Chirac étudie les scénarios de sortie de crise

Publié le par rezeid

Alors que le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision sur le CPE aujourd'hui et que syndicats et organisations étudiantes appellent à une nouvelle journée d'action mardi prochain, le chef de l'Etat a décidé de s'exprimer «dans les prochains jours».

 
Le président doit Chirac étudier les scénarios de sortie de crise. AFP   COMMENT SORTIR du conflit du CPE ? L'exercice est particulièrement délicat pour Jacques Chirac qui se trouve face à une décision capitale. L'une de celles qui détermineront la fin de son mandat. Depuis quelques jours, les appels se sont multipliés pour demander l'intervention personnelle du président de la République, provenant de la majorité comme de l'opposition, des jeunes et des syndicats. Mais pour des raisons souvent opposées.
 
Le chef de l'Etat va s'exprimer «dans les prochains jours» sur le CPE, a annoncé hier l'Elysée, sans préciser le jour et la forme de cette intervention présidentielle si attendue. En toute hypothèse, il attendra de connaître la décision du Conseil constitutionnel, vraisemblablement rendue publique aujourd'hui. Les chiraquiens ne croient pas à l'invalidation du CPE, même si, souligne l'un d'eux, s'appuyant sur la jurisprudence du Conseil, «rien n'est jamais acquis».
 
Très présent dans la gestion de la crise, dans laquelle le premier ministre est en première ligne, Jacques Chirac a beaucoup consulté ces derniers jours pour mieux comprendre les ressorts de ce conflit, la détermination des forces en présence et les contradictions des électeurs. Pour sonder les états d'âme des parlementaires de la majorité. Hier matin, il s'est entretenu à deux reprises avec Dominique de Villepin : la première fois, comme toutes les semaines, avant le Conseil des ministres, la deuxième fois après. Pendant le Conseil, le CPE n'a pas été évoqué. Mais, autour de la table, les visages étaient «particulièrement fermés».
 
«Il n'y a pas de bonne solution. Il faut choisir la moins mauvaise», reconnaît un proche du chef de l'Etat. Plusieurs choix s'offrent à lui. Il peut décider de retirer le CPE, cédant ainsi aux manifestations qui, mardi, ont rassemblé entre un et trois millions de personnes dans la France entière. Mais une telle décision affecterait durablement l'autorité de l'Etat. Elle fragiliserait personnellement Jacques Chirac qui, après avoir retiré la réforme des régimes spéciaux de retraites en 1995, terminerait sa présidence par un autre abandon. Un tel désaveu de Dominique de Villepin risquerait aussi d'ajouter à la crise sociale une crise gouvernementale, voire une «crise de régime», selon un chiraquien.
 
Le couple exécutif «totalement à l'unisson»
 
Jacques Chirac peut a contrario décider de promulguer immédiatement la loi. Hier, des proches du président laissaient entendre que cela pourrait intervenir «d'ici à la fin de la semaine» en cas de validation par le Conseil constitutionnel. Le couple exécutif, «totalement à l'unisson», n'entend pas «céder à la pression de la rue», selon eux. Les sarkozystes dénoncent cette option, qui risque de braquer encore davantage syndicats et organisations de jeunes, et prolonger voire amplifier le mouvement, avec tous les dangers que cela entraînerait.
 
Les sarkozystes souhaitent que Jacques Chirac mette à profit le délai dont il dispose avant la promulgation de la loi pour négocier. «Différer la promulgation serait perdre sur tous les tableaux. Cela redonnerait la main aux syndicats» et favoriserait les surenchères, rétorque un chiraquien. Quant à l'hypothèse d'une deuxième délibération de la loi, conformément à l'article 10 de la Constitution, elle signifierait de facto abandon du projet.
 
Reste une solution qui a la faveur de certains à l'UMP : une promulgation rapide, mais assortie de l'annonce de deux projets de loi sur les deux principaux sujets d'inquiétude des jeunes, le délai de la période d'essai et les modalités de rupture du CPE. Ils évoquent aussi l'ouverture d'états généraux sur l'ensemble des questions de l'emploi des jeunes.
 
«Plus que jamais le président de la République est l'homme en charge de l'essentiel», déclare Jean-Pierre Raffarin, dans «un message de loyauté, de confiance et d'amitié» à Jacques Chirac, publié sur son blog. Face au blocage, le chef de l'Etat apparaît comme «le dernier recours», affirme un proche, «il n'a qu'un coup à jouer. S'il le rate, je ne sais pas où on va».
 
 

 

Publié dans Divers

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