Villepin sera au rendez-vous

Publié le par rezeid

Les marges de manoeuvre de Dominique de Villepin semblent limitées pour les prochains mois, quels que soient les scénarios de sortie de crise du CPE, alors qu'il promet de poursuivre son action dans le cadre d'une "année utile" jusqu'à l'élection présidentielle.Le Premier ministre devra s'employer à "régler les problèmes, à démontrer une grande stabilité" en continuant de lancer "une série de chantiers économiques et sociaux", avance le député villepiniste Georges Tron.

 

En projetant une image "ferme, mais pas butée", il montrera "qu'on ne peut pas laisser un pays en jachère pendant un an" jusqu'aux échéances de 2007 et devra s'adosser aux chiffres encourageants, selon lui, de l'économie pour "insuffler de l'optimisme", affirme-t-il.

 

Mais "le chemin est étroit" pour le chef du gouvernement, "son image étant très largement écornée", souligne Jérôme Fourquet, directeur d'études à l'IFOP.

 

Sortant de la crise, Villepin "va essayer de faire quelques annonces de mesures périphériques", avance Guy Groux du Cevipof, pour qui "sa politique de réforme sera très fortement freinée". Il va avoir "besoin de donner l'impression qu'il est aux commandes", mais "son année utile est bien compromise", ajoute-t-il.

 

"J'ai bien peur que l'année utile" se transforme en une "année parfaitement inutile", s'inquiète Dominique Dord, député UMP "non-aligné" dans la rivalité Villepin-Sarkozy.

 

Matignon prévoit de renouer prochainement avec la publication de l'agenda hebdomadaire du Premier ministre, suspendue depuis plus de deux semaines, et la reprise de ses déplacements en région et à l'étranger.

 

M. de Villepin a plaidé jeudi pour "l'action", la "détermination" et la "volonté" lors de sa conférence de presse mensuelle, en se fixant pour les mois à venir trois "chantiers nouveaux": "sécurisation des parcours professionnels", "lutte contre l'exclusion" et "renforcement des liens université-emploi".

 

Pour M. Fourquet, il veut rester "l'incarnation d'un certain volontarisme" et tenter de "se reconstruire par le terrain en se réimpliquant" dans le quotidien des Français.

 

Il devrait relancer des "dossiers en souffrance", comme le tabac dans les lieux publics ou les biocarburants, et poursuivre son action contre le chômage, pour "redorer son blason en tant que Premier ministre en exercice" et se reconstruire "légitimité et crédibilité".

 

Le chef du gouvernement pourrait essayer de tirer son épingle du jeu en insistant sur l'idée qu'il travaille, lui, au service des Français, pendant que d'autres font campagne. Le départ du gouvernement de son grand rival Nicolas Sarkozy, annoncé de longue date en vue de la présidentielle, ne fera qu'accentuer cette différence, même s'il pourrait ne pas intervenir avant début 2007.

 

Mais M. de Villepin, rappelle Guy Groux, doit affronter un calendrier "totalement hostile" dans les six prochains mois, entre les congrès de la CGT et de la CFDT pendant lesquels il sera difficile de "faire bouger les lignes", et le coup d'envoi de la campagne dès la rentrée.

 

S'il doit se contenter de "gérer les affaires courantes, dans un contexte de fin de règne présidentiel", l'une des situations les plus désavantageuses pour un Premier ministre, il risque d'être complètement "inaudible" dans la campagne, souligne le politologue.

 

Selon lui, il se retrouverait alors "totalement écarté du débat politique essentiel avec une image de simple gestionnaire", nargué par un Sarkozy "s'employant sans cesse à le déstabiliser".

Publié dans dominiquedevillepin

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