Villepin sort renforcé sur le domaine de l'emploi

Publié le par rezeid

Le chômage est reparti à la baisse en France en février, mais la légère diminution de 10.100 du nombre des demandeurs d'emploi n'empêche pas le taux de chômage de se maintenir à 9,6% de la population active.

Les jeunes restent de loin les plus touchés, selon les chiffres corrigés des variations saisonnières diffusés jeudi soir par le ministère du Travail.

Le taux de chômage s'établit à 22,2% pour les moins de 25 ans présents sur le marché du travail, alors qu'il est de 8,8% pour les 25 à 49 ans et de 6,6% pour les plus de 50 ans.

En pleine crise du contrat première embauche, dont le Premier ministre Dominique de Villepin veut faire une pièce maîtresse contre le chômage des jeunes, le nombre des demandeurs d'emploi de moins de 25 ans est cependant en recul pour le cinquième mois consécutif.

Par rapport à janvier, il décroît de 0,3%.

Globalement, les chiffres du chômage sont en baisse depuis onze mois en France, à l'exception d'une légère hausse en janvier.

Le taux de chômage recule de 0,5 point sur un an. En mars 2005, il était de 10,2%.

Fin février, le nombre des demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE s'établit à 2.319.200, soit une diminution de 0,4% par rapport à janvier. Sur un an, il baisse de 6,3% (-7,0% pour les hommes et -5,5% pour les femmes).

A la suite de la révision annuelle sur 2005, les chiffres de janvier sont en outre revus à la baisse. La hausse du nombre des demandeurs d'emploi en janvier est ramenée à 6.300 (contre +16.300 publié le 28 février), ce qui correspond à une variation mensuelle de +0,27% (contre +0,7%).

"Ces chiffres nous confortent dans l'idée que la baisse du chômage (en France) est une tendance lourde", dit-on à Reuters au ministère de l'Emploi, en ajoutant que la hausse de janvier relève d'un "micro-accident".

Les chômeurs de longue durée ne profitent pas de la reprise de l'embellie.

En février, le nombre de ceux inscrits à l'ANPE depuis au moins un an augmente de 0,2%. Parmi eux, le nombre des chômeurs inscrits depuis un à deux ans est stable, alors que le nombre de ceux inscrits depuis deux à trois ans s'accroît de 1,0%.

CHÔMAGE DES JEUNES ET CNE

Au ministère de l'Emploi, on relève plusieurs signes "encourageants". On note notamment que les sorties de l'ANPE pour reprise d'emploi déclarée progressent de 3,1% en février, tandis que les sorties pour entrée en stage diminuent de 5,5%.

Après la polémique des derniers mois sur une intensification des radiations administratives de l'ANPE, on remarque aussi que celles-ci reculent de 0,7% pour la période de janvier à mars 2006 comparée à la même période de 2005.

En revanche, les offres d'emploi déposées à l'ANPE baissent pour le troisième mois consécutif. Leur nombre a diminué de 4,2% en février et, sur un an, leur hausse n'est plus que de 1,9%.

Notamment, le nombre des offres pour des contrats de plus de six mois, catégorie qui comprend les offres en "contrat nouvelles embauches" (CNE), créés en août par Dominique de Villepin, affiche une baisse de 22.686 en février.

Alors que l'emploi salarié, même s'il est reparti à la hausse à partir du second semestre 2005, n'a affiché que 52.300 créations de postes l'an dernier, le recul du chômage continue de s'expliquer en grande partie par les contrats aidés du plan Borloo de cohésion sociale.

Selon le gouvernement, la montée en charge de ces emplois subventionnés, destinés prioritairement aux chômeurs de longue durée et aux jeunes sans formation, entrait pour un tiers environ dans la décrue sensible des chiffres du chômage au dernier trimestre 2005.

Le taux de chômage des jeunes est en reflux de 0,9 point par rapport à la fin mars 2005. Il s'établissait à 22,8% à la fin janvier, contre 23,1% fin mars, avec un pic à 23,5% fin mai.

Alors que quelque 150.000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans qualification ou sans diplôme et que nombre d'entrepreneurs dans l'industrie et l'artisanat déplorent un déficit d'orientation scolaire et de formation, le plan Borloo mise aussi sur le développement de l'apprentissage.

Fin 2005, le ministère de l'Emploi affichait 380.000 apprentis contre 365.000 en 2004, l'objectif étant de parvenir à 500.000 en 2009.

A ces dispositifs, le gouvernement fait valoir que s'ajoute un impact notable du CNE, dont le cumul sur six mois s'établissait à 355.000 à la fin février.

Les pouvoirs publics doivent cependant encore évaluer l'effet d'aubaine de ces nouveaux contrats réservés aux très petites entreprises, c'est-à-dire la part de CNE conclus à la place de contrats à durée indéterminée (CDI) classiques.

Publié dans Divers

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