Garden party: les chiraquiens bluffés par un président "au Zénith"

Publié le par rezeid

"Brillantissime", "offensif", bref "au Zénith": tous réunis vendredi midi dans les salons privés de l'Elysée pour la douzième et dernière garden party du quinquennat, à l'exception notable de Nicolas Sarkozy, les membres du gouvernement Villepin ne tarissaient pas d'éloges sur l'intervention de Jacques Chirac. Au point que certains faisaient mine de croire à un troisième mandat...
13h: alors que les 5.000 convives endimanchés jouent encore des coudes devant les buffets dressés dans les jardins présidentiels, les membres du gouvernement se ruent dans les salons pour écouter le "chef". "C'est maintenant?", lance une invitée, la mine boudeuse et assiette de fromage en main, qui préfère rester au soleil.
13h45: message reçu. "La volonté du président, c'est de se concentrer sur l'action. C'est bien l'esprit dans lequel on travaille", salue un Dominique de Villepin rayonnant, pris d'assaut pour des photos. "On est dans un temps d'action et de concentration où il faut privilégier l'essentiel" dans le "plus large consensus possible", décrypte le Premier ministre avant de se fondre dans la foule. "Allez, on va aller à la rencontre des Français!".
Pour les ministres, l'heure n'est clairement pas au bilan. Le président est "totalement dans l'action. Ca tombe bien parce que moi aussi", glisse Thierry Breton (Economie), dont l'épouse arbore un sac-panier aux couleurs du drapeau national. "On ne peut pas paralyser dans un quinquennat toute une année pour ne rien faire" et "moi, j'ai encore beaucoup de boulot", commente Renaud Donnedieu de Vabres (Culture).
Il était "en pleine forme, renvoyant aux oubliettes ceux qui disaient que c'était le dernier 14 Juillet. Il a montré que c'est lui le patron", admire Dominique Bussereau (Agriculture). C'est "comme dans un match de foot (...), il faut faire comprendre à toute l'équipe que rien n'est gagné et que rien n'est perdu jusqu'au coup de sifflet final", tente Azouz Begag (Promotion de l'égalité des chances).
Tous s'amusent de l'allusion finale de Jacques Chirac au "coup de boule" de Zinedine Zidane. "Il faut qu'on en fasse une chanson!", s'enthousiasme François Baroin (Outre-mer). "La conclusion a fait sourire et applaudir tout le monde" au gouvernement dans les salons, où "il manquait de chaises", sourit Gérard Larcher (Emploi).
Mais la présidentielle n'est jamais bien loin et les questions fusent sur le nom du prochain président. Les uns temporisent, à l'instar du Premier ministre: "Laissez la démocratie fonctionner, laissez les Français choisir". "Je ne fais pas de pronostic. Je suis trop paysan d'origine et je ne suppute jamais sur la récolte de l'année suivante", esquive Gérard Larcher. "Je ne crois absolument pas aux dauphins, nous ne sommes pas dans un système primo-héréditaire", tacle Pascal Clément (Justice).
D'autres, à l'instar du député UMP villepiniste Jean-Pierre Grand, se prennent même à rêver d'un troisième mandat. "Nous pensons que l'intérêt de la France, de l'Europe, de la paix, c'est que le président reste. Il est au Zénith de ses capacités", vante-t-il après l'intervention "brillantissime" de Jacques Chirac. "Pour Zidane, il y a toujours des rappels...", remarque François Baroin.
Après son intervention, Jacques Chirac s'est comme de coutume offert un bain de foule. Non sans avoir auparavant salué sur le perron les "milliers" de jeunes membres d'associations présents. "Votre engagement, votre énergie, votre coeur, votre créativité sont sans aucun doute des chances exceptionnelles pour la Nation", a salué l'hôte de la cérémonie, remercié par une clameur.
"C'est la première fois qu'on est là. C'est très impressionnant", avoue Aude, 20 ans, du centre "Défense deuxième chance" de Montry (Seine-et-Marne). "On n'a qu'une seule chance de voir ça dans notre vie", complète sa copine Cathy, 18 ans "et demi".
Seul Nicolas Sarkozy aura boudé les festivités. Accompagné de son épouse Cécilia, il ne sera resté qu'une dizaine de minutes pour saluer le président et son épouse Bernadette avant de s'éclipser à sa propre garden party, place Beauvau, en l'honneur des policiers, gendarmes et associations de victimes. Pas question de faire attendre ses 2.500 invités.

Publié dans Jacques CHIRAC-DDV

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laetitia 15/07/2006 07:30

Pour son discours, le bilan: Un Jacques Chirac respectable et respecté.