L'intersyndicale appelle à une nouvelle grève le 4 avril

Publié le par rezeid

Les 12 organisations syndicales qui demandent le retrait du CPE appellent de nouveau à une journée de mobilisation. Dans la matinée, le président de la République a fait savoir qu’il s’exprimerait sur le sujet dans les jours à venir. La décision du Conseil constitutionnel, saisi par la gauche, est attendue jeudi.

 
« L'inflexibilité affirmée du Premier ministre ne peut que renforcer la détermination des organisations syndicales à poursuivre l'action », souligne un communiqué de l'Unsa. Photo AFP/ERIC FEFERBERG  L'intersyndicale, qui regroupe les cinq confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC), la FSU, l'Unsa, Solidaires, l'UNEF et la CE (étudiants), la FIDL et l'UNL (lycéens) s’est réunie mercredi, au lendemain d’une importante journée de mobilisation. Les syndicats ont appelé à de nouvelles manifestations à travers la France le 4 avril. « L'inflexibilité affirmée du Premier ministre ne peut que renforcer la détermination des organisations syndicales à poursuivre l'action », souligne un communiqué de l'Unsa, l’Union syndicale des syndicats autonomes, diffusé mercredi.
  
« Il est urgent que les plus hautes autorités de l'Etat prennent la mesure de la situation et répondent sans ambigüité» à la revendication de retrait du CPE, écrit l'intersyndicale. «Pour éviter l'enlisement du pays dans une crise profonde le gouvernement doit s'y résoudre». Elle demande «au président de la République d'utiliser ses prérogatives constitutionnelles pour que le CPE soit retiré» et met « le gouvernement en garde contre toute tentative de coup de force, notamment en direction des étudiants et des lycéens », après la demande de Gilles de Robien de rouvrir les lycées jeudi.
 
 
« Face au chômage des jeunes, je ne baisserai pas les bras », répond Dominique de Villepin, ministre lors d'une brève allocution dans la cour de Matignon à l'issue d'une réunion avec trois organisations étudiantes mercredi soir. «Il y a des inquiétudes, nous y répondrons », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité du «dialogue» pour sortir de la crise du CPE. Un peu plus tôt dans l’après-midi, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre avait involontairement laissé transparaître toute la pression à laquelle il était soumis, en commettant un lapsus, parlant de « démission », au lieu de « décision » du Conseil constitutionnel.
 
 De son côté, Jacques Chirac a fait savoir mercredi matin qu’il « s’exprimera dans les prochains jours », sur la crise que traverse le pays. Ce sera la cinquième intervention présidentielle dans le débat sur le CPE. Jusqu’ici, il a soutenu son premier ministre, pourtant de plus en plus esseulé face à la mobilisation croissante de la rue. L'entourage du chef de l’Etat n'a précisé ni la date de l'intervention du chef de l'Etat, ni la forme qu'elle prendra. Mais celle-ci devrait logiquement intervenir après la décision du Conseil constitutionnel sur le texte, annoncée pour jeudi par Dominique de Villepin. L’occasion de remettre de l’ordre dans sa majorité, et de répondre aux sollicitations des syndicats et de l’opposition, socialiste comme interne.
 
Attente
  
Depuis mardi soir, les secrétaires généraux des cinq confédérations syndicales demandent au chef de l’Etat de débloquer la situation. Dans une lettre qu’ils lui ont adressée, ils souhaitent, conformément à l'article 10 de la Constitution, le vote par le Parlement d'«une nouvelle délibération de la loi égalité des chances excluant l'article relatif au CPE», indiquent dans leur courrier, Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Jean-Louis Walter (CFE-CGC) et Jacques Voisin (CFTC).
 
Auparavant, socialistes (et notamment Laurent Fabius, qui invoque la solution constitutionnelle de l’article 10 depuis lundi) et centristes ont fait part de la nécessité d’une intervention de Jacques Chirac, face à l’attitude de Dominique de Villepin dans la crise du CPE.
  
Sarkozy de plus en plus offensif
 
 Depuis les fortes mobilisations de mardi, ils ont été rejoints par Nicolas Sarkozy et une grande partie des députés UMP, que Patrick Devedjian estime mercredi matin à «90%». Le n°2 du gouvernement multiplie les appels à une suspension du texte, afin de permettre la renégociation du CPE. Après son discours de Douai lundi soir et son intervention devant le groupe UMP de l’Assemblée nationale mardi midi, le ministre de l’Intérieur a répété son message dans les colonnes du Parisien mercredi, affichant toujours un peu plus ses distances avec Dominique de Villepin.
  
Au cours d’un débat avec les lecteurs du quotidien, il «considère qu'il n'est pas anormal qu'il y ait un minimum d'explications quand on se sépare de quelqu'un, même s'il a moins de 26 ans». «En 2006, quand il y a un malentendu, il faut faire un compromis. Il n'y a pas de honte. Ce mot n'est pas un gros mot». Une vraie négociation doit s'engager, sans préalable», a-t-il insisté. «La solidarité (gouvernementale) ne veut pas dire que je n'ai pas le droit d'exprimer mes idées», a-t-il poursuivi, avant de conclure : «le prix de la solidarité dont j'ai parlé est de ne pas dire tout ce qu'on pense !»
  
Robien et Copé affichent leur solidarité à Villepin
 
 
Dans l’adversité, deux membres de l’équipe gouvernementale ont tenu à réaffirmer leur soutien au premier ministre. Le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, a martelé sur France Inter l’antienne villepiniste : « On ne peut pas balayer d'un revers de main le fait qu'une loi a été votée par le Parlement ». Et le ministre de l’Education nationale Gilles de Robien, relativisait l’ampleur des manifestations de la veille en déclarant que « Les foules qui ont défilé mardi, elles étaient importantes mais certainement pas impressionnantes. Il y a un an, les mêmes défilaient contre la loi Fillon, tout le monde s'accorde à dire maintenant que son application est salutaire pour l'éducation de nos jeunes ».
 
 
 
 

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