Emploi : Dominique de Villepin promet plus de «volontarisme»

Publié le par rezeid

En visite en Seine-Saint-Denis, il s'est félicité que la baisse du chômage et la bonne tenue de la croissance créent un «cercle vertueux».

  
VOLONTARISME pas mort ! A tous les cassandres qui prédisent dix mois d'action politique atone, le premier ministre a voulu montrer, hier, qu'il n'en serait rien. Du moins sur le front de la lutte contre le chômage et la promotion de l'égalité des chances, deux «priorités du gouvernement» qui sont intimement liées. «Le dynamisme économique ne se construit pas sur des lignes de fracture. Un pays qui crée de l'emploi, c'est un pays où il y a plus de possibilités», a lancé Dominique de Villepin lors de la conférence nationale pour l'égalité des chances, qui se tenait hier à La Villette.
 
«Unis et rassemblés comme notre équipe de France»
 
Un peu plus tôt dans la matinée, le premier ministre s'était rendu dans une entreprise de Bobigny (Seine-Saint-Denis), Airness, pour célébrer «la diversité française» et mettre en avant les bons chiffres du chômage. Alors que Jean-Louis Borloo, son ministre de l'Emploi, occupait le devant de la scène médiatique pour se féliciter des effets de «son» plan de cohésion sociale, le premier ministre s'est contenté de remettre tout cela en perspective. Et a incité tout le monde à aller plus loin. «La France n'a pas de temps à perdre, nous n'avons pas de temps à perdre jusqu'aux prochaines élections», a-t-il souligné. «50 000 chômeurs en moins, c'est plus d'activité, plus de croissance. Il y a là un cercle vertueux qui doit permettre aux Français de retrouver confiance en eux.» A ses côtés se trouvait Malamine Koné, un Français d'origine malienne, fondateur de cette entreprise qui équipe des clubs de football comme celui de Nantes ou de Lille, et incarne cette «France où chacun peut trouver sa place».
 
Tout en circulant dans les ateliers de fabrication, dans lesquels travaillent des jeunes de toutes origines, le premier ministre a exprimé son souhait de «faire bouger une société crispée sur le partage d'un travail qui irait en se réduisant parce que les autres feraient mieux que nous». «Nous sommes capables de faire comme les meilleurs, mieux que les meilleurs», a-t-il assuré, tandis que le patron d'Airness, un ancien boxeur issu de la banlieue, plaidait pour «le goût de l'effort et l'esprit d'équipe». Coupe du monde oblige, le premier ministre s'est vu offrir un maillot de foot aux couleurs des Bleus, avec son nom et le numéro 10 – celui de Zidane – inscrits dans le dos. «Il faut se montrer unis et rassemblés, comme notre équipe de foot», a lancé le premier ministre.
 
En fin de visite, après avoir remis la médaille de Matignon à ce patron hors norme, Dominique de Villepin est revenu sur le CPE. «Si j'ai voulu créer ce contrat, c'est parce que la situation des jeunes dans notre pays m'indigne. La société est trop figée, on ne leur fait pas suffisamment confiance, il n'y a pas assez d'opportunités qui se présentent à eux.»
 
Dans l'après-midi, Dominique de Villepin a lancé un cycle de rencontres avec l'ensemble des organisations syndicales et patronales, pour entendre leurs propositions sur l'emploi et sur le dialogue social. C'est la première fois que les partenaires sociaux sont reçus à Matignon depuis la crise du CPE, pendant laquelle les relations entre les syndicats et le gouvernement s'étaient singulièrement dégradées. Mais Dominique de Villepin l'a promis : il faut «tirer les leçons de l'échec».

Publié dans Emploi

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