Villepin inflexible sur le CPE, qu'il refuse de dénaturer

Publié le par rezeid

Confronté à la pression grandissante des anti-CPE, Dominique de Villepin se montre inflexible, affirmant qu'il n'y aura ni "retrait", ni "suspension" ni "dénaturation" du contrat première embauche.

S'exprimant à Matignon devant la quasi-totalité de son gouvernement et les parlementaires UMP, le Premier ministre a marqué son opposition à l'une des revendications majeures des manifestants - la motivation formelle du licenciement - mais s'est dit ouvert à des négociations par branches pour la réduction de la période d'essai de deux ans du CPE.

"Sur cette loi, il y a trois choses qui sont impossibles: la première c'est le retrait, parce que cela voudrait dire que nous capitulons devant la logique des ultimatums et des préalables", a-t-il souligné au soir d'une nouvelle journée de mobilisation contre le CPE, inscrit dans la loi sur l'égalité des chances.

"La deuxième, c'est la suspension: tout simplement parce que cela est contraire à la Constitution. Le troisième, c'est la dénaturation du projet: parce que perdre l'équilibre du projet, ce serait se priver de toute chance de réussite", a-t-il ajouté dans un discours très ferme.

"Je vois bien qu'il reste des interrogations sur deux points majeurs: le premier point, ce sont les deux ans de consolidation de l'emploi. Les partenaires sociaux ont toute liberté pour réduire cette période, dans les branches où cela serait le plus pertinent", a-t-il précisé, s'en remettant au dialogue social.

Deuxième point contesté: les modalités de la rupture du CPE.

"C'est évidemment le point-clé de notre dispositif et la nouveauté essentielle de ce contrat. Trouvons le moyen de garantir aux jeunes le respect et la transparence qu'ils sont en droit d'attendre".

"Mais, a poursuivi Dominique de Villepin, ne tombons pas dans un formalisme juridique qui compliquerait le contrat et le rendrait inefficace. La simplicité de notre dispositif fait sa force pour créer des emplois".

Le CPE est un contrat réservé aux moins de 26 ans assorti d'une période d'essai de deux ans durant laquelle l'employeur est libre de licencier sans motif.

Le Premier ministre a tempéré son intransigeance en assurant "être à l'écoute" du malaise exprimé par étudiants et lycéens.

"SÉRÉNITÉ"

"Des inquiétudes réelles se manifestent, qui dépassent largement la seule question du contrat première embauche: les jeunes dans notre pays sont préoccupés par leur avenir, ils se demandent quelle place nous leur ferons, quelle vie ils pourront construire", a-t-il dit.

"A nous de leur répondre, à nous de les convaincre que les décisions que nous avons prises vont réellement améliorer leur situation et permettre à chacun de trouver rapidement un emploi stable", a-t-il lancé à l'adresse des parlementaires, les invitant de nouveau à la pédagogie.

Cette main tendue, Dominique de Villepin l'offre également aux partenaires sociaux, qu'il avait ignorés pour le lancement du CPE le 16 janvier.

"Je sais tout le rôle et l'importance des partenaires sociaux pour accompagner les réformes dans notre pays. Aujourd'hui je souhaite que nous puissions nous retrouver compte tenu de l'importance de l'enjeu: l'accès des jeunes à l'emploi", a-t-il dit, se disant notamment "désireux d'ouvrir un grand débat" sur les liens entre l'université et l'emploi.

"Ces heures difficiles, nous les traversons avec sérénité, parce que nous savons que nos décisions sont justes, nécessaires et utiles pour la France", a martelé Dominique de Villepin, en assénant une critique implicite à l'opposition de gauche, qui réclame le retrait du CPE.

"Contrairement à d'autres qui dissimulent leur absence d'idée, leur absence de projet, leur absence de vision derrière les critiques, nous avons des convictions, nous avons des propositions à avancer", a-t-il lancé.

"Défendre nos convictions, ne rien céder sur ce que nous croyons: voilà ce que nous demandent les Français", a-t-il souligné à treize mois de l'élection présidentielle de 2007.

"Parce que notre pays ne peut pas rester la lanterne rouge de l'Europe dans ce domaine, il ne peut pas laisser les jeunes dans le désarroi dans lequel ils se trouvent aujourd'hui, il ne peut pas faire le choix de la résignation et de l'immobilisme", a-t-il justifié.

"Nous sommes sur la bonne voie, nous aurons des résultats, et nous aurons la satisfaction du devoir accompli au service de l'intérêt général", a-t-il assuré aux élus de la majorité, qui ont laissé pour certains entendre des dissonances depuis le début de la crise du CPE.

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angelina 29/03/2006 19:48

Il faut tenir. Je suis jeune diplômée et je sais mieux que personne ce qu'est la précarité. Le CPE est une bonne solution (avec en plus toutes les garanties données déjà par Villepin). Ceux qui manifestent sont ARCHI manipulés et ne semblent pas savoir de quoi il s'agit. Qu'on laisse la parole à ceux qui sont réellement concernés et pas des gosses tout juste sortis des jupes de leurs mères et encore dans le cocon des études.

Pascal 29/03/2006 02:17

Et si pour sortir de cette crise, nous passions par un Referendum?

François Vic 25/03/2006 19:15

Tenez BON, ne lachez rien,ce serait catastrophique. Et dites à vos équipes que plutôt que de parler de "lutte contre le chômage", slogan qu'ont toujours utilisé la gauche et la droite jusqu'ici et sans succès, parlez plutôt d'entrée dans le monde du travail et de l'entrepise, car c'est ça le CPE : faciliter l'entrée des jeunes dans le monde du travail !!!

tenezbon 24/03/2006 15:02

Qui gouverne ce pays, les syndicats, les anarchistes, une poignée de lycéens et étudiants naïfs et manipulés?
Le pays et en danger plonger dans l'immobilisme le plus total depuis plusieurs décennies et je suis fier d'être enfin gouverné par des gens qui on des bonne idées et du courage.
Monsieur de Villepin, s'il vous plait, tenez bon, ne cedez surtout pas.
Merci

Francis 23/03/2006 11:13

Il est tellement rare qu'un homme politique ait le courage de faire des réformes nécessaires pour débloquer la société française. Tenez bon.