Les jeunes Français de Londres vantent devant Villepin le modèle anglais

Publié le par rezeid

En pleine affaire Clearstream, le Premier ministre Dominique de Villepin s'est offert mercredi une parenthèse à Londres où des jeunes Français travaillant dans la capitale britannique lui ont parlé embauche et flexibilité.Jeunes sans formation fuyant le chômage en France, banquiers bardés de diplômes, leurs profils étaient divers, mais la douzaine de jeunes Français réunis à l'Institut français lui ont servi le même discours : l'Angleterre donne sa chance à tous, quelles que soient leur formation ou leur couleur de peau et permet à ceux qui ont de l'ambition et de l'énergie de grimper l'échelle sociale rapidement.

 

"Monter une entreprise ici était facile, même si je n'avais ni capital, ni expérience", explique Nina Amaddeo, 26 ans, dont l'entreprise de bijoux qu'elle a créé il y a six ans compte 26 salariés.

 

Romain Audrerie, diplômé de l'Institut d'études politiques, ne trouvait pas de travail en France : "Je suis fils de paysan limousin. J'ai fait des études, mais après c'est le vide en France, si on n'a pas de relations, de réseau".

 

Venu en Angleterre, il a cherché du travail dans le domaine qui le passionne, le vin. Sans avoir fait d'études dans le domaine, il est aujourd'hui chef sommelier au Sofitel.

 

Beaucoup ont trouvé du travail en quelques semaines, parfois sans rapport avec leurs diplômes. "Vous avancez étape par étape. Vous saisissez une première opportunité, puis le choix s'élargit", remarque Dominique de Villepin, qui rappelle que 300.000 Français vivent en Angleterre.

 

La moyenne d'âge de ces jeunes Français est de 29 ans et ils restent en moyenne six ans, certains retournant en France après une expérience.

 

"Je suis d'origine étrangère. En France j'aurais moins de chance de trouver du travail. C'est malheureux, mais je me sens plus chez moi ici, qu'en France, alors que j'y suis née", explique Sonia Gaïed.

 

Comme beaucoup, elle a été invitée à cette rencontre informelle avec M. de Villepin par le service emploi du consulat de France, qui aide les jeunes Français à trouver un travail.

 

Jambes croisées, verre d'eau gazeuse à la main, le Premier ministre souriant converse de façon détendue, pose des question, écoute attentivement les parcours des jeunes, qui jamais ne lui parleront des sujets qui fâchent : l'affaire Clearstream ou son avenir politique.

 

Leur incompréhension face aux manifestations contre le CPE n'a pu que lui mettre du baume au coeur. Ils se disent "attristés", "choqués" par le rejet du CPE, "une occasion manquée", "un premier pas dans le bonne direction".

 

"J'ai été extrêmement choqué d'entendre des étudiants crier des slogans des années 50 ou 60. La seule façon de s'exprimer en France, c'est la colère, ici c'est le travail", explique Romain Audrerie.

 

"L'exemple du CPE m'a rebutée, m'a donné moins envie de revenir en France, où les gens sont trop attachés à leurs privilèges", confie Deborah Desmots, qui après 7 ans d'études n'a pas trouvé d'emploi en France et travaille comme serveuse à Londres.

 

Tous reconnaissent que la vie à Londres est dure. "C'est un sacrifice que l'on fait en venant ici : la vie est très chère, on doit partager des appartements avec des colocataires, les transports fonctionnent mal", explique Pénélope Chapelain-Midy.

 

"Que diriez-vous à un petit frère ou une petite soeur?", demande Dominique de Villepin pour conclure: tous en choeur de répondre: "Fonce!" Alors lui d'ajouter : "mais surtout revenez, on vous attend en France!"

Publié dans Divers

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