Après le CPE, Villepin veut remonter la pente

Publié le par rezeid

Le premier ministre lance aujourd'hui à la Sorbonne le débat national «Emploi-université».

 
Le premier ministre veut oublier le CPE...  TOUT UN SYMBOLE. En recevant discrètement et séparément, en fin de semaine dernière, Bruno Julliard, Julie Coudry et Karl Stoeckel, les trois figures de proue de la contestation étudiante et lycéenne anti-CPE, Dominique de Villepin a fini par admettre son erreur. A sa façon, le premier ministre a donc concédé son manque de concertation. Et tourné à sa façon la douloureuse page du contrat première embauche. Contrat qu'il a dû se résoudre à abandonner sous la pression de la rue, de la gauche et d'une partie de sa majorité qui l'a lâché.
 
Depuis, il paie au prix fort ce renoncement. Déjà au plus bas, sa cote de popularité n'en finit pas de dégringoler. Treize points de perdu dans le dernier baromètre Ifop-Journal du dimanche, vingt-huit en quatre mois ! Avec 24% de Français satisfaits et 74% de mécontents, le chef du gouvernement égalise le record absolu de mécontentement de tous les premiers ministres de la Ve République, établi par Jean-Pierre Raffarin à la veille du référendum européen de 2005.
 
A Matignon, il y a belle lurette qu'on ne s'attarde plus à commenter les sondages. Les conseillers du premier ministre avaient même anticipé cette nouvelle secousse : «Juste après le retrait du CPE, ça ne pouvait pas être bon.» Député villepiniste de l'Essonne, Georges Tron renchérit : «Cela prouve que notre électorat était très mobilisé en faveur du CPE. Personne n'est épargné du président de la République au premier ministre en passant par le président de l'UMP.» Hervé Mariton, autre élu villepiniste, le dit sans ambages : «Notre électorat a le blues. Il faut le remotiver en montrant le chemin parcouru depuis 2002. Mais aussi en rappelant ce qui a été fait avant le CPE par le gouvernement Villepin. Nous n'avons pas à rougir de nous.» Jean Leonetti, député des Alpes-Maritimes, prévient : «Cessons de ressasser le passé. Demandons-nous comment on repart ensemble ?»
 
Consultations tous azimuts
 
Dominique de Villepin ne se pose plus cette question. Après «quelques jours de flottement», selon un de ses amis, n'a-t-il pas dit : «On repart.» Se jurant qu'il remonterait la pente, il se relance pas à pas. Un déplacement à Chamonix vendredi dernier. Des consultations tous azimuts à Matignon avec les syndicats et le Medef. Lancement aujourd'hui à la Sorbonne du débat national «Emploi-université». Sans compter un voyage à Londres dans les prochains jours. «Il a des ressources physiques et psychologiques insoupçonnées», avance un de ses récents interlocuteurs convaincu que Villepin n'a rien abandonné de ses ambitions, aussi incroyable que cela puisse paraître.
 
Touché, mais pas coulé donc. Reste que le premier ministre doit trouver le moyen de rebondir s'il veut encore faire de 2006 une «année utile». Il dispose de quelques atouts. La croissance plus forte que prévu devrait entraîner une nouvelle baisse du chômage. La réussite du contrat nouvelles embauches devrait accentuer cette embellie. Plus que la prochaine conférence de presse mensuelle programmée le 4 mai prochain, c'est celle du mois de juin que Matignon prépare avec minutie.
 
Le premier ministre envisage de faire au Parlement une déclaration de politique générale pour dresser son bilan et poser les jalons de son action pour les six derniers mois de l'année. Certains dans la majorité parlent plutôt d'un remaniement du gouvernement. Pour l'instant, l'Élysée et Matignon écartent cette hypothèse. Ce qui n'empêche pas des dirigeants de la majorité, comme l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, de militer pour cette solution. Seul remède, selon eux, pour remobiliser une majorité en plein désarroi.
 
 

Le premier ministre veut oublier le CPE...

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