Loi sur l'immigration: les Eglises chrétiennes font part à Villepin de leurs "réelles inquiétudes"

Publié le par rezeid

Le Conseil d'Eglises chrétiennes en France fait part de ses "réelles inquiétudes" devant le projet de loi sur l'immigration, dans une lettre adressée mardi au Premier ministre Dominique de Villepin.Le Conseil "tient à vous faire part des réelles inquiétudes que soulève ce projet", écrivent le président de la Conférence des évêques de France, le cardinal Jean-Pierre Ricard, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, et le président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, Mgr Emmanuel.

 

Même si le gouvernement a "l'entière légitimité" de proposer un projet sur l'immigration, ses mesures ont "de sérieuses conséquences sur le sort qui sera réservé à tant d'hommes et de femmes à la situation fragile".

"La création de la carte +compétences et talents+ risque d'entraîner une inégalité forte suivant les catégories de personnes: que penser de cet encouragement à la venue de migrants diplômés ou de haut niveau alors que la situation des autres est rendue plus difficile?".

 

Les Eglises rappellent que le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a promis d'étudier des amendements sur le maintien de la carte de séjour en cas de rupture du contrat de travail, les délais de recours juridictionnels et la protection des femmes victimes de violence conjugales.

 

Mais elles soulignent plusieurs autres points qui soulèvent leurs inquiétudes, touchant aux sans-papiers, au regroupement familial et aux demandeurs d'asile.

 

Le projet ne contient "que des mesures qui auront pour effet de restreindre encore les possibilités de régularisation" des sans-papiers. "Ce signal restrictif nous inquiète dans la mesure où il ne pourra que maintenir dans la précarité administrative et sociale de trop nombreuses personnes", alors qu'il est "irréaliste d'un point de vue pratique et problématique sur le plan humain" de ne leur proposer qu'un retour au pays d'origine de gré ou de force.

 

Ensuite, il aura pour conséquence "de fragiliser ou de retarder le regroupement de familles étrangères ou de couples mixtes et de laisser des familles entières dans une longue incertidude quant à leur possibilité de s'établir durablement en France".

 

Pour les demandeurs d'asiles, "la protection que nous leur devons risque d'être affaiblie par l'extension de la liste des pays dits +d'origine sûrs+", alors que le risque existe de voir ceux accueillis dans les Cada (centre d'accueil pour demandeurs d'asile) maintenus dans une "extrême précarité" en raison d'une diminution de l'accompagnement.

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