Villepin : « Ni retrait, ni suspension, ni dénaturation du CPE »

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin a refusé catégoriquement mardi soir de bouger d'un iota sur le CPE. Devant députés et sénateurs UMP invités à un "pot amical" à Matignon, le Premier ministre a clairement fait savoir qu'il n'accepterait ni "le retrait", ni "la suspension", ni "la dénaturation" du contrat première embauche. Alors que les Français sont, selon les sondages, majoritairement favorables au retrait du CPE, il a signifié aux syndicats et aux organisations étudiantes et lycéennes qu'il n'entendait pas "capituler devant la logique des ultimatums et des préalables". A treize mois de la présidentielle, M. de Villepin a fait valoir que l'électorat de droite "ne pardonnerait pas" le moindre recul. 

Sur les deux dispositions les plus contestées du CPE, le chef du gouvernement s'est montré très ferme. Il a affirmé que la période d'essai de deux ans ne pourrait être réduite que par accords "de branches" entre partenaires sociaux et s'est opposé à l'introduction formelle d'une justification au licenciement.Selon le député villepiniste Georges Tron, le gouvernement pourrait prévoir un "entretien d'explication" pour faire comprendre les raisons du licenciement. Les anti-CPE n'entendent toutefois pas baisser les armes et ont lancé un appel à des manifestations avec arrêts de travail pour le 28. Les appels à la grève se sont multipliés mardi, dans les transports notamment.
 

Sans surprise, le PS a aussitôt dénoncé en M. de Villepin "un homme de fermeture" "en train de tomber du côté de la provocation". Mais à droite, l'inflexibilité du premier ministre inquiète de plus en plus. Premier à avoir tiré la sonnette d'alarme sur les dangers du CPE, Hervé de Charette a jugé que "c'était un déplacement pour rien". "C'était un discours très fermé", a regretté Roselyne Bachelot en affirmant qu'il y avait "beaucoup d'inquiétude" chez les parlementaires. "Villepin, c'est "droit dans mes bottes", c'est 1995 + 1997", a ajouté un autre élu, en allusion à Alain Juppé, puis à la dissolution ratée de 1997. "On a retrouvé ce soir le guerrier", ont commenté des parlementaires en s'étonnant de son langage. Certains l'ont comparé "au chef de l'Ordre du Temple solaire", au "capitaine du Titanic" ou bien encore "au joueur de flûte qui conduit les rats hors de la ville pour les noyer".

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