CPE: Villepin ne "baisse pas les bras" malgré son échec

Publié le par rezeid

Dominique de Villepin a déclaré lundi soir sur TF1 qu'il n'avait pas l'intention de "baisser les bras" face au chômage des jeunes malgré son échec sur le contrat première embauche (CPE).
"La réalité, c'est que nous n'avons pas l'intention de baisser les bras face à la situation très difficile des jeunes dans notre pays. Nous allons et nous voulons intensifier les réponses à apporter en ce qui concerne en particulier ceux qui rencontrent le plus de difficultés", a déclaré le Premier ministre.
Le chef du gouvernement a justifié le retrait du CPE, décidé le matin même par Jacques Chirac, par le constat d'une "situation de blocage". "La première responsabilité d'un gouvernement, c'est de trouver les moyens d'en sortir", a-t-il rappelé. S'il faut du "réalisme" et de la "conviction", "il ne faut pas être entêté".
Tirant les leçons de la crise, il a estimé que "deux choses ont pu jouer": le "sentiment de stigmatisation qu'a pu ressentir une partie de la jeunesse alors qu'il s'agissait d'apporter une réponse à ceux qui rencontrent le plus de difficultés", et "le sentiment de profonde précarité (...) avec un élément supplémentaire ressenti par les étudiants dans les universités que leur diplôme n'avait peut-être pas la même valeur qu'autrefois".
Dans un timide mea culpa, Dominique de Villepin a admis avoir voulu "aller vite" et "droit au but" pour "avoir des résultats" contre le chômage des jeunes. "La réponse que j'ai voulu apporter était très directe, très ciblée sur les différents systèmes. Ces peurs, ces inquiétudes ont été plus fortes que la proposition que nous avions faite", a-t-il reconnu, en comparant cette situation au référendum de 2005 sur la Constitution européenne.
Conclusion tirée par le Premier ministre: "il faut savoir contribuer suffisamment à l'évolution des esprits et peut-être traiter pas à pas les problèmes".
Dans cet esprit, il a développé sa proposition aux partenaires sociaux de traiter "trois facteurs de peurs" aux cours des prochains mois "en préalable" à toute réforme du marché du travail: l'insertion des jeunes en difficulté, la sécurisation des parcours professionnels et les problèmes des universités. Le premier point sera traité par la proposition de loi que l'UMP a déposée lundi pour remplacer le CPE. Elle devrait être examinée dès mardi.
"Nous avons devant nous beaucoup de sujets à traiter", a affirmé le Premier ministre, sans toutefois annoncer aucune mesure nouvelle. "En réduisant les peurs (...), nous créerons la confiance qui permettra petit à petit d'avancer".
Plus personnellement, Dominique de Villepin a reconnu avoir traversé "une épreuve". Mais "la première leçon d'une crise, c'est de changer soi-même pour apporter plus de réponses".
Contre toute évidence, il a assuré que le gouvernement et la majorité avaient été "unis" dans cette crise, malgré les tensions entre sarkozystes et villepinistes.
"Nous avons travaillé ensemble et nous continuerons à le faire", a dit le Premier ministre à propos de Nicolas Sarkozy, allant jusqu'à reconnaître que le ministre de l'Intérieur avait "fait du bon travail".
Tout juste a-t-il adressé une petite pique à son rival en disant que le problème du chômage des jeunes "ne se règlera pas d'un coup de baguette magique".
Dominique de Villepin a également affirmé avoir travaillé "dans une totale confiance" avec Jacques Chirac.
Quant à la présidentielle de 2007, le Premier ministre a répété qu'il n'avait "pas d'ambition".

Publié dans Divers

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Camille GERARD 12/04/2006 14:17

Cher DELVAL
j'avoue avoir une certaine difficulté à vous suivre.Que peuvent avoir en commun une horde(troupe d'hommes indicilpliné)et la majorité silencieuse(classes moyennes dont l'opinion concervatrice inexprimée est invoquée).
Plutôt modeste et prudent, ni catégorique ni dicothomique, dans mes distinctions je sais qu'il existe le Gris mais il est terne et sans intérêt. Mais parlons-nous le même language ?
La position du premier ministre, que vous qualifiez" à la hussarde"je l'ai prise plutôt comme une réaction à l'acheminement vers la ruine,l'affaiblissement, l'affaissement, c'est-à-dire la décadence du gouvernement.
Pour nous mettre d'accord citons RENAN
"un gouvernement ne doit ni résister systématiquement à l'opinion ni le suivre aveuglémént"

delval 11/04/2006 17:08

Cher C GERARD la population et l'ame du pays se retrouve parmi les "hordes de manifestants mais aussi dans la majorité silencieuse ; c'est bien cela le reproche qu'il y a lieu de faire à un apprenti sorcier , car lorsqu'on dirige un gouvernement il faut le savoir .Au lieu de tenter de faire passer à la hussarde des projets de loi concernant le social , il y a interet à utiliser la discussion parlementaire et non le 49-3.
De plus vous me semblez bien présomptueux de distinguer le vrai du faux , la vie n'est pas faite de bons et mechants ni de noir et blanc.
Il est necessaire de conserver cet ame contestataire qui a fait avancer notre pays lorsque le besoin s'en faisait sentir face à un pouvoir decadent

Camille GERARD 11/04/2006 14:38

Où est la vrai population, l'âme du pays ?
Mon cher DELVAL. Si pour vous elle se trouve parmi ces jeunes lycéens ignorants et manoeuvrés, ces syndicalistes corporatistes et les oportunistes de l'opposition, fussent ils plus d'un million a défiler en hurlant leur haine,je crains que vous ne puissiez "distinguer le vrai d'avec le faux" et que nous ne trouvions pas dans cette action "l'état de consience commun au peuple français" pour parler de l'âme du pays.
Heureusement que cette âme de la France n'est pas là.

Camille GERARD 11/04/2006 12:55

Certains souhaitent élargir les revendications à toute la loi sur l'égalité des chances et au contrat nouvelle embauche.La "victoire" grisante, face à un gouvernement trop faible, donne à la rue des perspectives au-dela du retrait du CPE.Demain sur un nouvel ultimatum, ils exigerons la démission du premier ministre et celle du président de la république.Par faiblesse de la masse silencieuse et l'oportunisme de l'opposition la rue peut gagner encore.Pauvre FRANCE.

marc d HERE 11/04/2006 12:43

Le CPE est mort tué par Villepin...Un échec de plus, sans doute pas le dernier, pour un premier ministre, peu compétent, mais surtout d'un orgueil et d'une brutalité inouis...N'est pas de Gaulle qui veut.

marc d'Héré
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