Villepin exalte le «combat contre la fatalité»

Publié le par rezeid

Le premier ministre veut toujours convaincre sa majorité sur le dossier Suez-GDF.

 
«RIEN n'est écrit d'avance.» À quelques heures du match des Bleus contre le Portugal, Dominique de Villepin tirait hier à sa façon le bilan de l'équipe de Raymond Domenech. Recevant à déjeuner quelques journalistes, le premier ministre espérait, bien sûr, à cette heure, une victoire de la France, mais se défendait à l'avance de toute volonté de récupération. «Je ne crois pas qu'on puisse exploiter ça. Quand on va à un match, on reste discret. On dit une ou deux phrases en tant que représentant de la nation. C'est tout», confiait-t-il juste avant de s'envoler pour Munich en compagnie de trois de ses ministres.
 
Ses relations avec Sarkozy sont «claires»
 
De l'aventure des Bleus, qu'il suit depuis leur stage de préparation à Clairefontaine, le chef du gouvernement admire d'abord la mentalité des joueurs : «Il n'y a pas d'esprit hiérarchique dans cette équipe. Il n'y a pas de jalousie.» Dominique de Villepin ne cache pas non plus son respect pour Raymond Domenech. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps. «C'est un taiseux. Quelqu'un de pudique et de tenace qui mène de beaux combats, notamment celui contre les discriminations.»
 
Se sent-il galvanisé par le parcours des Bleus ? Il ne veut pas en surestimer les conséquences : «On l'a bien vu en 1998. Avec l'équipe black-blanc-beur, on s'est planté sur l'intégration.» Aujourd'hui, il préfère mettre en valeur le «combat contre la fatalité» qu'illustre à ses yeux le parcours de l'équipe de France en 2006. «Si ça peut décomplexer un pays et désinhiber un peuple, et enclencher des inversions, c'est merveilleux», anticipe-t-il. Derrière le foot, se profile le secret espoir que les Français le créditeront du chômage en baisse et de la croissance qui revient.
 
Mais Villepin reste lucide. Son sort ne dépend pas de celui des Bleus. Conforté par le président de la République, il veut croire à un nouveau départ. Au début de la semaine, il a remanié son cabinet et enclenché la concertation avec la majorité sur le dossier Suez-GDF. Mardi matin, il a obtenu sur ce sujet brûlant le soutien de Nicolas Sarkozy. Optimiste, il promet du «cousu main» pour convaincre les députés UMP qui seront reçus un à un. À commencer par Pierre Méhaignerie, un des plus sceptiques sur la fusion. «On ne peut s'offrir ni l'immobilisme ni un échec à la rentrée de septembre», dit-il. Un avertissement qui vaut, selon lui, pour toute la majorité mais aussi pour le candidat UMP à la présidentielle. En clair : la majorité sortante ne gagnera pas en 2007 si elle s'arrête de travailler.
 
À court terme, c'est le dossier des enfants scolarisés de familles sans papiers qui l'inquiète. «Qu'on soit éclairé par telle ou telle personnalité, très bien. Mais sur un sujet aussi important, il va falloir assumer», prévient-il, faisant allusion au ministre de l'Intérieur, qui a chargé l'avocat Arno Klarsfeld d'une mission sur la question.
 
Quel rôle se voit-il jouer en 2007 ? «Je serai premier ministre jusqu'au dernier jour. Je n'ai pas d'ambition présidentielle», répète-t-il visiblement apaisé. Ses relations avec Sarkozy sont «claires depuis deux ans». Et il n'a pas, assure-t-il, de «talent particulier» pour le double jeu. Ministre des Relations avec le Parlement, le chiraquien Henri Cuq entretient, de son côté, le mystère : «Villepin, je le connais bien, il est très secret il ne m'a jamais dit ouvertement qu'il serait candidat.»
 
En attendant, le «non-candidat» Villepin se montre dubitatif sur le début de la campagne présidentielle. «Je n'ai pas entendu une proposition qui soit du niveau de la campagne présidentielle», dit-il, sans citer de nom. À ses yeux, Jacques Chirac conserve un rôle clé. «Vous verrez que sa voix pèsera, dans les six derniers mois, son quantum de sagesse et d'expérience.»

Publié dans dominiquedevillepin

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Dominique de Villepin 06/07/2006 11:51

Villepin, Villepin Président toi ou rien!!!!!!
Nous sommes avec toi: ta politique est ambitieuse.... C'est la 1er fois qu'un premier Ministre Français est aussi courageux et sa marche regardons les chiffres. Par contre avec Sarko c'est de la démagogie pure....... Nous sommes encore une fois avec toi!!!!!!
Vive Villepin en attendant 2007