Villepin a diligenté l'enquête Rondot

Publié le par rezeid

Dans un entretien à paraître vendredi dans Le Figaro, le premier ministre fait le point sur l’affaire de dénonciations calomnieuses qui secoue l’exécutif français.

 
  «Informé de rumeurs liées aux frégates de Taïwan, avec des conséquences diplomatiques importantes à la clé, j'ai demandé au général Rondot, l'un des meilleurs experts des renseignements et de la lutte anti-terroriste de faire procéder aux vérifications nécessaires», déclare le premier ministre dans Le Figaro à paraître vendredi. Alors ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin aurait fait cette demande au général Rondot, conseiller au ministère de la Défense à ce moment, en janvier 2004.
 
L’affaire Clearstream est une des ramifications de l'affaire des frégates de Taïwan.
 
 
Alors ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin explique qu'il était chargé du respect de l'accord de l'OCDE contre le blanchiment signé à l'initiative de Jacques Chirac en janvier 2000. Ce volet du dossier, précise-t-il, touchait au «problème de la moralisation des grands contrats et de la lutte contre les réseaux mafieux internationaux».
 
 
«Aucune information précise n'a pu être recueillie à l'appui de ces rumeurs. Aucun document d'étape ne m'a été remis et les conclusions m'ont été présentées verbalement à l'automne 2004», affirme le chef du gouvernement. Dominique de Villepin, au Quai d'Orsay depuis mai 2002, est nommé ministre de l'Intérieur en mars 2004.
 
 
« Les choses prennent une tournure nouvelle au printemps 2004 avec la mention de personnalités politiques, d'industriels et de responsables du renseignement dans une liste de titulaires de comptes », poursuit le chef du gouvernement dans Le Figaro.
 
 
Au nombre des personnalités citées dans les envois anonymes transmis en mai et juin 2004 au juge Renaud Van Ryumbeke, chargé du dossier des frégates de Taïwan, figurent notamment Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn, son prédécesseur socialiste à Bercy, Jean-Pierre Chevènement ou encore Alain Madelin.
 
Ils sont accusés d'avoir perçu via Clearstream, une société de compensation luxembourgeoise, des fonds occultes, liés notamment à la vente par Thomson CSF, en 1991, de six frégates à Taïwan.
 
 
« Comme ministre de l'Intérieur, j'ai été amené à demander des vérifications à la DST», indique Dominique de Villepin. L'enquête de la DST a conclu à des faux. « La DST a conclu à l'absence d'éléments concrets et probants sur les auteurs de cette manipulation. J'ai demandé au directeur de la DST de communiquer aux autorités judiciaires les conclusions qui m'avaient été remises », souligne Dominique de Villepin, récusant ainsi implicitement avoir omis de communiquer les informations en sa possession.
 
 
Michèle Alliot-Marie dément avoir « couvert » l'affaire
 
 
Nicolas Sarkozy avait reproché à la DST d'avoir « oublié » de le prévenir que ces documents étaient des faux. « J'ai été informé par le garde des Sceaux, Dominique Perben, et je l'en remercie, que j'étais suspecté. J'aurais aimé être informé qu'on savait que je n'avais pas à être suspecté », a déclaré le ministre de l'Intérieur jeudi soir dans le cadre du journal de 20h00 de TF1.
 
 
Le ministre de l'Intérieur a déjeuné jeudi à Matignon avec le chef du gouvernement qui l'a informé à cette occasion de la teneur de ses propos au Figaro. Avant le déjeuner, Dominique de Villepin avait dénoncé dans un communiqué les « rumeurs » et « les procès d'intention visant l'Etat, les institutions et les services de renseignement ».
 
Convaincu d'avoir été la cible d'une « manipulation » visant à la discréditer dans la perspective notamment de la présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, s'est porté partie civile dans ce dossier le 31 janvier.
 
 
« Ma première préoccupation, c'est que la justice fasse droit à toutes les personnes injustement citées dans cette affaire et qui se sentent légitimement blessées. C'est ce que j'ai dit à Nicolas Sarkozy », précise Dominique de Villepin dans Le Figaro.
 
 
Des perquisitions ont été menées ces deux dernières semaines chez le général Rondot, ainsi qu'au ministère de la Défense. Le général Philippe Rondot a dirigé la DGSE (services secrets), la DST (contre-espionnage) et a travaillé pendant plusieurs années au ministère de la Défense qu'il a quitté en décembre 2005.
 
 
En première ligne, Michèle Alliot-Marie a démenti jeudi avoir été au courant de la manipulation et avoir « couvert » l'affaire, comme l'affirme L'Express. Selon elle, le général Rondot n'aurait enquêté que sur les premières dénonciations du « corbeau » qui ne concernaient alors que des industriels et hommes d'affaires, et non les hommes politiques dont les noms sont apparus ultérieurement.
 

 
 

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