Villepin cherche à se relancer en avançant dans le "consensus"

Publié le par rezeid

Après son échec sur le CPE, Dominique de Villepin cherche à repartir de l'avant avec désormais pour mot d'ordre le consensus, un objectif pourtant écorné dès l'installation mardi de la commission "Université-emploi", boycottée par trois syndicats (CGT, CFDT, CFE-CGC).

A la Sorbonne, lieu emblématique de la contestation des dernières semaines, le Premier ministre a lancé les débats de cette commission en proposant un "nouveau pacte entre l'université et les Français".

Pour son premier discours post-CPE, il a voulu réinvestir le terrain social en proposant notamment que les étudiants boursiers puissent continuer à bénéficier de leur aide "pendant trois mois" après l'obtention de leur diplôme.

Un message en direction des jeunes, chez qui sa chute de popularité est la plus sensible.

"Tout n'est pas figé, tout n'est pas joué d'avance" dans ce débat, a-t-il aussi lancé, comme pour rassurer tous ceux qui lui avaient reproché d'avoir imposé le contrat première embauche à la hussarde, sans concertation.

Reconnaissant des "erreurs" sur ce dossier, son entourage assure que l'objectif du Premier ministre est dorénavant d'avancer "pas à pas", en se donnant "du temps" et en recherchant le "consensus".

Prudence donc de la part du locataire de Matignon, qui a besoin de retrouver de l'oxygène dans les sondages: le rapport d'étape de la commission, attendu en juin, devrait se concentrer sur des propositions qui font l'objet d'un "quasi consensus", comme l'orientation ou l'augmentation du nombre de licences professionnelles.

"Il ne serait pas de bonne politique", insiste son entourage, "de commencer le débat en soulevant les questions qui fâchent" comme la sélection --"un terme à bannir"--, les droits d'inscription ou l'autonomie des universités, même si M. de Villepin s'est clairement prononcé dans son discours pour "une plus grande liberté" des facs.

Reste que la composition même de la commission fait grincer des dents. Dénonçant l'absence de syndicalistes, CFDT et CFE-CGC ont décidé de boycotter son installation. Si elle "ne change pas, cela montrerait que Villepin n'a pas bien compris ce qui s'est passé pendant le mouvement contre le CPE", a prévenu Jean-Louis Walter (CFE-CGC).

Autre fausse note, la réunion a été programmée en plein congrès de la CGT à Lille, d'où l'absence également de la première confédération syndicale.

Si les syndicats, échaudés par la crise du CPE, ne semblent pas décidés à lui faire le moindre cadeau, le Premier ministre n'a visiblement pas non plus complètement tourné la page, faisant part implicitement, au détour de certaines phrases, de son amertume.

"Même en 2006, nous ne cessons de construire et de reconstruire des Bastilles. Je pense que les Bastilles sont dans nos têtes, je pense que les conservatismes ne sont pas toujours là où on croit!", a-t-il ainsi lancé, en affirmant se placer, lui, "résolument du côté du mouvement, de l'adaptation, de la modernisation".

Publié dans dominiquedevillepin

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