Villepin assumera sa tâche jusqu'au bout: les temps forts

Publié le par rezeid

Le Premier ministre n'a aucune "ambition présidentielle". Il annonce de nouveaux bons chiffres pour le chômage, et parle de "solides garanties" pour Suez-GDF.

D ominique de Villepin a assuré mercredi 28 juin ne pas avoir "d'ambition présidentielle", lors de sa douzième conférence de presse mensuelle. "J'assumerai ma tâche jusqu'au dernier jour", a-t-il ajouté.
"Je l'ai dit depuis le premier jour en arrivant ici à Matignon, je n'ai pas d'ambition présidentielle", a déclaré le Premier ministre.
"C'est la volonté qui est la mienne et c'est l'engagement que j'ai pris auprès des Français de me consacrer entièrement à ma tâche gouvernementale. C'est le moins qu'on puisse faire quand on a une charge aussi lourde", a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs déclaré qu'il accepte l'idée qu'un de ses ministres soit candidat à la présidentielle, "si cela peut être pour notre majorité l'atout maître et gagnant", en réponse à une question sur Nicolas Sarkozy.
Interrogé sur une éventuelle candidature de Jacques Chirac en 2007, Dominique de Villepin a estimé qu'"il appartient au président de la République d'exprimer son choix au moment et selon les modalités qui sont les siennes", et qu'il ne peut "que respecter ce choix".

"Intensifier" le dialogue


Le Premier ministre s'est également engagé à "intensifier" le dialogue avec sa majorité UMP, comme le lui a demandé lundi soir Jacques Chirac face à la multiplication des gestes de défiance au sein du groupe UMP vis-à-vis du Premier ministre.
Pour gagner en 2007, "il nous faut beaucoup de rassemblement, beaucoup de travail, beaucoup de concertation. C'est ce qui est à l'ordre du jour, c'est ce que je m'efforcerai d'intensifier au cours des prochaines semaines, des prochains jours" et "bien sûr au fil des prochains mois", a-t-il déclaré.
Relativisant la grogne au sein de ses troupes, le Premier ministre a souligné que le fait "qu'il y ait débat au sein d'une majorité c'est non seulement normal, mais c'est souhaitable". "Cela permet d'arriver à un équilibre en ce qui concerne les projets de texte, un équilibre meilleur. Ce débat est toujours enrichissant".

Du chômage aux Bleus

Dominique de Villepin a par ailleurs fait le parallèle entre la qualification des Bleus pour les quarts de finale du Mondial et la baisse du chômage.
"Je veux bien sûr saluer l'équipe de France pour la victoire fantastique qu'elle nous a offerte hier soir", a déclaré le Premier ministre, après le succès des Bleus sur l'Espagne 3-1.
"Et dans la bataille pour l'emploi, nous espérons une autre bonne nouvelle dans les prochains jours", a-t-il ajouté, laissant entendre que les chiffres du mois de mai, attendus vendredi, confirmeront la baisse observée depuis un an.
Cette baisse "est le fruit des efforts du gouvernement, en particulier de Jean-Louis Borloo", a estimé le Premier ministre, qui s'exprimait au côté du ministre de l'Emploi. Deux jours après l'intervention de Jacques Chirac, qui lui a renouvelé sa confiance, le Premier ministre a confirmé que sa "priorité jusqu'au dernier jour restera l'emploi".
Il a estimé que la France sera sortie du chômage de masse, quand le taux de demandeurs d'emplois se situera "autour de 7%" de la population active.

Suez-GDF : "solides garanties"

Sur le dossier Suez-GDF, Dominique de Villepin a défendu les "solides garanties" du projet de fusion, approuvé le même jour en conseil des ministres.
"Avec ce nouvel ensemble, nous renforcerons l'indépendance énergétique du pays, nous aurons un leader dans le domaine du gaz, tout en garantissant des tarifs régulés pour tous les Français, tout en préservant le statut des personnels et l'organisation commune de la distribution EDF-GDF en tant que service de proximité", a expliqué le Premier ministre.
"C'est donc avec de solides garanties, après un travail d'explication sur le terrain, et avec une concertation étroite avec les parlementaires, que ce projet sera débattu à la rentrée", a-t-il ajouté.
Dans le dossier EADS, Dominique de Villepin a mis en avant des difficultés de gestion qu'il "faut surmonter", ajoutant que "chacun, à sa place, doit prendre ses responsabilités". "Il y a actuellement une réflexion en cours" et "des décisions qui seront prises prochainement, qui partent de la situation que nous connaissons au sein d'EADS" avec deux actionnaires industriels, Lagardère et Daimler, et l'Etat français, a-t-il expliqué.

Orientation à l'université

Le Premier ministre a également promis que chaque université serait dotée d'un service de l'orientation dans le courant de l'année 2006-2007, comme l'avait souhaité lundi soir le président Jacques Chirac.
"Dans le courant de l'année 2006-2007, chaque université se verra proposer un service de l'orientation, des stages et de l'emploi, qui travaillera en étroite liaison avec les lycées, les entreprises et les administrations", a-t-il annoncé.
De plus, le Premier ministre a souhaité que les nouveaux bacheliers de 2006 puissent avoir accès, lorsqu'ils préparent leur licence, à une formation en langue étrangère, en informatique et à une préparation à la recherche d'emploi. Cela leur permettra d'être "mieux armés dans leur recherche d'emploi", a-t-il dit.

249 collèges "ambition-réussite"

Afin de prendre en charge les "élèves perturbateurs", Dominique de Villepin a aussi confirmé que 249 collèges connaissant notamment des problèmes de délinquance seront classés dans un programme "ambition réussite" à la rentrée prochaine, comme l'avait déjà annoncé Gilles de Robien (Education).
Ces 249 collèges bénéficieront de 1.000 "enseignants expérimentés" et de 3.000 assistants pédagogiques, a annoncé le Premier ministre. Il a souhaité que chacun de ces collèges ait "au moins" une infirmière: 300 postes supplémentaires seront donc ouverts dès 2006.
Il faut "concentrer les moyens sur les établissements qui en ont le plus besoin", a justifié Dominique de Villepin.
Par ailleurs, 200 classes relais seront ouvertes à la rentrée prochaine pour éloigner les "élèves perturbateurs", a-t-il dit.

Concertation sur l'interdiction du tabac

Enfin, le Premier ministre a réaffirmé sa volonté de décider "avant la fin de l'année" d'une éventuelle interdiction du tabac dans tous les lieux publics.
Mais il a insisté sur l'importance de la "concertation" qu'a engagée le ministre de la Santé Xavier Bertrand car, a-t-il dit, "nous voulons prendre en compte les préoccupations de ceux qui sont directement engagés, les restaurateurs, les débits de tabac...".

Publié dans Conférences de presse

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