«Une tentative de putsch !» Sarko veut Matignon Chirac n'en veut pas!!!!

Publié le par rezeid

L'Elysée a assuré qu'«il n'est pas question de remaniement» et que Jacques Chirac «fait une confiance pleine et entière» à Dominique de Villepin.

 
Un proche du ministre de l'Intérieur qualifie d'«intox» l'hypothèse selon laquelle Chirac pourrait nommer Sarkozy à Matignon.   JACQUES CHIRAC a beau dire et beau faire, son entourage a beau répéter que le président accorde toujours «une confiance pleine et entière» à Dominique de Villepin, la rumeur d'un départ du premier ministre prospère. Les spéculations ont même connu un regain de vigueur depuis le rendez-vous, vendredi matin à l'Elysée, du chef de l'Etat avec Nicolas Sarkozy. Au point d'alimenter, dans les rangs sarkozystes, le débat sur l'opportunité pour le président de l'UMP d'aller à Matignon à un an de la présidentielle.
 
Samedi, à la lecture de la une du Monde – «Chirac oblige Sarkozy à envisager Matignon» –, l'Elysée a dû se fendre d'un démenti. «Il n'est pas question de remaniement. Pour le président, les choses sont claires. Il fait une confiance pleine et entière à Dominique de Villepin et à son gouvernement pour conduire la mission qu'il lui a confiée au service des Françaises et des Français». Un démenti aux allures de déjà vu, puisque, depuis le début de la tourmente Clearstream, l'Elysée ne dit pas autre chose. Pour Jacques Chirac, soulignent ses proches, deux principes priment tout : «que la justice fasse son travail sereinement et rapidement ; que le gouvernement poursuive son action. Le président sera intransigeant. Il ne faut pas que le gouvernement se laisse détourner de son travail par le tumulte actuel».
 
«Une tentative de putsch !»
 
Quant au rendez-vous Chirac-Sarkozy, il s'agissait du tête-à-tête hebdomadaire du chef de l'Etat et du ministre de l'Intérieur, déplacé au vendredi, le 1er mai et le 8 mai tombant un lundi, jour où il est habituellement programmé. Pas de quoi fouetter un chat, donc.
 
«Le président n'a pas pu signifier à Sarkozy qu'il pensait le nommer premier ministre, parce que ce n'est pas ce qu'il pense», affirme un chiraquien. Un autre est plus tranchant : «C'est une tentative de putsch !». «La réalité, c'est que Sarkozy a envie d'aller à Matignon et a dû faire des offres de service. Les sarkozystes veulent faire croire qu'il y a un rapprochement avec Chirac et qu'aujourd'hui le président soutient Villepin comme la corde soutient le pendu», dit un ministre. A Matignon, on est convaincu que «Sarkozy veut prendre la place de Villepin». Sur Europe- 1, le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé a assuré que «Villepin doit continuer sa mission. Il a beaucoup de détermination et une capacité à tenir dans les épreuves». Cet après-midi, le premier ministre participera à une réunion de travail avec Chirac. Comme si de rien n'était.
 
Autour de Nicolas Sarkozy, le scepticisme est total sur l'hypothèse d'un départ du ministre de l'Intérieur pour Matignon. Hier, sur France Inter, Christian Estrosi, ministre délégué à l'Aménagement du territoire, a qualifié d' «intox» les «rumeurs parisiennes» qui laissent entendre que Nicolas Sarkozy pourrait s'y préparer. Pour Patrick Devedjian, «si Chirac appelait Sarkozy, cela voudrait dire qu'il serait d'accord avec son projet de rupture. Je ne le vois pas prêt à accepter de telles conditions». Seule voix discordante, dans Le Parisien d'hier, celle de Nadine Morano, qui affirme que l'hypothèse Matignon n'est pas exclue : «Si Jacques Chirac fait appel à lui, je crois profondément en sa capacité à assumer cette responsabilité. S'il en va de l'intérêt général, je pense qu'il ne devrait pas hésiter».
 
Samedi, Nicolas Sarkozy a réuni quelques proches pour évoquer son rendez-vous avec le président. Il leur a redit qu'il était le «dernier des Français» à vouloir de Matignon, une fonction qui compliquerait terriblement la tâche du présidentiable de l'UMP. «Chirac voulait me voir pour me dire que ni de près ni de loin il n'était mêlé à Clearstream. Il a souligné qu'il n'était pas question d'un départ du premier ministre. Mais que, s'il était amené à modifier sa position, il le ferait, bien sûr, en concertation avec moi», a-t-il expliqué en substance, selon un proche.
 
«Chirac voulait surtout s'assurer que Nicolas n'avait pas l'intention de quitter le gouvernement», décrypte un conseiller du numéro deux du gouvernement. En a-t-il reçu l'assurance ? Depuis une semaine, le ministre de l'Intérieur explique qu'il ne prendra aucune décision avant que les juges ne rendent leurs conclusions.
 
 

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