CPE: Villepin veut répondre "rapidement" aux préoccupations par le "dialogue"

Publié le par rezeid

 Dominique de Villepin a affiché samedi sa volonté de "répondre" "rapidement" et "par le dialogue" aux inquiétudes qui se sont exprimées sur le CPE, évoquant notamment "les deux préoccupations majeures des jeunes" que sont la période d'essai de deux ans et les conditions de la rupture du contrat par l'employeur. Une nouvelle fois, le Premier ministre n'a pas parlé d'un retrait du CPE, réclamé à cor et à cri par les principales organisations étudiantes et lycéennes.
"Je souhaite que par le dialogue nous puissions trouver une solution rapidement", "je mesure les incompréhensions auxquelles nous devons faire face", a-t-il déclaré lors d'une brève allocution, après avoir reçu à Matignon trois organisations d'étudiants minoritaires (UNI, FAGE et PDE). Il a précisé qu'il "reverrait" les organisations étudiantes "la semaine prochaine pour progresser avec elles".
"J'ai entendu leurs demandes", a-t-il affirmé. Pour la première fois, il a en effet évoqué les deux points les plus contestés du CPE: la période d'essai de deux ans et la non-motivation par l'employeur de la rupture du contrat. Je veux "répondre aux deux préoccupations majeures des jeunes sur le CPE: la période de deux ans et les conditions de la rupture du contrat", a-t-il dit. Il n'a toutefois fourni aucune précision sur ses intentions en la matière ni indiqué de quelle façon il entendait discuter de ces deux points.
Seule piste concrète, le Premier ministre a proposé de mettre en place "dès cet été" un "prolongement des bourses étudiantes" entre l'obtention du diplôme et le premier emploi. "Nous allons travailler ensemble très rapidement au renforcement de ces moyens sous forme d'un prolongement des bourses étudiantes. Ce dispositif devra être mis en place dès cet été pour que les jeunes diplômés de cette année puissent en bénéficier", a-t-il dit. Cette aide sera destinée à "tous ceux qui ne peuvent pas compter sur un soutien familial pour démarrer dans la vie active et qui ont le moins de ressources".
Pour le reste, Dominique de Villepin s'est contenté de rappeler certains des aménagements qu'il avait mis sur la table le 12 mars. Il a répété qu'il était "prêt à avancer" pour que l'Etat verse au jeune un revenu "pendant trois mois" pour lui permettre de suivre une formation en cas de rupture du CPE du fait de l'employeur.
Il a aussi confirmé sa proposition d'évaluer le CPE "dans six mois" pour "tirer les leçons de l'expérience et améliorer le dispositif dans tous ses aspects". Alors que certains craignent que le CPE ne remplace le CDI, et non les CDD ou l'intérim, il a souhaité que cette question soit "un point central de l'évaluation". Il s'est dit "tout à fait favorable" à ce que les organisations étudiantes participent à l'évaluation, qui sera conduite par le Conseil d'orientation pour l'emploi.
Au passage, Dominique de Villepin a "regretté" que les organisations de jeunes anti-CPE -UNEF, Confédération étudiante (Cé), UNL et FIDL- aient refusé de le rencontrer samedi. Celles-ci sont venues aux abords de Matignon pour lui remettre une lettre rappelant leur demande de retrait du CPE avant toute négociation.
"Nous ne pouvons accepter d'entamer une discussion à laquelle vous posez comme préalable le maintien du CPE", explique cette lettre lue par le président de l'UNEF Bruno Julliard. "Vous verrouillez ainsi le débat en restant inflexible sur un contrat très largement contesté", alors que la situation est "d'une extrême gravité".
M. De Villepin ayant fait savoir qu'il refusait de retirer le CPE, les organisations de jeunes ont renouvelé leur appel à manifester mardi dans le cadre de la journée nationale anti-CPE. "On appelle à nouveau l'ensemble des Français et l'ensemble de la jeunesse à se mobiliser mardi", "en toute sérénité", a invité Tristan Rouquier (FIDL).
"Le gouvernement nous reçoit en nous expliquant que nous allons discuter des aménagements du CPE. C'est lui-même qui refuse qu'on ouvre le dialogue", a accusé Bruno Julliard. "C'est grave, c'est une blague de proposer un dialogue de cette manière", s'est indignée Julie Coudry (Cé).
"Ce que nous demandons, c'est de pouvoir discuter sérieusement aujourd'hui du problème du chômage des jeunes. Discuter sur la base d'un contrat qui est contesté très largement dans la société, ce n'est pas sérieux", a fustigé Karl Stoeckel (UNL).

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