au CPE.Mais de nombreux autres, pour la plupart sarkozystes, expriment inquiétudes et doutes quant à la capacité de M. de Villepin à endiguer la colère estudiantine.
Un ancien ministre laisse éclater sa colère: "entre un Villepin complètement exalté et un Chirac absent - je me demande même si le président, ce n'est pas E.T. - il faut arriver à faire des propositions, sans faire avaler son chapeau au Premier ministre !"
Pour le député Dominique Paillé, il convient de "rétablir le dialogue, par tous les moyens, avec les étudiants. François Fillon, ancien ministre de l'Education, a activé ses réseaux".
Mais "la situation n'est pas brillante. La mobilisation prend !", lâche, dépité, un UMP. "Le soutien de Sarkozy est calibré", constate-t-il. Pour lui, comme pour plusieurs de ses collègues, si le ministre de l'Intérieur ne soutient pas le Premier ministre, il se fait mal voir d'une partie de l'électorat de droite. Mais en le soutenant, il risque aussi de perdre des plumes.
Si la situation dégénère, au fil des manifestations, Jacques Chirac pourrait être tenté d'appeler un nouveau Premier ministre, relèvent des députés.
"Ce pourrait être Sarkozy. Et Matignon, ça ne se refuse pas. Ou alors on prend le risque de le faire passer pour celui qui ne peut pas assumer. Mais s'il y va, Sarkozy est mort pour la présidentielle", selon plusieurs observateurs.
Conclusion: le président de l'UMP a tout intérêt à ce que l'orage passe et que la situation se rétablisse pour Villepin.
Pourtant, "Sarkozy ne croit pas à un contrat spécifique pour les jeunes. Il pense même que Villepin a sorti le CPE pour être identifié, lui et non Sarkozy, à la rupture", confiait récemment à la presse un très proche du ministre.
Commentaires