CPE: Borloo, carte sociale du gouvernement, dans une situation délicate

Publié le par rezeid

Le bras de fer entre Dominique de Villepin et les syndicats sur le contrat première embauche (CPE) met Jean-Louis Borloo, considéré comme la carte sociale du gouvernement, dans une situation délicate.

Le ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement proclame "une très grande solidarité" entre lui et le Premier ministre sur le CPE.

"Quand on veut démolir un Premier ministre, c'est un grand classique en politique, on dit que les gens qui l'entourent ne sont pas solidaires", a-t-il déclaré à l'AFP, en référence à des articles lui prêtant des réserves sur le CPE.

Cependant, M. Borloo reconnaît que son ministère avait "manifesté des inquiétudes" sur l'évolution du dossier, d'autant que M. de Villepin "a voulu aller vite".

Etre inquiet, "c'est notre rôle. Le CPE a été plus porté par Matignon", mais "aujourd'hui, nous devons soutenir le Premier ministre et l'aider à trouver un moyen de sortir par le haut", dit-il.

"Je suis convaincu qu'on va trouver un point d'équilibre. Le Premier ministre est entré dans une vraie phase d'écoute, il va prendre des initiatives" et "renforcer le côté social" du CPE, assurait-il lundi soir.

Selon un de ses proches, qui a requis l'anonymat, M. Borloo "est engagé dans la moulinette, et il joue la solidarité gouvernementale, c'est normal".

Mais l'ex-ministre de la Ville et ancien maire de Valenciennes "aurait aimé qu'il y ait plus de discussions avec les partenaires sociaux avant l'aboutissement" du texte sur le CPE, analyse ce proche.

"On n'était pas chaud sur la méthode employée par Villepin : on ne pouvait pas faire ça sans négociation", indique-t-on aussi dans l'entourage du ministre.

"C'est un véritable homme de dialogue, qui entretient avec les organisations syndicales des échanges directs, francs et loyaux, et qui souffre de cette situation de blocage", souligne le député UMP des Deux-Sèvres Dominique Paillé, membre du Parti radical (associé à l'UMP) co-présidé par M. Borloo.

Reconduit en juin au ministère de la Cohésion sociale qu'il occupait depuis mars 2004, M. Borloo, architecte du "plan de cohésion sociale" destiné à lutter contre le chômage, dont le nom avait été avancé pour Matignon, a vu Dominique de Villepin empiéter sur son terrain : le Premier ministre a déclaré l'emploi et la justice sociale "priorités" du gouvernement, et a piloté lui-même le Contrat nouvelles embauches (CNE) et le CPE.

"Sa position est un peu difficile, il a le sentiment qu'on a pris son fonds de commerce. Aujourd'hui le Premier Ministre lui demande d'aller faire un peu le pompier en essayant de rétablir le dialogue avec les partenaires sociaux", analyse le même proche. "La crainte est qu'en termes d'image, cette affaire porte préjudice à l'ensemble de la politique sociale qu'il a mise en place".

"Les mesures impulsées par le Premier ministre brouillent un peu la cohérence de sa politique", estime aussi André Rossinot, l'autre président du parti radical.

Dans un sondage TNS-Sofres du 2 mars, Dominique de Villepin entraînait plusieurs membres du gouvernement dans sa chute de popularité. M. Borloo perdait 5 points, à 33%.

Depuis, d'autres sondages ont montré que le ministre gardait une majorité de bonnes opinions: 57% selon une enquête IFOP du 7 mars, 50% selon le baromètre IPSOS du 15 mars.

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bouveresse 21/03/2006 20:44

nous comptons sur vous Monsieur le Premier Ministre pour ne pas céder: les agitateurs gauchistes qui empechent nos enfants de travailler sont minoritaires et manipulés.
Personne n'est dupe.
nous comptons sur votre constance et votre détermination et soutiendrons vos décisions dans l'intérêt de l'emploi de nos jeunes
franck bouveresse - avocat- potentiel employeur BESANCON