Dominique de Villepin veut trouver "une solution rapidement"

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin a marqué sa volonté de trouver "une solution rapidement" à la crise du CPE en répondant par le dialogue "aux deux préoccupations majeures des jeunes": la période d'essai et les conditions de la rupture du contrat première embauche.

"Je souhaite répondre aux deux préoccupations majeures des jeunes sur le CPE: la période de deux ans et les conditions de la rupture du contrat. Je souhaite que par le dialogue nous puissions trouver une solution rapidement", a déclaré le Premier ministre à l'issue d'une réunion à Matignon avec trois organisations étudiantes (UNI, Fage, PDE).

Le chef du gouvernement, qui refuse le retrait du contrat première embauche, n'a pas précisé selon quelles modalités il entendait aborder les deux dispositions contestées du CPE, un contrat réservé aux moins de 26 ans assorti d'une période d'essai de deux ans durant laquelle l'employeur est libre de licencier sans motif.

Il s'est dit "prêt à avancer" pour renforcer le filet de sécurité en cas de rupture du CPE, précisant que l'Etat se proposait d'assurer durant trois mois un revenu au jeune salarié quand le contrat est rompu par l'employeur et si le jeune fait le choix d'une formation.

"Plus que jamais, nous avons besoin de nous parler pour trouver ensemble une solution au blocage actuel", a insisté Dominique de Villepin, au lendemain d'une prise de contact avec les cinq grandes confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) qui n'a pas permis d'évolution sur le fond du dossier, aux dires de représentants syndicaux.

Le Premier ministre a concédé que son "ambition d'éviter aux jeunes de supporter la précarité de notre société et d'être les premières victimes du chômage" n'avait pas "encore été comprise".

L'incompréhension perdure de fait avec les principales organisations étudiantes et lycéennes hostiles au CPE (Unef, UNL, FIDL, Confédération étudiante), qui ont décliné l'invitation de Dominique de Villepin à discuter samedi des "améliorations" et des "conditions de mise en oeuvre du CPE".

Les représentants des organisations, qui se sont rassemblés en fin de matinée aux abords de Matignon sous la surveillance d'un cordon de CRS, ont écrit au chef du gouvernement pour expliquer les raisons de leur refus.

PROLONGEMENT DES BOURSES ETUDIANTES

Ils lui reprochent de "verrouiller le débat en restant inflexible sur un contrat très largement contesté".

La lettre a été remise à un membre du cabinet du Premier ministre.

Seules l'UNI, proche de l'UMP, la Fage, organisation se présentant comme "apolitique" et militant contre le CPE et contre les blocages des universités, et PDE (Protection et défense des étudiants) ont répondu présent.

Lors de cette réunion, qui a duré un peu plus d'une heure, Dominique de Villepin a notamment formulé deux propositions: le prolongement des bourses étudiantes et la participation des organisations étudiantes au projet d'évaluation du CPE à six mois "pour tirer les leçons de l'expérience et améliorer le dispositif dans tous ses aspects".

Le chef du gouvernement a précisé par la suite lors d'une brève allocution que le prolongement des bourses étudiantes, qui assurera un soutien financier aux jeunes entre leur diplôme et leur premier emploi, serait effectif "dès cet été pour que les jeunes diplômés de cette année puissent en bénéficier".

"Vous voyez, le dialogue sans a priori permet d'avancer sur des solutions concrètes", a souligné Dominique de Villepin, qui a "regretté" l'absence des grandes organisations étudiantes et lycéennes.

Il a précisé qu'il reverrait les organisations étudiantes "la semaine prochaine".

Les ministres Gilles de Robien (Education) et François Goulard (Enseignement supérieur) ont par ailleurs fixé "un programme de rencontres pour avancer dans le rapprochement entre formations et emploi".

"On a avancé sur de nombreux points, il y a plus de la moitié du chemin qui a été faite", a déclaré Olivier Vial, président de l'UNI.

"Il y a un premier pas qui a été fait par le Premier ministre. Cela ne règle pas tout, mais aujourd'hui on peut considérer que le dialogue est enfin réellement ouvert", a estimé pour sa part Jean-François Martin, président de la Fage.

L'Unef, l'UNL, la FIDL et la Confédération étudiante ont appelé à une mobilisation "massive" mardi, journée interprofessionnelle de manifestations avec appels à la grève.

Publié dans Divers

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