Clearstream: le général Rondot ne se rendra pas aux convocations des juges

Publié le par rezeid

 Le général Philippe Rondot ne se rendra pas aux convocations de la justice dans l'affaire Clearstream, a-t-il affirmé dans un entretien avec Le Journal du Dimanche.

"J'ai demandé (...) à bénéficier du statut de témoin assisté pour avoir accès au dossier d'instruction, ne serait-ce que pour consulter mes propres notes et agendas", explique celui qui est un des personnages clé de l'affaire.

 "Les juges n'ont même pas daigné répondre. C'est la raison pour laquelle je ne me rendrai pas aux deux convocations qui m'ont été adressées", dit-il. "Et si on veut m'y conduire de force, ce qui est vraisemblable, je refuserai de répondre aux questions qui me seront posées", affirme encore le général Rondot.

M. Rondot, qui avait déjà été entendu le 28 mars, doit être entendu à nouveau les 18 et 22 mai par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui enquêtent sur l'affaire Clearstream.

 "Je ne crois plus dans l'instruction menée par ces juges (...) Mon audition a été longue et éprouvante", poursuit le général Rondot. "J'étais décontenancé. N'ayant rien à me reprocher, j'ai répondu honnêtement", ajoute-t-il, "sans pouvoir me référer à mes documents, et en faisant quelques confusions. J'ai été traité de menteur, ils m'ont menacé et traité comme un voyou, ça m'a choqué".

Interrogé sur les notes citant des personnalités politiques qui s'estiment mises en cause dans l'affaire, l'ex-conseiller spécial du ministère de la Défense répond: "Ce ne sont que des memos, pour garder un souvenir de discussions parfois décousues (...), la presse choisit de n'en publier que certains extraits à des fins douteuses, pour mettre en cause le président de la République, Dominique de Villepin et Michèle Alliot-Marie".

 Les notes du général concernant l'affaire Clearstream, prises en 2004 et 2005, accablantes pour Dominique de Villepin et Jacques Chirac, ont été publiées dans l'édition du Monde datée de vendredi.

"Il n'a jamais été question d'enquêter sur Nicolas Sarkozy ou sur d'autres hommes politiques dont les noms sont apparus sur les listings", ajoute le général Rondot pour qui, "en juillet 2004, il est clairement établi que les listings des comptes Clearstream sont un montage".

 Le Premier ministre avait chargé le général, lors d'une réunion le 9 janvier 2004, de vérifier l'existence de comptes bancaires à l'étranger attribués à des personnalités.

 Questionné sur l'existence d'un "compte caché" de Jacques Chirac au Japon, il répond: "c'est une non-affaire".

 M. Rondot affirme encore: "Mon sentiment, c'est que Jean-Louis Gergorin (l'un des dirigeants d'EADS supposé être le corbeau dans l'affaire) est à l'origine de l'affaire avec Imad Lahoud (l'informaticien qui eu accès aux listings) et que Dominique de Villepin était de bonne foi".

 Le général Rondot tient, par ailleurs, Nicolas Sarkozy pour "une victime, car son nom apparaît dans une liste, tardivement". "Il s'agit d'une calomnie. Mais de là à dire qu'il était une cible, je n'en sais rien", dit-il encore.

 "Je n'ai subi aucune pression, et n'ai eu aucun contact avec l'Elysée, Matignon ou le ministère de la Défense au cours des dernières semaines", déclare encore le général Rondot. "J"ai vécu péniblement le fait que l'on se serve de mes documents pour salir le président de la République et Dominique de Villepin", a-t-il conclu.

 

Publié dans Divers

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