Les politiques en quête d’un billet pour Berlin

Publié le par rezeid

Comme en 1998, le président de la République sera dimanche dans la tribune présidentielle, accompagné du ministre des Sports.

 
Qui accompagnera Jacques Chirac dimanche soir à Berlin ? En principe, pas grand monde. La liste des passagers, faite par Claude Chirac en personne, est courte. Hier, seul le ministre des Sports, Jean-François Lamour, qui aura assisté à presque tous les matchs, était officiellement convié à accompagner le président pour assister à la finale.
 
Il serait donc le seul, après Jacques Chirac, à passer à la télévision depuis la tribune officielle. Cet honneur fait bien des jaloux au gouvernement, même si la plupart s’en défendent. Bien qu’invitée par l’ancien président de la Fifa qu’elle a connu lorsqu’elle était ministre des Sports, Michèle Alliot- Marie a préféré décliner l’invitation pour « regarder le match entre amis ».Ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres a un alibi tout trouvé puisqu’il sera au Festival d’Orange. Mais les faits sont là. Le ministre des Sports croule sous les demandes. Car entre les ministres fans de foot et ceux qui n’avaient pas pronostiqué un aussi beau parcours de l’équipe de France, nombreux sont ceux qui cherchent désespérément un aller pour Berlin. « En principe, il n’y aura pas d’avion affrêté pour les ministres », prévient-on cependant chez Jean-François Lamour. Faute de pouvoir jouer la filière gouvernementale, certains ministres tentent le systèmeD: avions des people, invitations distribuées par la Fédération française de football, voire, en espérant que cela ne se sache pas trop, avions des sponsors.
 
Tout est bon pour décrocher le précieux sésame. Chanceux ou débrouillard ? Thierry Breton devait au départ assister au match « à titre privé », mais espérait hier soir être l’invité du chef de l’Etat. Quant à Dominique de Villepin, il restera en France au nom de la « rotation de l’exécutif ». Depuis le début de la coupe du monde, le premier ministre a assisté à la première rencontre des Bleus, le 13 juin contre la Suisse, puis à la demi-finale, mercredi soir. Supporter de la première heure de Raymond Domenech, le chef du gouvernement est allé saluer les joueurs dans les vestiaires après leur victoire contre le Portugal. Écharpe tricolore au cou, il a même chanté avec Franck Ribéry et Lilian Thuram « On est en finale ! On est en finale ! » Un plaisir que n’aura pas connu Nicolas Sarkozy. Pas très en cours auprès des joueurs (lire ci-dessous), le ministre de l’Intérieur s’est fait discret depuis le début de la compétition. Misant davantage sur le succès du Tour de France que sur celui des Bleus, il n’avait pas initialement prévu d’aller en Allemagne. Dans la dernière ligne droite, il a révisé son jugement et tenté de revenir dans le match. Au début de la semaine, Dominique de Villepin lui a proposé dans un signe d’apaisement de l’emmener à Munich pour France-Portugal.
 
Mais le numéro deux du gouvernement a préféré rester à Paris « pour veiller à l’ordre public ».Dimanche, il n’est pas prévu non plus qu’il assiste à la finale. On explique, dans son entourage, qu’il doit être à Rabat « de bonne heure lundi matin ». À tout le moins, il évitera la critique sur la récupération du succès des Bleus à des fins politiques. En 1998, Jacques Chirac et Lionel Jospin s’étaient livrés à une véritable compétition pour apparaître comme le premier des supporters. Huit ans plus tard, les hommes politiques ont davantage conscience du regard de l’opinion sur leur présence dans les gradins. Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, authentique connaisseur du ballon rond, est formel : « Un ministre qui irait au match uniquement pour se montrer se tromperait lourdement. »

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