Le malaise de la jeunesse française en 150 indicateurs

Publié le par rezeid

Démographie, qualité de vie, marché du travail, ou éducation: l'OCDE a présenté hier à Bruxelles une radiographie en quelque 150 indicateurs de ses 30 pays membres, qui permet notamment de mieux comprendre le malaise de la jeunesse dans certains pays comme la France.

Travail unique par son ampleur, le Factbook 2006 de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) comprend des indicateurs classiques comme la croissance du PIB ou l'espérance de vie, mais aussi d'autres qui le sont moins.

Ainsi, l'indice d'inactivité des jeunes donne à la France la plus mauvaise place après la Turquie et la Slovaquie, avec un taux de 14,8 % de sa jeunesse qui n'est ni en formation, ni employée. «Si les jeunes ne sont ni employés, ni à l'école, il y a de bonnes raisons de se faire du souci pour leur bien-être actuel et leurs perspectives d'avenir», commente le rapport, dont la sortie coïncide avec des manifestations massives en France contre une réforme du droit du travail visant la jeunesse.

D'autres chiffres sont des confirmations, comme le fait que le taux d'emploi des 15-24 ans en France est l'un des plus bas de l'OCDE, seuls la Hongrie, le Luxembourg et la Pologne faisant moins bien. D'une façon générale, les indicateurs du marché du travail français sont au rouge.

Une corrélation

Pour le principal auteur du rapport, Enrico Giovannini, statisticien en chef de l'OCDE, il ne s'agit pas d'aligner des chiffres gratuitement. «Il y a une corrélation entre la connaissance et la capacité des gens à accepter les réformes», a-t-il expliqué en présentant ce rapport. «Si vous ne pouvez pas aider les gens à comprendre les changements qui les affectent, il n'y a aucun moyen de forger un consensus sur les réformes», insiste-t-il.

«On a dit aux jeunes bien formés en France qu'ils seraient traités par le marché d'une manière très différente de ceux qui n'ont pas de qualification», poursuit-il. Mais «le changement, c'est que cela sera de moins en moins vrai». Au demeurant, la qualification universitaire progresse peu en France depuis 1991 et reste éloignée des meilleurs (Canada, États-Unis, pays nordiques).

Pour souligner les tendances lourdes affectant la société et l'économie, les statisticiens de l'OCDE travaillent sur des séries couvrant 10, 15 années, voire plus.

Pour obtenir la radiographie d'un pays, M. Giovannini conseille de suivre ses performances à travers les 150 indicateurs, sélectionnés de manière indépendante par le secrétariat de l'OCDE, en recherchant les comparaisons pour déceler dans chaque domaine les vainqueurs et les perdants.

Ainsi, la France est-elle dans le peloton de tête pour l'espérance de vie, surtout chez les femmes, ou le faible nombre de personnes obèses. Mais sur un autre indice de qualité de la vie, les dépenses des ménages en loisirs et culture, sa performance est médiocre, alors même que la durée du travail y est une des plus faibles.

Un certain nombre de clichés sont démentis par les chiffres, comme le fait que la mondialisation se serait traduite par une aggravation des inégalités de revenus.

Depuis les années 80, «la conclusion la plus prudente est qu'il y a eu peu ou pas de changement», estime l'OCDE, qui relève toutefois une modeste réduction des inégalités en Australie, au Danemark et... en France.

La section spéciale du Factbook 2006 consacrée à la «globalisation économique» est d'ailleurs instructive puisqu'elle démontre que la France figure parmi les pays les plus engagés dans ce processus, en dépit des craintes exprimées par ses habitants dans les sondages.

Quatrième exportateur mondial de services, la France est également bien placée sur les biens de moyenne et haute technologie. Elle arrive au quatrième rang comme pays d'accueil mais aussi d'origine des investissements directs étrangers.

Publié dans Divers

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