Chirac ne lâchera jamais DDV!!!!

Publié le par rezeid

Tenir avec son Premier ministre au nom de la nécessaire "réforme" ou céder face au raz-de-marée de manifestants anti-CPE? Jacques Chirac va devoir trancher: son entourage a annoncé mercredi qu'il s'exprimerait "dans les prochains jours" pour tenter de sortir de la crise, à moins que le Conseil constitutionnel ne lui ôte miraculeusement d'ici là une sérieuse épine du pied.

Au lendemain de manifestations anti-CPE qui ont drainé entre un million et trois millions de personnes dans toute la France, le contrat première embauche n'a pas été évoqué au cours du conseil des ministres: "pas à l'ordre du jour", ont expliqué plusieurs ministres. Nul doute toutefois que la crise sociale a dominé l'entretien qu'ont eu Jacques Chirac et Dominique de Villepin à l'issue du conseil.

Si son entourage n'a pas précisé mercredi quand et sous quelle forme s'exprimerait le chef de l'Etat, Jacques Chirac, qui a annulé un déplacement prévu jeudi matin au Havre, devrait prendre la parole rapidement, sitôt connue la décision du Conseil constitutionnel.

Les neuf "sages" doivent se prononcer, probablement jeudi, sur le projet de loi sur l'Egalité des chances instituant le contrat première embauche. Si on ne semblait pas croire côté gouvernemental, comme chez les constitutionnalistes, à une censure du CPE qui mettrait fin du même coup à la crise, l'expression de "réserves" sérieuses pourrait aussi donner un prétexte à l'Elysée pour demander au Parlement de revoir sa copie, sans que Dominique de Villepin ne perde la face.

En revanche, en cas de feu vert, Jacques Chirac serait placé face à un sérieux dilemme: il peut promulguer immédiatement la loi -au risque de déclencher la fureur des anti-CPE et d'être accusé de surdité- ou demander une deuxième délibération au Parlement comme le lui demandent les syndicats et l'opposition, ce qui reviendrait à infliger un sérieux camouflet à son Premier ministre. De fait, chez les villepinistes, on tablait encore récemment sur une promulgation rapide du texte.

S'il a redit mercredi sa "disponibilité totale" à apporter des "améliorations" au CPE et reconnu "un malaise profond dans notre pays", Dominique de Villepin a toujours exclu de modifier la loi. Du coup, les syndicats et organisations étudiantes refusent de le rencontrer.

Signe de la tension qui règne à Matignon, Dominique de Villepin a commis un énorme lapsus mercredi devant les députés en disant attendre la "démission" et non la "décision" du Conseil constitutionnel. "Ne promulguez pas la loi! Donnez à l'Assemblée nationale la parole pour qu'elle dise le dernier mot, et le dernier mot ce sera le retrait du CPE!", venait de lui lancer le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, s'adressant à travers lui à Jacques Chirac.

Entre la promulgation immédiate et le renvoi du CPE au Parlement, Jacques Chirac pourrait aussi choisir de donner du temps au temps... Sur les 15 jours que lui donne la Constitution pour promulguer, il lui en reste neuf, six jours s'étant déjà écoulés entre le vote par le Parlement et la saisine du Conseil constitutionnel. Le chef de l'Etat pourrait tirer profit de ce délai pour tenter de sortir du dialogue de sourds entre gouvernement et syndicat.

Au sein d'une majorité déchirée, les sarkozystes plaident d'ailleurs ouvertement pour des négociations et une "suspension" du CPE. "90% du groupe UMP (de l'Assemblée nationale) s'est prononcé" en ce sens et le gouvernement "doit aussi en tenir compte", a assuré Patrick Devedjian, conseiller politique de Nicolas Sarkozy. "Si on a un ultimatum d'un côté et une intransigeance de l'autre, c'est comme ça qu'on a des tensions", a-t-il accusé en visant Dominique de Villepin.

"J'aurais préféré qu'on fasse une expérimentation" sur six mois du contrat première embauche (CPE), a expliqué de son côté Nicolas Sarkozy, en appelant à "une vraie négociation, sans préalable". "Quand il y a un malentendu, il faut faire un compromis (...) ce mot n'est pas un gros mot".

Reste que Jacques Chirac va devoir faire un geste s'il veut convaincre les syndicats, qui ont déjà appelé à une nouvelle journée d'action le 4 avril, de revenir à la table des négociations. Sous peine de se retrouver, neuf jours plus tard, exactement dans la même situation et contraint, cette fois, d'apposer sa signature sur le CPE.

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Raymond 29/03/2006 21:35

Le lâche, le saboteur et le traître

Le CPE nous dévoile une certaine vérité sur des hommes et femmes politiques, des bandes organisées pour détruire la France et non pour la diriger.

Parmi eux il y a ceux et celles qui veulent s’inspirer du programme de Tony Blair, sans dire aux Français que ce n’est qu’un bouquet de CPEs sans protections qu’on y trouve ; ils sont des simples saboteurs d’un petit pas dans la direction qu’ils considèrent bonne. Il y a aussi ceux à droite qui n’ont cessé d’appeler à faire bouger les choses dans le sens du CPE, mais qui le lâchent lâchement. Et il y a enfin celui qui loue le libéralisme et qui veut faire la guerre au CDI mais qui fuit lâchement la première petite bataille (celle du CPE) en face des étudiants et lycéens, et combat même son propre camp pour ne pas dire le trahit!

Je vous laisse déterminer qui est le ou la lâche, le saboteur et le traître, même qu’un certain cumule les trois rôles.

Tous utilisent la même arme : les médias qui sont étrangement leurs complices. Des médias tenus par des groupes d’intérêts mystérieux dont la mission serait :
- empêcher tout gouvernement d’expliquer sa politique…et saboter les projets qui aident à renforcer la France
- diviser les français entre eux et avec l’Europe et le reste du monde
- assassiner à leur manière les hommes politiques et hommes d’affaires patriotes, de gauche comme de droite, pour laisser le champ libre aux ennemis d’une France unie et forte.

Il est regrettable qu’il n’y ait pas assez d’hommes ou femmes politiques qui seraient prêts à risquer un de leurS posteS (qu’ils cumulent!) en disant la vérité qui pourrait donner à des dizaines de milliers de jeunes un accès à un vrai emploi et un bon départ dans la vie.

Raymond Hiresh
Paris, France

Notes :
1) Face à l’efficacité du CDI et de la stabilité/rigidité des emplois qu’il crée il n’y a que le CPE qui peut faciliter l’entrée des jeunes dans des vraies emplois. C’est comme si dans un jeu de chaises musicales certains pouvaient rester assis pendant que d’autres doivent tourner autour d’une ou deux chaises. Oui on peut refuser et rejeter le CPE, mais dans ce cas il faut être cohérent et refuser et rejeter le libéralisme …et ceux des hommes et femmes politiques qui le défendent, de gauche comme de droite!

2) Le vrai problème n’est pas la précarité, mais l’absence de solidarité et de patriotisme. N’attendez pas de ceux qui vous vendent le libéralisme de promouvoir une France unie et forte, car ils préfèrent la diviser pour mieux la vendre et partir en laissant des caisses vides. Pendant ce temps ils vont nous occuper avec le terrorisme ou communautarisme et en promenant les jeunes et moins jeunes dans les rues.