Jean-Louis Debré accuse Nicolas Sarkozy de courir après l'électorat "le plus extrémiste"

Publié le par rezeid

Le président UMP de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré a critiqué dimanche les propos de Nicolas Sarkozy sur l'immigration et l'a accusé de "courir après un électorat: le plus extrémiste".

"Je ne veux polémiquer avec personne, ce n'est pas ma personnalité, mais je ne reprendrai ni la formulation ni l'esprit de ces phrases", a souligné Jean-Louis Debré lors du Grand Jury "RTL-LCI-Le Figaro".

Samedi, le président de l'UMP avait déclaré devant des centaines de nouveaux adhérents de son parti réunis à Paris: "si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter".

"La politique s'est, pendant longtemps, résumée à des petites phrases totalement inutiles: nos concitoyens en ont assez de ces petites phrases cinglantes qui veulent tout dire et rien dire et on se fait plaisir", a-t-il déploré. "Le vrai problème -c'est là que je crois que le ministre de l'Intérieur a raison- c'est qu'il y a nécessité (de passer) d'une immigration subie à une immigration choisie".

"Je dis des choses voisines" de Nicolas Sarkozy mais "sans blesser et sans vouloir courir après un électorat (...) le plus extrémiste", a lancé le président de l'Assemblée nationale.

Mais "n'oublions jamais que derrière les problèmes, il y a des hommes et des femmes, des gens qui souffrent et qui hélas sont obligés de quitter leur pays alors qu'ils voudraient y rester", a analysé M. Debré. "Essayons de faire cela avec un peu d'humanité."

Interrogé sur la place de Nicolas Sarkozy dans le gouvernement, le député de l'Eure s'est déclaré "inquiet sur le fonctionnement des institutions de la Ve République". "Il y a beaucoup de difficultés dans un gouvernement où le numéro deux est le chef du parti majoritaire et semble avoir en tant que tel une politique différente de celle suivie par le gouvernement auquel il appartient".

"C'est une gymnastique qu'on a bien connue sous la IIIe et la IVe République qui a abouti à une instabilité gouvernementale (...) et au déclin de la France", a prévenu ce proche de Jacques Chirac. "J'ai un peu le sentiment que, dans les déclarations du président de l'UMP, il se permet un certain nombre de critiques à l'égard du Premier ministre ou du gouvernement: ce n'est pas sain."

Le député de l'Eure a d'autre part assuré que Dominique de Villepin pouvait "tout à fait" être candidat à l'élection présidentielle. Par contre, "il ne sait pas" si Jacques Chirac pourrait à nouveau se présenter à la course à l'Elysée.

Publié dans Divers

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