M. de Villepin doit renoncer à concurrencer M. Sarkozy sur le thème de la rupture

Publié le par rezeid

En enterrant le contrat première embauche (CPE), Dominique de Villepin a-t-il abandonné sa promesse de faire de 2006 "une année utile", une année de réformes pour la droite ?

 

Jeudi 6 avril, lors de sa conférence de presse, le premier ministre a fait de "l'apaisement" sa "priorité immédiate". "Il faut trouver une solution acceptable par tous", a-t-il admis, levant le dernier obstacle à l'abandon d'une réforme qui visait à accroître la flexibilité du marché du travail. Après l'intervention de Jacques Chirac, vendredi 31 mars, il ne manquait plus que le renoncement officiel de celui qui en avait fait son chantier principal : "Je ne suis pas quelqu'un de susceptible, je n'ai pas d'amour-propre dans ce domaine (le CPE)."


 
Pressé de tourner la page, le premier ministre a ouvert de nouveaux chantiers. "Ne visons pas la société du risque zéro, qui serait une société immobile, mais une société du risque maîtrisé", a-t-il expliqué. "Notre pays a besoin d'action et de volonté", a-t-il martelé.

Pourtant, les thèmes abordés jeudi - sécurisation des parcours professionnels, lutte contre la pauvreté et l'exclusion et renforcement des liens entre l'université et l'emploi - semblent indiquer que le premier ministre renoue avec son positionnement politique initial - de sauveteur du modèle social français - et renonce à concurrencer Nicolas Sarkozy sur le thème de la rupture. En bon élève du chiraquisme, M. de Villepin tente de ratisser large : "Le dynamisme de la France, c'est un Etat fort et des entreprises performantes (...), des services publics qui protègent et des entreprises qui innovent."

Dans le fond, M. de Villepin croit toujours que "la flexibilité est un moyen nécessaire pour donner un emploi à tous". Mais ses velléités de poursuivre ce mouvement, avec notamment la perspective d'un contrat de travail unique où les droits augmenteraient progressivement, se sont évanouies.

Il a demandé à ses ministres de lui soumettre rapidement des idées de réformes nouvelles, en particulier sur le terrain des sujets de société. Un peu comme lorsque son prédécesseur, Jean-Pierre Raffarin, appelait de ses voeux "le temps de la réforme heureuse".

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raymond charles 10/04/2006 13:32

dommage que le cpe soit remplacé... pour une foie que quelque chose avait été mise en place.