L'UMP derrière Villepin

Publié le par rezeid

Les députés UMP ont resserré les rangs mercredi derrière Dominique de Villepin dans la crise du CPE, ravalant les inquiétudes qu'ils avaient exprimées la veille en se ralliant à une proposition de Nicolas Sarkozy."La majorité se ressoude sur non au retrait, oui au dialogue social élargi", a déclaré le premier vice-président du groupe, Jean Leonetti (villepiniste).

 

"Ceux qui ont écrit que la majorité n'était plus derrière le Premier ministre se trompent", a renchéri Guy Geoffroy (villepiniste), vice-président de la commission des Lois.

 

"Si on n'est pas capable de se mobiliser sur le CPE, on ne sera jamais capable de faire avancer des réformes. Nous sommes unanimes sur l'idée qu'il ne faut ni retirer ni suspendre le CPE", a fait valoir Daniel Garrigue (villepiniste).

 

Pour la première fois depuis le début de la crise, les députés s'étaient démarqués mardi du Premier ministre en se ralliant à une proposition du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, Nicolas Sarkozy. Ce dernier suggérait une "non application du CPE" durant les négocations avec les partenaires sociaux pour rechercher "un compromis".

 

En réunion de groupe, ils avaient exprimé, selon leur chef de file, Bernard Accoyer, "le souhait commun et unanime" d'un dialogue dans le délai courant entre la décision du Conseil constitutionnel attendue jeudi et la promulgation de la loi. M. Accoyer avait également critiqué l'initiative prise par une trentaine de députés villepinistes de lancer une pétition pro-CPE.

 

La riposte n'a pas tardé et le soir même, selon un député villepiniste, une délégation de partisans du Premier ministre est allée voir Bernard Accoyer pour protester contre ses déclarations, ce dernier recevant ensuite un coup de téléphone de Jacques Chirac.

 

Le président du groupe UMP était d'ailleurs invisible mercredi dans les couloirs du palais Bourbon.

 

Les sarkozystes, tout en mettant en garde comme Dominique Paillé contre le risque "de ne pas entendre la rue", ont fait contre mauvaise fortune bon coeur.

 

Ainsi Nadine Morano, qui demandait jusqu'à il y a peu avec virulence la suspension du CPE, déclarait mercredi: "aujourd'hui nous sommes tous solidaires à l'UMP pour dire qu'il faut améliorer le texte. Le Premier ministre ouvre sa porte et a fait des propositions. Il ne peut pas faire mieux".

 

Pour Pierre Lellouche, "la capitulation est un suicide collectif. Je ne suis pas favorable à un suicide de la droite pour laisser la place à la gauche".

 

Mais les députés de l'UMP, qui s'attendaient à une promulgation rapide de la loi par le président Chirac, faisaient montre d'un grand désarroi sur les moyens de sortir de la crise, reflétant l'ampleur de la crise politique provoquée par le contrat première embauche (CPE).

 

"Il y a énormément de malentendus, la moindre phrase est très ambiguë. Chacun a des difficultés à prendre ses responsabilités dans un climat irrationnel et passionnel. Il faut prendre le temps de discuter pour que toute cette pression, toute cette agitation, retombe et qu'on y voit clair", soupirait François Cornut-Gentille (villepiniste).

 

"Il faut amender le texte et probablement en suspendre l'application le temps de la négociation. Il peut y avoir promulgation et non application", proposait Eric Woerth (sarkozyste), tandis que M. Leonetti suggérait: "on promulgue et on discute sans manger son chapeau".

 

Le seul député UMP à avoir voté contre le CPE, Nicolas Dupont-Aignan, exhortait les uns et les autres à "arrêter cette guerre Sarkozy-Villepin" et à "convoquer un nouveau Grenelle".

Commenter cet article