Villepin : "Je mènerai la bataille de l’emploi jusqu’au bout"

Publié le par rezeid

Pour sa neuvième conférence de presse mensuelle, le premier ministre, fragilisé par la crise du CPE, a fait montre d’un volontarisme sans faille. S’il reconnaît avoir voulu « aller vite », il prône « l’apaisement » : « Nous avançons désormais dans le souci de renouer les fils ».

 
Photo François Bouchon/Le Figaro  Alors que les syndicats ont entamé des discussions avec le groupe parlementaire UMP, avec comme revendication principale l’abrogation du texte, Dominique de Villepin a affiché sa détermination dans la conduite du navire gouvernemental. Voici les moments forts de son intervention.
  
11h10, la salle est comble. Entouré de ses ministres Thierry Breton (Economie), Gilles de Robien (Education), François Goulard (Enseignement supérieur) et Catherine Vautrin (Cohésion sociale et Parité), Dominique de Villepin entame son discours : « Vous me permettrez de faire le point sur la situation difficile que traverse notre pays. Où en est-on ? ». Le premier ministre rappelle que toutes les négociations s’effectuent « sous l’autorité du président de la République ». Puis il évoque « la priorité immédiate : l’apaisement ». Et souhaite que « chacun exerce ses responsabilités, dans le respect des règles républicaines ».
 
Dominique de Villepin édicte « trois clés » : le droit universel à la formation, un an après la signature d’un premier contrat ; le renforcement de l’accompagnement personnalisé, avec un agent suivant 15 jeunes, au lieu de 25 actuellement ; enfin, limiter les abus des stages et des CDD.
 
 Lisant ses notes, le chef du gouvernement souhaite tirer quatre leçons de la crise actuelle. « Première leçon, nous nous sommes attaqués au nœud de l’anxiété française : le chômage des jeunes. Deuxième leçon, j’ai voulu aller vite, c’est vrai, mais la méthode rejoint le fond. Est-ce que les partenaires sociaux sont prêts à reconnaître que la flexibilité est nécessaire ? Troisième leçon, notre modèle social n’est pas assez ouvert aux plus démunis. Quatrième leçon, politique, c’est que la majorité a montré qu’elle était unie et qu’elle refusait toute forme d’immobilisme ».
 
 Dominique de Villepin lance ensuite ses « trois chantiers nouveaux » :
 
-la sécurisation des parcours professionnels, avec une discussion « souhaitée, dès que la crise sera terminée »
 
-la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, avec la volonté d’ouvrir « une concertation approfondie, en confiant une mission au président d’Emmaüs, Martin Hirsch, en liaison avec les collectivités territoriales ».
 
-le renforcement des liens entre universités et emploi, pour lutter contre la mauvaise orientation d’une majorité de jeunes, ou l’absence de débouchés. Là encore, Villepin parle d’un « grand débat ouvert par Gilles de Robien, auquel je souhaite voir intervenir toutes les organisations étudiantes ».
  
Place ensuite aux questions des journalistes.
 
 11h31, première question sur le retrait du CPE.
 
« Nous avons ouvert un dialogue, laissons-le se dérouler. Nous avons fait des propositions, voté une loi, marqué notre engagement. Qu’il y ait des propositions, qu’elles s’expriment et puis nous verrons ».
 
 11h35, deuxième question, sur la menace de démission qu’aurai agité le premier ministre , mercredi à l’Assemblée nationale. « Je vais essayer de répondre le plus franchement : je mènerai la bataille de l’emploi jusqu’au bout ». En ce qui concerne le gouvernement, il assume sa responsabilité. « Dans la difficulté, nous avons besoin d’imagination. Les moyens employés peuvent vous paraître originaux, mais ils ne sont pas nouveaux. Enfin, quoi de plus normal que d’avancer ensemble, gouvernement et majorité réunis ».
 
 A celui qui lui demande si le CPE est mort, il répond : « Il faut se garder de toute conclusion hâtive ». Et son destin présidentiel ? « Hormis la volonté, qu’y a-t-il ? Le temps de la campagne viendra », lâche-t-il, citant Régis Debray et son « refus de l’instantanéité ».
  
A-t-il des regrets ? « Le principal, c’est de voir que nous avons fait face à des difficultés majeures. J’ai voulu aller vite, car je suis soucieux d’apporter des réponses à nos concitoyens ». Dominique de Villepin contre-attaque : « Je n’ai pas eu assez de propositions, par exemple du PS, dans le domaine de l’emploi. Je n’ai pas d’amour propre en la matière. Nous avançons désormais dans le souci de renouer les fils ».
  
 11h45. Une journaliste de la chaîne américaine Bloomberg évoque le lapsus du premier ministre à l’Assemblée la semaine dernière, lorsqu'il a employé « démission » à la place de « décision ». « Je n’ai pas utilisé le mot démission, c’est ma langue qui l’a laissé siffler. Je le redis, je mènerais ma mission jusqu’au bout. Les rumeurs sont facilement colportées, mais rarement vérifiées ». Puis il attaque le journaliste Franz-Olivier Giesbert, qui dit-il, lui a attribué des « phrases vulgaires » dans son dernier ouvrage. « Je crains que l’imagination du romancier ait bousculé la rigueur du journaliste ».
 
 11h50. Interrogé sur Nicolas Sarkozy, le premier ministre se contente de décrire « l’une des fiertés de (son) gouvernement, c’est que chacun à sa place donne le meilleur de lui-même, comme à l’époque des émeutes en banlieues. L’histoire est pleine de perdants et de gagnants. Puis, avec le recul du temps, les rôles changent ».
 
 12h05. Fin de la conférence de presse.
 

Photo François Bouchon/Le Figaro
 
 
 
 

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