Une allocation de rentrée pour 500 000 étudiants

Publié le par rezeid

Entre 150 et 200 euros seraient versés à 500 000 étudiants. Une mesure que Jacques Chirac pourrait annoncer vendredi.

 
LE GOUVERNEMENT a décidé de mettre en place, dès la rentrée prochaine, une «allocation de rentrée universitaire». Sa création pourrait être annoncée par Jacques Chirac lors de sa traditionnelle interview télévisée du 14 juillet. Elle devrait atteindre entre 150 et 200 euros – le montant exact restant à définir – et être versée dès cet automne. Cette allocation universitaire serait calquée sur l'allocation de rentrée scolaire qui concerne trois millions de familles modestes. Ces dernières ont reçu cette année une somme de 263 euros par enfant «alors que rien n'est prévu pour les étudiants qui cumulent pourtant des frais très lourds !», précise-t-on de source gouvernementale.
 
Cette mesure sociale a été étudiée de très près tant à Matignon qu'à l'Élysée depuis plusieurs semaines, alors que les conflits liés au contrat première embauche ont brouillé au printemps le gouvernement avec une partie de la jeunesse. Cette somme pourrait concerner environ cinq cent mille étudiants sur les deux millions que compte la France. «Cette allocation serait destinée à l'ensemble des boursiers mais aussi à un certain nombre d'étudiants issus des classes moyennes modestes aujourd'hui exclus du système des bourses», explique un connaisseur du dossier. «Cinquante à soixante millions d'euros ont été provisionnés au budget et pourront être utilisés cette année.»
 
Coût «indécent» de la rentrée
 
Il reste encore à déterminer si cette somme sera plus importante pour les étudiants de première année d'université, dont les frais (logement, livres, inscriptions, transports) sont plus lourds que ceux de leurs aînés. Des annonces plus précises seront faites sur la base d'une concertation entre le ministère de l'Enseignement supérieur, les organisations étudiantes, les universités et leurs partenaires.
 
Cette idée intéressait d'autant plus le gouvernement que le député UMP Laurent Wauquiez l'a récemment relancée dans un rapport remis au premier ministre (nos éditions du 6 juillet), dans lequel il propose une refonte des bourses en direction des étudiants des classes moyennes modestes exclus de ces aides. L'idée d'une allocation de rentrée universitaire, chiffrée à 90 millions d'euros, pour les boursiers est particulièrement réclamée par la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), principal syndicat étudiant qui propose depuis des années de créer une allocation de rentrée étudiante (ARE) afin d'apporter une réponse au «problème croissant» du coût «indécent» de la rentrée.
 
Améliorer le versement des bourses
 
L'Unef, syndicat étudiant de gauche, a également salué cette proposition. Il rappelle cependant que l'État consacre chaque année 1,7 milliard d'euros d'exonérations fiscales aux familles qui ont un étudiant à charge, sans condition de ressources, notamment via le système de la demi-part fiscale. «Une suppression de la demi-part fiscale serait une mesure de justice sociale qui permettrait de doubler le budget des aides directes aux étudiants», martèle régulièrement l'Unef. Cette proposition avait un temps été retenue par Laurent Wauquiez qui l'a finalement évacuée de son rapport final. «Cette idée est impensable. La demi-part ne concerne pas que des gens ultrafavorisés ! Et sa suppression serait très mal perçue par notre électorat...», notait récemment un ministre. D'autres mesures, plus consensuelles, telle une amélioration du versement des bourses, devraient être annoncées par Dominique de Villepin d'ici à la rentrée universitaire «pour répondre aux attentes des étudiants en matière de conditions générales de vie et de travail», a-t-il récemment annoncé.

Publié dans Divers

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