Le CPE validé par le Conseil constitutionnel, déclaration de Chirac à 20h

Publié le par rezeid

Le a validé jeudi la loi créant le contrat première embauche, que Jacques Chirac devrait certainement promulguer tout en proposant de négocier à des syndicats toujours résolus à combattre ce CPE.

M. Chirac annoncera ses choix vendredi à 20H00, dans une allocution radio-télévisée et tentera d'apaiser la crise sociale ouverte autour du CPE.

L'Elysée n'a donné aucune indication sur le contenu de la déclaration radio-télévisée du chef de l'Etat, mettant cependant en garde contre les rumeurs qui circulent sur les choix présidentiels.

Ce type d'intervention sur toutes les chaines est rare et témoigne de l'ampleur de la crise. Hormis les traditionnels voeux télévisés du 1er janvier, la précédente remonte au 14 novembre, en pleine crise dans les banlieues.

Plusieurs scénarios ont couru jeudi parmi les députés et dans les cercles ministériels: des "Etats généraux" avec les partenaires sociaux, nomination d'un médiateur...

L'opposition et les syndicats ont immédiatement mis en garde contre le risque d'aggravation de la crise si Jacques Chirac promulgue la loi litigieuse.

"La seule décision qui vaille pour Jacques Chirac" est "de provoquer une nouvelle lecture (devant le parlement), sinon ce serait l'épreuve de force", a averti le Premier secrétaire PS François Hollande.

Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, a carrément vu dans la validation du CPE une "déclaration de guerre à la jeunesse et aux salariés".

Pour les syndicats qui préparent une nouvelle journée d'actions le 4 avril, le retrait du CPE reste l'objectif.

Ce qui fait dire à François Bayrou, président de l'UDF, qu'"on est maintenant devant la crise" et que M. Chirac est face à une "responsabilité extrêmement lourde".

Après les flottements des derniers jours au sein de la majorité et jusque dans les rangs du gouvernement, une promulgation marquerait la solidarité de Jacques Chirac et de son Premier ministre Dominique de Villepin dans leur volonté de ne pas "céder à la pression de la rue".

Mais, même assortie de négociations, elle signifierait une fin de non-recevoir à tous ceux qui ont appelé le président à ne pas promulguer la loi et à demander au Parlement une nouvelle délibération.

Les appels en ce sens sont venus de tous côtés dès l'annonce de la décision des Sages, en particulier de la gauche dont les dirigeants se réunissent vendredi pour une déclaration commune contre le CPE.

Le leader PS François Hollande a aussitôt mis en garde, en cas de promulgation, contre une "épreuve de force", un choix qui, selon les Verts, "serait irresponsable".

Pour le président de l'UDF François Bayrou, une promulgation risque de provoquer "une brusque montée de tension dans le pays".

Alors que l'UMP n'a pas souhaité commenter la validation de la loi, Philippe de Villiers (MPF) a appelé au "rétablissement de l'ordre public".

Bernard Thibault (CGT) a jugé qu'une promulgation ne ferait qu'"envenimer la crise". Selon FO, "tout maintien du CPE relèverait du passage en force". François Chérèque (CFDT) a demandé une deuxième délibération sur la loi, faute de quoi il "craint une augmentation de la radicalité".

Côté étudiants Bruno Julliard (Unef) n'est "ni déçu ni surpris" de la validation la loi. La Fage a souligné un risque de "crise jamais vue".

En déplacement à Rome, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui avait rencontré dans la matinée à Matignon M. de Villepin, a déclaré que "ce serait une erreur de croire que la France est rétive au changement".

La mobilisation pour une nouvelle journée d'actions mardi 4 avril s'est poursuivie, avec l'appel à la grève dans les transports (Air France, RATP, SNCF) et la fonction publique, enseignants notamment.

Etudiants et lycéens ont multiplié les blocages de lycées, mais aussi de routes et voies ferrées, avec des dizaines d'interpellations à la clef.

Une soixantaine d'universités restaient perturbées, de même que des centaines de lycées, malgré les appels du ministre de l'Education nationale Gilles de Robien aux présidents d'universités.

Publié dans Jacques CHIRAC-DDV

Commenter cet article