Villepin dans la réalité

Publié le par rezeid

Garantir à chaque Français un accès facile à des "services publics de qualité", même au fin fond de la Creuse: c'est l'objectif de la "Charte" signée vendredi matin à Matignon entre Dominique de Villepin et 15 opérateurs, dont La Poste, la SNCF ou EDF.

Le 23 octobre 2004, 263 élus creusois avaient démissionné en bloc pour protester contre la disparition des services publics après l'annonce de la fermeture de plusieurs perceptions dans le département. La Creuse est devenue dès lors le symbole de campagnes progressivement abandonnées par les services publics, faute de rentabilité, ce qui accélère d'autant leur désertification.

En réaction, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait décrété un moratoire sur toute fermeture de services publics et lancé une concertation entre les différents opérateurs et l'Association des maires de France (AMF). Celle-ci a abouti à la charte signée vendredi par Dominique de Villepin, l'AMF et les opérateurs.

"Chaque Français doit avoir accès à des services publics de qualité, quel que soit l'endroit où il habite, que ce soit dans une grande ville ou dans un village, en centre ville ou en banlieue", a souhaité le Premier ministre, en présence des ministres Dominique Bussereau (Agriculture), Brice Hortefeux (Collectivités territoriales) et Christian Estrosi (Aménagement du territoire).

Il devait ensuite s'envoler pour la Lozère afin de visiter certains des dispositifs imaginés pour y maintenir les services publics, dont une "borne emploi" et un "espace public numérique" dans le canton de Fournels, ainsi qu'une "maison médicale" à Saint-Alban sur Limagnole.

La charte impose une obligation de "diagnostic", "dans chaque département, l'Etat, le conseil général et l'association des maires devront dresser ensemble le bilan des services disponibles et des besoins des usagers", et surtout de "concertation". "Avant toute décision, chacun doit pouvoir (...) faire part de son avis" et "il reviendra au préfet d'animer cette concertation", a expliqué Dominique de Villepin.

Pour garantir l'accès aux services publics, il faut, selon lui, s'"appuyer sur les nouvelles technologies" telles qu'Internet, mais aussi "faire preuve de pragmatisme et étudier toutes les formules qui peuvent être efficaces et équitables, que ce soit le regroupement, la mutualisation ou la dématérialisation". Parmi les pistes envisagées figure ainsi la création de points-relais chez des commerçants, qui permettraient par exemple d'envoyer une lettre recommandée via son boulanger.

"Quelle que soit la décision retenue (...) le seul objectif c'est d'améliorer le service public rendu aux usagers", a insisté le chef du gouvernement.

Quelque 20 millions d'euros seront consacrés en 2006 au financement des "projets de services publics portés par les collectivités". "S'y ajouteront 20 millions d'euros supplémentaires du fonds national de développement et d'aménagement du territoire", a-t-il précisé.

Par ailleurs, Dominique de Villepin a décidé que "l'Etat aiderait dès 2007 les 3.500 communes qui ne seraient pas encore couvertes par l'ADSL (Internet à haut débit) à acquérir l'équipement nécessaire". "Le complément apporté par l'Etat sera très significatif, jusqu'à 80% pour les communes de très petite taille et financièrement défavorisées", a promis le chef du gouvernement.

Cette charte doit mettre fin aux "décisions brutales de réorganisation qui ont traumatisé pendant des années les maires", s'est félicité Jacques Pelissard, président de l'Association des maires de France. "L'AMF sera très vigilante sur l'application concrète des engagements nationaux" et le déblocage des fonds, a-t-il prévenu. "C'est à ces conditions qu'il sera possible de redonner confiance aux élus".

Le milieu rural représente 70% du territoire, deux communes sur trois et près de 14 millions d'habitants.

Publié dans Divers

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