CPE: Villepin pressé de trouver "rapidement" une solution à la crise

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin s'est montré pressé samedi de "trouver une solution rapidement" à la crise du CPE, proposant d'aborder les points les plus contestés, mais sans céder sur le retrait pur et simple exigé par les opposants qui préparent une démonstration de force mardi.

Dans un contexte d'opposition croissante au CPE depuis maintenant deux mois, il s'est dit notamment prêt à "répondre" aux deux points les plus controversés du texte, la durée de la période d'essai et la non-motivation du licenciement.

"Plus que jamais, nous avons besoin de nous parler pour trouver ensemble une solution au blocage actuel", a-t-il déclaré à Matignon.

Mercredi à l'Assemblée, le Premier ministre s'était contenté de se prononcer pour une concertation "sans a priori", mais avait ensuite laissé à son ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, le soin de préciser que "sans a priori, ça veut bien dire en abordant tous les sujets", y compris ces deux points.

S'exprimant samedi à l'issue d'une réunion avec quelques représentants étudiants, le chef du gouvernement a explicitement souhaité "répondre aux deux préoccupations majeures des jeunes sur le CPE: la période de deux ans et les conditions de la rupture du contrat", sans avancer toutefois de pistes précises, ni indiquer dans quel cadre.

Il a cependant annoncé une nouvelle rencontre avec des organisations étudiantes "la semaine prochaine pour progresser avec elles sur tous ces points".

M. de Villepin venait de rencontrer les représentants de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), de l'Union nationale interuniversitaire (UNI) et de Promotion et défense des étudiants (PDE).

En revanche, l'Unef, la confédération étudiante, l'UNL et la Fidl, très impliqués dans la mobilisation contre le CPE, avaient décliné son invitation, plaçant le retrait du dispositif en préalable à toute discussion.

Rappelant que sa "seule ambition" avec le CPE était "d'éviter aux jeunes de supporter la précarité de notre société et d'être les premières victimes du chômage", il a reconnu que sa "volonté n'a pas encore été comprise".

L'intersyndicale, qui mène dans l'unité la bataille contre ce dispositif, maintient son appel à une journée interprofessionnelle de mobilisation mardi, avec manifestations et arrêts de travail.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a marqué son soutien au gouvernement, tout en appelant à "un compromis" dans le conflit autour du CPE. "Savoir imaginer un compromis, c'est être courageux et utile à la France", a déclaré samedi le président de l'UMP.

"Le Premier ministre, à qui je veux dire mon soutien, est prêt à ouvrir sans a priori des discussions. J'invite tous les protagonistes à saisir cette main tendue car personne, je dis bien personne, ne sortira gagnant de l'absence de discussions et de compromis", a-t-il lancé.

Le président Jacques Chirac avait adopté la veille une position jugée "maladroite" par les syndicats, encourageant au dialogue tout en excluant tout retrait du CPE, à peine une heure avant la réunion prévue à Matignon entre M. de Villepin et les confédérations syndicales.

Autre geste en direction des étudiants, le Premier ministre a proposé samedi de prolonger les bourses entre le diplôme et le premier emploi, précisant que cette mesure serait mise en place "dès cet été, pour que les jeunes diplômés de cette année puissent en bénéficier".

Rappelant sa proposition d'évaluer le CPE "dans six mois", il a également proposé que les organisations étudiantes y participent.

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