Chirac promulgue la loi

Publié le par rezeid

Tout en considérant qu’une « loi votée doit être respectée », le président de la République a demandé vendredi soir au gouvernement de préparer une « nouvelle loi » afin de répondre aux attentes des anti-CPE concernant la réduction de la période d’essai de deux ans et la justification des motifs de rupture du contrat.

 
Photo France2/AFP  Jacques Chirac a décidé vendredi soir de promulguer la loi sur le contrat première embauche (CPE). Toutefois, le texte sera « en pratique » suspendu jusqu'au vote d'une « nouvelle loi » destinée à améliorer « les points qui ont fait débat », selon l’expression du président de la République.
 
En résumé, la durée de la période d'essai de deux ans «sera réduite à un an» et «en cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi», a-t-il assuré.
 
L’intervention présidentielle n’a pas convaincu, loin s’en faut, les organisations syndicales. « Jacques Chirac n’a pas répondu à nos demandes. Nous maintenons plus que jamais notre appel à une journée de grèves et de manifestations, le mardi 4 avril », déclare Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, parle d’une « déclaration incompréhensible et inacceptable ».
 
Si Nicolas Sarkozy « salue une décision sage et conforme à ce que l’immense majorité des parlementaires de l’UMP souhaitaient », François Hollande (PS) considère que le chef de l’Etat «a raté l'objectif qui devait être le sien, apaiser, faire comprendre une position de justice et de réconciliation». Retour sur les principaux points de l’intervention de Jacques Chirac.
  
Le malaise des jeunes
  
« Depuis plusieurs semaines, des interrogations, des appréhensions, des critiques se sont élevées autour du contrat première embauche. Je veux dire aux Français, je veux dire aux jeunes, que je mesure l'impatience de toutes celles et tous ceux qui veulent travailler et réussir et qui n'arrivent pas à prendre pied dans l'entreprise alors qu'ils ont tant d'énergie, de projets et de talents à exprimer. Je comprends bien sûr aussi le refus de la précarité qui s'est fortement exprimé. »
 
« Depuis plusieurs semaines, le dialogue n'a pu aboutir et la situation est restée bloquée autour de la question du retrait ou du maintien de ce texte. Il est temps de dénouer la situation en étant juste et raisonnable, avec comme exigence l'intérêt national. En République, quand il s'agit de l'intérêt national, il ne saurait y avoir ni vainqueur, ni vaincu. Nous devons maintenant nous rassembler. »
 
 La promulgation et les modifications de la loi
  « Le Parlement, les élus de la Nation, ont voté la loi et le Conseil constitutionnel vient de juger cette loi conforme aux principes et valeurs de la république. En démocratie, cela à un sens. J’ai décidé de promulguer cette loi, (…) parce que je pense que le CPE peut être un instrument efficace pour l’emploi. »
 
« J'ai entendu (...) les inquiétudes qui s'expriment, chez de nombreux jeunes et chez leurs parents. Et je veux y répondre. C'est pourquoi je demande au gouvernement de préparer immédiatement deux modifications de la loi sur les points qui ont fait débat. La période de deux ans sera réduite à un an. En cas de rupture du contrat, le droit du jeune salarié à en connaître les raisons sera inscrit dans la nouvelle loi. »
 
« Je demande au gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour qu'en pratique, aucun contrat ne puisse être signé sans intégrer pleinement l'ensemble de ces modifications. »
  
Syndicats
 « Je veux m'adresser aux partenaires sociaux. Je sais leur sens des responsabilités. Je sais leur engagement pour l'emploi. Je sais leur attachement aux valeurs de la République. Je sais leur volonté de donner toute sa place à un dialogue social constructif dans notre pays. Je les invite, ainsi que les représentants des organisations étudiantes et lycéennes, à prendre toute leur part dans l'élaboration de ces nouvelles dispositions.
 
Je veux leur dire que le moment est venu d'aller de l'avant. Ensemble nous devons travailler pour mettre fin à cette situation choquante où des entreprises, parce qu'elles craignent les rigidités excessives, préfèrent refuser une commande ou délocaliser plutôt que de recruter, alors que tant de personnes sont enfermées dans le chômage et la précarité. Mais nous devons répondre aussi à l'aspiration des salariés à plus de sécurité dans un monde du travail en perpétuelle évolution. C'est tout l'enjeu du grand chantier de la sécurisation des parcours professionnels et de la lutte contre la précarité que je demande au Gouvernement de conduire avec les partenaires sociaux. »
 
 
Débat sur les liens université-emploi
 
« Beaucoup d'étudiants ont exprimé de vraies inquiétudes sur la valeur de leur diplôme, sur leur accès à l'emploi, sur leur avenir. L'université doit rester un lieu d'excellence et la voie d'une vraie réussite sociale. Je demande au Premier ministre et au gouvernement d'ouvrir un grand débat national sur les liens entre université et emploi, afin de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes. »
 
 Manifestations anti-CPE
 Les manifestations « ont servi de prétexte à des actes de violence et à des dégradations inacceptables ».
 

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marie blandin 01/04/2006 15:11

j'ai apprecié le discours de Mr Chirac, j'approuve tout à fait ce que fait Villepin et pense que la plus grande partie dela gauche a d'abord pour but de faire tomber le gouvernement pour prendre sa place et aucun projet commun pour guerir les maux de notre pays.