Clearstream: Chirac monte au front pour tenter d'enrayer le scandale

Publié le par rezeid

Atteint par l'affaire Clearstream, Jacques Chirac est pour la première fois sorti mercredi de sa réserve pour tenter d'enrayer un scandale qui menace la fin de son mandat.Dénonçant en termes vifs "la dictature de la rumeur, la dictature de la calomnie", le chef de l'Etat a voulu "rappeler tout le monde à l'ordre", qu'il s'agisse de la classe politique, droite et gauche confondues, des médias ou de la justice, a-t-on affirmé dans son entourage.

 

Alors que l'affaire a pour toile de fond la rivalité entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin pour 2007, M. Chirac a voulu calmer les ardeurs en rappelant qu'il restait un an avant l'élection présidentielle et qu'elle devra donner lieu à "un vrai débat, le moment venu".

 

Il a aussi réaffirmé faire "toute confiance au gouvernement de Dominique de Villepin", une nouvelle marque publique de soutien à son Premier ministre que la rumeur met toujours sur un siège éjectable.

 

Plusieurs noms de successeurs sont ainsi régulièrement cités dans la presse en dépit des démentis répétés de l'Elysée et de Matignon.

 

Pressé depuis plusieurs jours de sortir de son silence sur cette affaire qui éclabousse le sommet de l'Etat - l'Elysée n'avait jusqu'à présent publié que de brefs communiqués -, Jacques Chirac est d'abord intervenu devant tous les membres du gouvernement réunis autour de la table du Conseil des ministres. Avant de refaire sa déclaration devant une caméra à l'adresse des Français.

 

Cette déclaration solennelle intervient au lendemain de nouveaux articles de presse évoquant l'existence d'un compte de M. Chirac au Japon avec un montant de 300 millions de francs - une affaire qui avait fait surface en 2002. Le président avait "catégoriquement démenti" dès mardi soir l'existence de ce compte.

 

Face au feuilleton Clearstream, M. Chirac - qui fut poursuivi tout au long de ses onze ans à l'Elysée par d'anciennes affaires (HLM de la ville de Paris, billets d'avion etc.) - a voulu "rappeler un certain nombre de principes", et d'abord que "la République, ce n'est pas la dictature de la rumeur, la dictature de la calomnie".

 

"La démocratie, ce n'est pas l'irrespect et l'exploitation jusqu'à l'outrage de procédures judiciaires en cours, au risque de faire le lit des extrémismes et de désespérer les Français de la politique", a-t-il ajouté en référence aux "fuites" qui alimentent quotidiennement la presse.

 

Après le fiasco du référendum européen, les émeutes dans les banlieues et la crise du CPE, l'affaire Clearstream risque surtout de "plomber" définitivement "l'année utile" voulue par Jacques Chirac pour la fin de son mandat.

 

Il a ainsi demandé à ses ministres - dont plusieurs s'entre-déchirent publiquement - de se consacrer entièrement à leur tâche, "avec énergie, sans calcul" au service des Français.

 

Il n'est pas certain que cette intervention, que certains jugeront trop tardive, permettra de freiner l'emballement politico-médiatique. Pour le politologue Dominique Reynié, la mise en cause de M. Chirac manifeste "une montée en régime, en intensité" de l'affaire qui "risque de déboucher sur une crise majeure", dans un contexte de pré-campagne électorale.

 

Cinq députés socialistes ont ainsi demandé pour la première fois le départ du président, seul moyen selon eux de surmonter la "crise sociale et politique" du pays.

Publié dans Divers

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