Chiracdéterminé, le CPE mis en oeuvre!!!

Publié le par rezeid

Jacques Chirac oppose une fin de non-recevoir à ceux qui comptent sur lui pour enterrer le contrat première embauche. Au risque de compliquer le dialogue à peine ouvert entre le gouvernement et les syndicats, le chef de l'Etat a exclu vendredi tout retrait de la loi créant le CPE.
Il a salué dans le même temps l'ouverture du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur les "modalités" d'application du texte.
"Je ne suis pas partisan dans une démocratie des ultimatums", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse à l'issue du conseil européen. "Quand une loi a été votée par le Parlement, conformément à l'esprit et à la règle de nos institutions, elle doit être appliquée, ce qui n'empêche pas naturellement le gouvernement d'en discuter telle ou telle modalité", a-t-il ajouté.
Jacques Chirac oppose ainsi une fin de non-recevoir aux appels des syndicats et de la gauche, qui lui ont demandé de ne pas promulguer la loi sur l'égalité des chances, qui crée le CPE. Ce texte est en cours d'examen au Conseil constitutionnel, qui pourrait rendre sa décision d'ici la fin du mois.
Le chef de l'Etat, qui intervenait pour la cinquième fois en dix jours sur la crise sociale en France, a salué l'ouverture du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux, qu'il avait appelée plusieurs fois de ses voeux. Certains ont vu sa patte derrière le revirement de Dominique de Villepin. Le Premier ministre avait exclu mardi tout "retrait", "suspension" ou "dénaturation" du CPE, avant d'annoncer mercredi l'ouverture de discussions "sans a priori" avec les partenaires sociaux.
Quelques minutes avant que Dominique de Villepin ne reçoive les organisations syndicales à Matignon, Jacques Chirac a espéré que cette première réunion depuis le début de la crise puisse permettre "d'ouvrir un dialogue pour répondre aux inquiétudes, aux interrogations qui se sont fait jour" dans la jeunesse.
Cette réunion "doit permettre de trouver des solutions conformes à l'objectif fondamental, qui lui ne saurait dévier, du gouvernement, à savoir donner une solution adaptée aux besoins des jeunes qui sont dans la plus grande difficulté", a poursuivi M. Chirac. "C'est à ceux-là que s'adresse le CPE".
A ses yeux, "ce qui est en jeu, c'est l'emploi des jeunes et, plus fondamentalement, la réponse à apporter à l'aspiration des jeunes à trouver toute leur place, naturelle, légitime dans la société".
Le chef de l'Etat a dit "faire pleinement confiance" au Premier ministre Dominique de Villepin et à son gouvernement pour discuter "dans un esprit d'ouverture et de compréhension" avec les partenaires sociaux. Il a affirmé "faire pleinement confiance aux organisations syndicales, professionnelles ou de jeunes, pour avoir un dialogue social responsable et raisonnable".
Interrogé sur la question de savoir si ce dialogue n'aurait pas dû être ouvert plus tôt, il n'a pas voulu critiquer le Premier ministre. "C'est ce qu'on dit en général après coup", a observé le président. "Il faudra peut-être en tenir compte la prochaine fois".
Jacques Chirac a par ailleurs condamné les violences "intolérables et inacceptables" qui ont émaillé les manifestations de jeudi à Paris contre le CPE. Le chef de l'Etat a demandé au gouvernement que les casseurs "soient poursuivis et punis avec toute la sévérité nécessaire".
Interrogé sur les réactions de ses collègues européens face à la situation sociale en France, le président français a assuré qu'ils lui avaient apporté leur "soutien".
Il a surtout confié que les autres chefs d'Etat et de gouvernement avaient exprimé de "l'étonnement". "Nos collègues ont un peu de mal à comprendre la nature des réactions vives que provoquent les réformes en général en France. Je leur ai fait remarquer que cela fait partie du génie français", a expliqué M. Chirac. "Nous avons les défauts de nos qualités. Nous sommes obligés de les assumer".

Publié dans Jacques CHIRAC-DDV

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