Ces chantiers que le premier ministre aborde désormais avec prudence

Publié le par rezeid

Protection sociale, droit du travail, modernisation de l'État, plusieurs réformes seront revues à la baisse.

 
 PLUSIEURS DOSSIERS sont sur la table du premier ministre. Certains sont prêts et n'attendent que sa décision, d'autres ne sont encore qu'à l'état d'ébauche.
 
Tabac. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a été chargé par Dominique de Villepin de mener une consultation «sur plusieurs mois», afin de préparer les esprits à une interdiction de fumer dans les lieux publics. De fait, cette interdiction aurait pu être décidée plus rapidement, n'était-ce l'opposition des débitants de tabacs relayée par les parlementaires. Le sujet n'est donc pas complètement enterré, mais a du plomb dans l'aile.
 
Privatisations. Outre la privatisation de GDF – dans le cadre de sa fusion avec Suez –, le gouvernement doit mener celle de l'entreprise Aéroports de Paris (ADP) qui gère les aéroports d'Orly et de Roissy. La première est un peu en suspens, pour cause de congrès de la CGT, syndicat majoritaire à GDF, celle d'ADP semble en bonne voie : en dehors de FO, les syndicats n'ont pas protesté. Mais l'ouvrage de Philippe de Villiers, qui affirme que les aéroports sont une plaque tournante pour les islamistes, devrait faire monter une polémique sur les bien-fondés de cette privatisation.
 
Réforme de la justice. Le gouvernement s'est engagé à tirer toutes les conséquences du drame d'Outreau, en menant une réforme de la procédure pénale. Le ministre de la Justice, Pascal Clément, plaide pour une décision rapide. Mais, à l'UMP, beaucoup suggèrent d'en faire un thème de campagne électorale.
 
Protection sociale. Jacques Chirac a promis une réforme d'ampleur sur le financement de la protection sociale, qui pèse aujourd'hui essentiellement sur les salaires. Le ministre de la Sécurité sociale, Philippe Bas, affirme qu'il y aura trace d'une réforme dans le budget de financement de la Sécurité sociale pour 2006. Un rapport parlementaire devrait être remis au premier ministre. Mais ce dernier, qui n'était pas favorable à un changement en profondeur, pourrait décider d'une réforme a minima.
 
Flexibilité du travail. Dominique de Villepin avait prévu une troisième conférence sur l'emploi, en juin. Mais le CPE a montré toute la difficulté de réformer le Code du travail. Les relations avec les syndicats sont par ailleurs à reconstruire.
 
Réforme de l'Université. La crise du CPE a aussi mis en lumière les insuffisances des formations universitaires, et l'angoisse des étudiants face au marché du travail. Il y a quelques mois, Gilles de Robien, le ministre de l'Éducation, et François Goulard, ministre de l'Enseignement supérieur, avaient préparé des mesures d'amélioration du statut étudiant. Mais les grèves ont mis à mal leur plan. Aujourd'hui, Dominique de Villepin lance un débat national sur les liens entre l'université et l'emploi. Le but : «déboucher sur des propositions concrètes à l'automne».
 
Réforme de l'État et budget. Le premier ministre va devoir rendre des arbitrages en juin. Il avait indiqué que le budget de l'État se ferait à croissance zéro. Un objectif difficile à atteindre.
 

Publié dans Divers

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