Medef, syndicats et gouvernement préparent l'après-CPE

Publié le par rezeid

Les partenaires sociaux se rencontreront prochainement pour fixer un agenda de négociations. Dominique de Villepin lancera mardi un grand débat "Université et Emploi".

Dépasser la crise du CPE. Laurence Parisot n'a pas perdu de temps. Le 11 avril, la présidente du Medef annonçait son "intention" d'inviter les cinq centrales syndicales (CGT, CFDT, CGC, CFTC et FO) à la rencontrer en bilatérales. La missive est déjà partie et le calendrier des rendez-vous est en passe d'être calé. Ainsi, sous réserve de modifications, la CFTC serait reçue le 27 avril, et la CGC pourrait suivre le 3 mai. En tout état de cause, l'ensemble des confédérations devrait s'être rendu au siège du Medef à la mi-mai au plus tard. L'idée de Laurence Parisot est de ne pas laisser retomber le débat sur la flexibilité qui s'est réveillé à l'occasion de la crise du CPE. Son souhait est d'aborder au travers d'une série de discussions ou de négociations "toutes les précarités et toutes les flexibilités", notamment celles autour de la rupture du contrat de travail.

Contenu des discussions. Tous les syndicats ont donné leur accord pour ces rencontres, mais il n'est pas question pour eux de se laisser enfermer dans certains thèmes. "Nous voulons, par exemple, discuter salaires de branche, formation des jeunes, sous-traitance", indique FO. Pour sa part, Jacques Voisin, président de la CFTC, prévient : "La liste des sujets abordés sera déterminante. Si Laurence Parisot ne veut parler que flexibilité, cela prouvera qu'elle n'a rien compris à la crise du CPE. Nous ne sommes pas contre des évolutions mais encadrées par de nouvelles sécurités pour le salarié." Pour ce faire, hier, la centrale d'obédience chrétienne a présenté un opuscule intitulé le Statut du travailleur : la sécurisation des parcours de vie, regroupant une trentaine de propositions concrètes, comme l'instauration pour les jeunes "d'un chèque formation inversement proportionnel aux années d'études" ou une modulation des cotisations chômage patronales en fonction de la nature du contrat de travail. Bien entendu, CGT, CFDT et CGC auront aussi des choses à dire sur la sécurisation des parcours professionnels. Bref, si le Medef et les syndicats semblent disposés à renouer les liens, en revanche, ils vont avoir beaucoup plus de mal à s'entendre sur le contenu des discussions.

Côté gouvernement, on ne reste pas inerte non plus. Le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, qui n'a jamais caché ses réserves sur le CPE, compte lui aussi tourner la page en donnant un certain retentissement au lancement de la phase d'expérimentation sur sept sites pilotes du "contrat de transition professionnel" (CTP).

"Flexsécurité" à la française. Jean-Louis Borloo considère ce nouveau dispositif de réinsertion, qui assure 80 % de son ancien salaire à un salarié licencié économique, comme les prémisses de ce que pourrait être une "flexsécurité" à la française.

Reste Dominique de Villepin. Désireux de reprendre la main sur le terrain social, le Premier ministre n'exclut pas de recevoir prochainement les organisations syndicales. Déjà, symboliquement, mardi prochain, il donnera à la Sorbonne le coup d'envoi du grand débat national "Université et Emploi" qui va être mené dans chaque académie et où interviendront des représentants du patronat et des syndicats

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