Villepin ambitieux avec son plan famille

Publié le par rezeid

A l’occasion de la Conférence de la famille réunie à Matignon lundi, le premier ministre lance un prêt à taux zéro d'un montant maximal de 5.000 euros, destiné aux jeunes actifs de 18 à 25 ans, mais aussi un congé de soutien familial pour les personnes devant s’occuper d’un proche.

 
Dominique de Villepin a annoncé une série de mesures destinées à aider les jeunes entrant dans la vie active et les personnes interrompant leur activité professionnelle pour s'occuper d'un parent dépendant. Les jeunes de 18-25 ans, en situation défavorisée qui commencent à travailler ou sont demandeurs d'emploi, pourront donc bénéficier de prêts à taux zéro, garantis par le Fonds de cohésion sociale. Ce prêt «avenir jeunes», d'un montant maximal de 5.000 euros, sera remboursable sur une durée maximale de 5 ans.
 
Le prêt «avenir jeunes» vise à soutenir une dépense liée à l'entrée dans la vie active, par exemple l'achat d'une voiture, l'acquisition d'équipements personnels ou professionnels. La garantie ouvrira par ailleurs droit à un Locapass (caution, garantie des impayés et des travaux de 24 mois) pour aider le jeune à trouver un logement. Le gouvernement évalue à 25% de l'ensemble des 18-25 ans actifs le pourcentage de jeunes potentiellement concernés par ce prêt.
 
Congé de soutien familial
 
 
Le premier ministre a également annoncé la création d'un «congé de soutien familial» de trois mois, pour les personnes interrompant leur activité professionnelle pour s'occuper d'un parent dépendant. Ce congé, qui doit entrer en vigueur début 2007, sera renouvelable dans la limite d'un an et ne pourra pas être refusé par l'employeur. Aucune rémunération n'est prévue, mais le salarié en « congé de soutien familial » continuera à acquérir des droits à la retraite via l'assurance vieillesse du parent au foyer (AVPF), qui garantit déjà notamment la continuité des droits à la retraite des parents d'enfants handicapés.
 
Le salarié, qui devra respecter auprès de son employeur un préavis de deux mois (sauf urgence) et avoir une ancienneté d'au moins un an, aura la garantie de retrouver son emploi ou un emploi équivalent dans son entreprise au terme du congé. Coût estimé de cette mesure : 10,5 millions d'euros pour une année pleine.
 
« Validation des acquis de l'Expérience »
 
Les «aidants familiaux» pourront en plus bénéficier d'une reconnaissance des acquis de leur expérience. Ceux qui souhaitent devenir des professionnels dans le domaine médico-social pourront faire reconnaître leurs connaissances «selon des modalités proches de celles de la Validation des acquis de l'Expérience (VAE)». Après évaluation, l’aidant familial pourra «être dispensé d'une partie des unités de formation d'un cursus», nécessaires pour obtenir certains diplômes.
 
«Mandat de protection future»
 
Le plan du gouvernement prévoit aussi la création d'un «compte épargne services» en faveur des retraités engagés dans le bénévolat : des collectivités territoriales pourront verser des chèques emploi-service (Cesu) préfinancés sur ces comptes, ouverts dans des banques en faveur des retraités qui auront rendu des services à la collectivité. Ils pourront en retour les utiliser pour rémunérer des «petits services à la personne».
 
Le «mandat de protection future» permettra également à toute personne de donner mandat à un tiers pour «la représenter le jour où elle ne pourra plus pourvoir seule à ses propres intérêts».
 
« Financements incertains »
 
Pour Lucette Guibert, de l’Union des familles laïques de France, la création du congé de soutien familial est un «recul». «Les aidants familiaux, ce sont les femmes, et si elles ont besoin de souffler un peu, c'est parce qu'il n'y a pas de structures adaptées qui prennent en charge la dépendance, la vieillesse, tout ce qui normalement est du rôle de l'Etat», a-t-elle expliqué.
 
L'Association vivre et vieillir ensemble en citoyens (Avvec) estime que la Conférence de la famille «ne débouche que sur des propositions vagues aux financements incertains». «Ce qu'attendent les familles, les personnes âgées et les professionnels, c'est plus de structures d'aides, la baisse des prix des établissements et surtout plus de personnels dans les services à domicile et les établissements», conclut l’association.

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