Louis Gallois remplace Noël Forgeard à EADS

Publié le par rezeid

 EADS annonce le remplacement de Noël Forgeard par Louis Gallois, actuel président de la SNCF, au poste de co-président exécutif et celui de Gustav Humbert par Christian Streiff, un ancien de Saint-Gobain, à la tête d'Airbus.
Après des semaines de consultations entre l'Etat français, Lagardère et DaimlerChrysler, les trois actionnaires de référence d'EADS, les deux hommes ont donc fait les frais de l'annonce, le 13 juin dernier, de nouveaux retards sur l'A380.
Ce délai supplémentaire du très gros porteur de l'avionneur européen, développé par Noël Forgeard lorsqu'il était président d'Airbus entre 1998 et 2005, avait mis en lumière d'importants dysfonctionnements dans les chaînes de commandement d'EADS et d'Airbus.
Au-delà des hommes, EADS a d'ailleurs annoncé qu'Airbus, qui représente 80% des bénéfices du groupe et qui sera bientôt sa filiale à 1OO% une fois que la cession des 20% que détient BAE Systems sera finalisée, serait "étroitement intégrée" au groupe alors que, jusqu'ici, aussi bien Noël Forgeard que Gustav Humbert avaient fait du constructeur une sorte de baronnie au sein d'EADS.
"Le conseil d'administration d'EADS a décidé d'intégrer étroitement la division Airbus à la structure organisationnelle du groupe, après finalisation du rachat des 20% que détient BAE Systems dans le capital d'Airbus", a souligné EADS dans un communiqué.
Plus largement, la structure bicéphale d'EADS - deux co-présidents du conseil de surveillance, deux co-président exécutifs, un Français et un Allemand à chaque fois - est maintenue, mais la prépondérance de la nationalité commence à être battu en brèche avec l'abandon du principe qu'un directeur de division Français se réfère nécessairement à un Allemand et vice-versa.
Il est toutefois à noter que Christian Streiff (un Français) dépendra directement de Thomas Enders, l'autre co-président exécutif (allemand) d'EADS.
DEMISSION DE FORGEARD
Un des enjeux des négociations entre les trois actionnaires a été le sort qui devait être réservé à Noël Forgeard, au centre d'une violente polémique pour avoir exercé, contrairement à Thomas Enders, ses stock-options à la mi-mars, quelques semaines avant que, selon ses propres dires, la direction d'EADS ait eu vent du nouveau retard de l'A380.
Cette annonce, intervenue le 13 juin au soir, avait fait perdre plus de 26% au titre EADS en Bourse sur la seule journée du 14 juin. Ce délai pèsera à hauteur de deux milliards d'euros sur le résultat opérationnel du groupe entre 2007 et 2010.
Auditionné la semaine dernière par les commissions des Finances et des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, Noël Forgeard a, si besoin était, convaincu les députés de ses qualités de capitaine d'industrie mais n'a pas réussi à lever leurs doutes sur la totale "honnêteté" de sa démarche lorsqu'il a levé une partie de ses options.
Lors de son passage devant les parlementaires, Noël Forgeard avait toutefois réaffirmé qu'il excluait toute idée de démission. Or, dans le communiqué d'EADS, il est dit que Manfred Bischoff et Arnaud Lagardère, les deux co-présidents du conseil de surveillance du groupe acceptaient la "démission" de Noël Forgeard et celle de Gustav Humbert.
Les membres du directoire d'EADS ont remercié Noël Forgeard et Gustav Humbert pour leurs contributions positives à l'évolution de l'entreprise, en particulier d'Airbus, au cours de ces nombreuses années", a ajouté EADS.
De son côté, Noël Forgeard a assuré dans un bref communiqué avoir "pris la décision de mettre fin à ses fonctions à la tête d'EADS (...) dans le seul intérêt de cette entreprise, pour mettre un terme à une situation qui pouvait compromettre le règlement des difficultés actuelles d'Airbus et le développement d'EADS".
"Je réaffirme solennellement que cette décision n'a rien à voir ni avec les difficultés opérationnelles d'Airbus dont je n'avais plus la responsabilité depuis un an, ni avec la polémique sur l'exercice de mes stocks-options dont je rappelle qu'elles ont été exercées dans le strict respect des règles de déontologie et de droit", a-t-il ajouté.
Maintenant qu'EADS a lancé son processus de réorganisation interne, il va devoir se concentrer sur un sujet tout aussi brûlant, sinon plus: le programme A350 pour lequel il a promis une annonce avant le salon aéronautique de Farnborough, qui ouvre ses portes en Grande-Bretagne le 17 juillet
Le programme A350, qui pourrait être rebaptisé A370, avait été présenté, à côté de l'A380, comme l'autre projet phare de l'avenir d'Airbus mais a depuis a subi un cuisant échec commercial.

Publié dans Divers

Commenter cet article

Fred 02/07/2006 23:52

Sale weekend pour nous!

Entre le départ pour la RATP de Pierre Mongin, directeur de cabinet de Dominique de Villepin, et les déclarations de Jean-François Copé laissant entendre qu'il soutiendra Nicolas Sarkozy, où trouver un peu d'espoir pour continuer notre combat?