A Jacques Chirac de tenter de dénouer la crise sur le CPE

Publié le par rezeid

Les Français, qui sont dans leur immense majorité pour la suspension ou le retrait du CPE, selon un sondage, attendent une intervention solennelle de Jacques Chirac pour tenter de dénouer la crise.

Le président de la République pourrait s'exprimer après la publication, attendue dans la journée, d'un avis du Conseil constitutionnel sur la validité de la loi sur l'égalité des chances, qui inclut le contrat première embauche.

En vertu de la Constitution, le chef de l'Etat peut demander que le Parlement entame un nouvelle délibération de la loi, adoptée le 9 mars, ou de certains de ses articles.

Sans attendre la décision du Conseil constitutionnel, les organisations syndicales opposées au CPE, dont elles exigent le retrait pur et simple, ont appelé à une nouvelle journée de grèves et de manifestations mardi prochain, le 4 avril.

Un nouveau sondage publié jeudi confirme l'opposition des Français à ce nouveau contrat de travail réservé aux moins de 26 ans et doté d'une période d'essai de deux ans pendant laquelle un employeur peut licencier sans justification.

Cette enquête CSA pour le journal Le Parisien montre que 42% des personnes interrogées estiment que la mesure doit être suspendue "le temps de trouver une solution" et 41% veulent son retrait. Seuls 12% des sondés veulent le maintien du CPE.

Les retombées négatives de deux mois de crise entament également la cote de popularité du Premier ministre.

De 47% d'opinions positives en janvier, Dominique de Villepin est passé à 29% en mars, soit son plus mauvais score depuis qu'il a été nommé à Matignon en juin dernier, selon le baromètre CSA pour La Vie et France Info.

La crise du CPE explique aussi la rechute au mois de mars de la confiance des ménages qui se redressait depuis trois mois après le point bas touché en novembre, sous l'effet des violences urbaines qui avaient agité les banlieues françaises.

L'indicateur résumé du moral des ménages est ainsi retombé à -26 ce mois-ci après -24 en février.

Forts d'une mobilisation mardi dans la rue sans précédent depuis 1968, douze syndicats de salariés, d'étudiants et de lycéens ont demandé à Jacques Chirac d'intervenir pour que le CPE soit abandonné.

"JE NE BAISSERAI PAS LES BRAS"

Cette intervention est souhaitée par l'opposition, mais aussi par l'UDF et une partie de l'UMP, le parti majoritaire.

Pour Henri Cuq, ministre des Relations avec le Parlement, Jacques Chirac parlera "en se fondant sur la décision qu'aura prise le Conseil constitutionnel d'une part, tout en étant attentif aux inquiétudes qui se sont exprimées d'autre part".

"Nul doute qu'il saura apporter une réponse conforme aux attentes de ces jeunes, dans le respect des institutions", ajoute le ministre dans un entretien avec Les Echos.

Le chef de l'Etat a affirmé à plusieurs reprises ces derniers jours sa "pleine confiance" en Dominique de Villepin.

Sa dernière intervention remonte à vendredi dernier, à l'issue du sommet européen de Bruxelles. Il avait alors exclu tout retrait du CPE, refusant les "ultimatums" de la rue.

Signe révélateur de la tension, le Premier ministre a fait mercredi un lapsus devant l'Assemblée nationale, évoquant la "démission" du Conseil constitutionnel avant de se reprendre et de parler de "décision".

Dans la soirée, Dominique de Villepin s'est montré déterminé, lors d'une brève allocution dans la cour de Matignon à l'issue d'une réunion avec trois organisations étudiantes.

"Face au chômage des jeunes, je ne baisserai pas les bras", a déclaré le Premier ministre, qui a insisté sur la nécessité du "dialogue" pour sortir de la crise du CPE.

En mobilisant mardi entre un et trois millions de manifestants dans toute la France, les syndicats et les jeunes hostiles au CPE ont fait la démonstration de leur puissance dans le bras de fer qui les oppose au Premier ministre.

Dans une déclaration publiée mercredi après une réunion à Paris, les douze organisations syndicales opposées au CPE estiment "urgent que les plus hautes autorités de l'Etat prennent la mesure de la situation".

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Fred 30/03/2006 21:38

Vu ce soir dans le reportage d'ENVOYE SPECIAL consacré aux manifestations autour du CPE:
La semaine dernière, avant de répondre à l'invitation du Premier Ministre, le leader de l'UNEF, Bruno Julliard, a appelé au téléphone Nicolas Sarkozy !!!
Bizarre, non?

richard 30/03/2006 15:00

Comment la gauche et les syndicats peuvent ils encore se regarder en face ??? surtout quand on est a l'origine d'une loi comme les 35 heures,

guillaume 30/03/2006 14:48

Je tiens a apporter mon soutiens au premier ministre, il ne faut pas écouter ce que l'on nous fait croire la Gauche car elle n'a qu'un seul objectif, les élèctions de 2007 et la gauche étant en manque de propositions le seul moyen pour elle d'y arriver est de berner les francais, c'est déplorable mais ca marche, (en apparence en tout cas) mais ne nous y trompons pas, les francais ne sont pas idios. de plus j'invite les opposants au CPE et CNE a ne pas s'en tenir a dire, "les patrons nous virent quant ils veulent" je trouve cette analyse un peu légère mais celà prouve que ces personnes devraient prendre un peu plus connaîssance de ce qu'est vraiment le CPE, (a moins que leur but soit uniquement politique et stratégique)dans ce cas il est de bonne guerre de cacher la vérité et de monter les français mais là c'est aux français de juger)

losange amelie 30/03/2006 14:47

le plus triste dans cette affaire est la manière dont la gauche surfe sur la vague contestataire, ce qui lui évite (pour un temps) d'avoir à réfléchir afin de faire des propositions concrètes. il y a trop peu d'hommes politiques ayant suffisamment de courage pour des réformes pas forcément populaires mais nécessaires, face à des syndicats plus préoccupés à défendre leurs intérêts et leur représentativité que les réels droits des salariés. il est temps d'arreter de se complaire dans la victimisation, de regarder les choses en face, afin d'affronter les problèmes structurels de notre société; problèmes que la gauche n'a jamais voulu affronter (faute de courage et de vision à long terme). le premier ministre ne doit pas céder.

Marie 30/03/2006 14:40

je soutiens entièrement De Villepin, il traverse un moment difficile il a besoin justement de notre soutien, la gauche et les syndicats manipulent les jeunes juste pr emmerder le gouvernement qui est du parti opposé et c'est vraiment nul, ils sautent sur chaque occasion pour lui tirer dans les pattes, ça n'est pas en faisant une "gueguerre" minable de parti que la France avancera!