La semaine à quitte ou double de Villepin

Publié le par rezeid

Alors qu'il fête aujourd'hui ses trois cents jours à Matignon, le premier ministre affronte une situation politique et sociale des plus périlleuses.

 
Dominique de Villepin s'est dit prêt à «répondre» aux étudiants sur les deux points les plus controversés du CPE. (Martine ARCHAMBAULT /Le Figaro)  SEMAINE FATIDIQUE pour Dominique de Villepin. Le premier ministre fête aujourd'hui ses trois cents jours à Matignon, mais l'heure n'est vraiment pas à la célébration. Les «cent jours», qui devaient redonner confiance aux Français, ne sont plus qu'un lointain souvenir. Désormais, le chef du gouvernement livre bataille : celle du CPE. Et il est décidé à tenir : «Ce serait irresponsable et antirépublicain de retirer le texte, prévient un de ses proches. Un compromis est possible entre gens de bonne volonté. Le premier ministre a montré qu'il était prêt au dialogue.»
 
Encerclé par la gauche, les syndicats, les étudiants et... les sarkozystes, Dominique de Villepin se retrouve à l'aube de cinq journées à très hauts risques. Un calendrier de tous les dangers pour un premier ministre dos au mur malgré le soutien de Jacques Chirac. Les deux hommes se sont, d'ailleurs, entretenus samedi et hier soir.
 
Ce soir, Nicolas Sarkozy devrait encore une fois se démarquer du chef du gouvernement. Le président de l'UMP, qui tiendra son premier meeting de campagne présidentielle à Douai, entend livrer «sa» vision du dialogue social. S'il répète qu'il est solidaire du premier ministre, le numéro deux du gouvernement semble avoir déclenché le compte-à-rebours de son départ. La volonté de dialogue affichée par le premier ministre – vendredi et samedi – a globalement laissé de marbre les syndicats. L'intersyndicale maintient son appel à une journée interprofessionnelle de mobilisation demain, avec manifestations et arrêts de travail. Un véritable «mardi soir» se prépare. Les transports en commun devraient être perturbés dans soixante et onze villes. A Paris, on prévoit un métro sur deux et un RER sur cinq. De nombreuses écoles seront fermées. Les salariés du privé suivront-ils l'appel à la grève des syndicats ? «Tout l'enjeu de cette journée est là», résume un conseiller gouvernemental. Ce «mardi noir» sera un test pour les forces de l'ordre qui ont reçu de nouvelles consignes pour interpeller les casseurs.
 
Répondre «aux préoccupations majeures»
 
Que feront les syndicats après leur journée de mobilisation ? Reviendront-ils discuter avec le premier ministre ? Face au «refus total» du chef du gouvernement de faire machine arrière, la CGT et FO ont déjà annoncé qu'elles ne retourneraient pas à Matignon sans retrait du CPE. «Il n'y a eu aucun contact téléphonique» avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, a déclaré hier soir le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault. Info ? Intox ? «Nous avons discuté tout le week-end avec les parternaires sociaux», affirme-t-on à Matignon. «On va réussir à débloquer les choses. Il n'y a pas que la CGT et FO», ajoute-t-on. On fait valoir, dans l'entourage du premier ministre, que la discussion s'est engagée avec des anti-CPE comme la Fage, un syndicat d'étudiants venu à Matignon samedi matin alors que l'Unef et la Fidl avaient boycotté le rendez-vous.
 
Devant les étudiants, Villepin a dit qu'il était prêt à «répondre aux deux préoccupations majeures» que sont la période d'essai de deux ans et la non-motivation du licenciement. La seule piste concrète annoncée, le «prolongement des bourses étudiantes» jusqu'au premier emploi, ne concerne pas le CPE. Des propositions qui n'ont pas empêché la coordination étudiante de réclamer, hier soir, la démission du gouvernement. Rien de moins.
 
Dans ce contexte d'opposition croissante au CPE, Matignon semble parier sur l'usure du mouvement et l'inquiétude de l'opinion devant les images de casse. «On a encore quinze jours à tenir avant les vacances», avoue un député villepiniste. Jacques Chirac devrait monter en première ligne, jeudi, au Havre. Dans le fief de son ami et ancien directeur de campagne Antoine Rufenacht, il devrait s'engager un peu plus dans la bataille du CPE derrière son premier ministre. 83% des Français, selon un sondage Ifop-JDD, réclament qu'il s'investisse plus. Samedi, il a reçu Villepin, Borloo et Larcher. Hier soir, le premier ministre est retourné à l'Elysée. «Ce sont des réunions normales», banalise-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
 
A l'Elysée et à Matignon, on écarte d'une même voix une possible censure du CPE par le Conseil constitutionnel. La décision des Sages est attendue jeudi. Quant à la promulgation de la loi par Chirac, elle pourrait intervenir le 5 avril. D'ici là, Dominique de Villepin croise les doigts pour que les chiffres du chômage, qui seront publiés vendredi, soient positifs. Après neuf mois consécutifs de baisse, le chômage est reparti à la hausse en janvier. Un retour à la baisse viendrait à point nommé. Et serait présenté, à coup sûr, comme la démonstration des effets positifs du CNE. Le grand frère du CPE.
 
 Devant les étudiants, Villepin a dit qu'il était prêt à «répondre aux deux préoccupations majeures» que sont la période d'essai de deux ans et la non-motivation du licenciement. La seule piste concrète annoncée, le «prolongement des bourses étudiantes» jusqu'au premier emploi, ne concerne pas le CPE. Des propositions qui n'ont pas empêché la coordination étudiante de réclamer, hier soir, la démission du gouvernement. Rien de moins.
 
Dans ce contexte d'opposition croissante au CPE, Matignon semble parier sur l'usure du mouvement et l'inquiétude de l'opinion devant les images de casse. «On a encore quinze jours à tenir avant les vacances», avoue un député villepiniste. Jacques Chirac devrait monter en première ligne, jeudi, au Havre. Dans le fief de son ami et ancien directeur de campagne Antoine Rufenacht, il devrait s'engager un peu plus dans la bataille du CPE derrière son premier ministre. 83% des Français, selon un sondage Ifop-JDD, réclament qu'il s'investisse plus. Samedi, il a reçu Villepin, Borloo et Larcher. Hier soir, le premier ministre est retourné à l'Elysée. «Ce sont des réunions normales», banalise-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
 
A l'Elysée et à Matignon, on écarte d'une même voix une possible censure du CPE par le Conseil constitutionnel. La décision des Sages est attendue jeudi. Quant à la promulgation de la loi par Chirac, elle pourrait intervenir le 5 avril. D'ici là, Dominique de Villepin croise les doigts pour que les chiffres du chômage, qui seront publiés vendredi, soient positifs. Après neuf mois consécutifs de baisse, le chômage est reparti à la hausse en janvier. Un retour à la baisse viendrait à point nommé. Et serait présenté, à coup sûr, comme la démonstration des effets positifs du CNE. Le grand frère du CPE.
 
 

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